Le populisme expliqué aux enfants

Par  - 22 janvier 2011 - 14 h 36 min [English] [PDF] 

On aurait tort de minimiser l’affaire du dessin de Plantu (paru dans L’Express du 19/01/2011, voir ci-dessus). La lepénisation d’un responsable politique – son assimilation au personnage le plus méprisé de la vie publique française – est le plus sévère châtiment de l’establishment médiatique: elle correspond à une mise au ban dont on ne revient pas indemne.

Comme toujours, c’est une image qui est l’arme du crime. Non que l’association Marine Le Pen/Mélenchon n’ait pas fleuri ici où là, comme l’autre jour chez Demorand, qui sait comment chauffer son animal politique. Mais l’image – et plus encore la caricature – est ce vecteur d’un message à la fois parfaitement lisible et parfaitement hypocrite, car jamais assumé jusqu’au bout, autorisant le retrait derrière l’ambiguïté de l’interprétation ou la distance de l’humour.

Nulle ambiguïté, pourtant, dans cette dénonciation, qui sous couvert de flétrir l’amalgame en produit un d’assez belle facture. Dessiner un brassard nazi à Le Pen peut se discuter, mais il existe des arguments sérieux pour étayer ce raccourci visuel. En revanche, attribuer le même accessoire à Mélenchon n’est pas faire preuve d’un jugement très éclairé – ou alors Alliot-Marie et son ultra-gauche anarcho-autonome ou Taguieff et son islamo-nazisme altermondialiste soucoupique raëlien sont des poids lourds de l’analyse politique.

Le fait que ce soit Plantu, bobo culture dominante pas méchant pour un sou, qui se laisse aller à un tel dérapage en dit long sur la démonétisation de Jean-Luc le Rouge. Car il n’a échappé à personne que, dans son cas, l’accusation de « populisme » s’appuie essentiellement sur la débine des journalistes. Quelques reprises et pièges grossiers auront suffi à l’enfermer dans un répertoire dont il a désormais toutes les peines à s’extraire (puisque chacun lui repasse le plat en espérant un nouveau morceau de bravoure pour le zapping). Plutôt qu’il ne traduit un avis politique, le plantage de Plantu s’aligne sur le jugement de sa corporation qui voit dans les critiques acerbes, mais fondées, de Méluche d’impardonnables atteintes à sa dignité (on comparera les saillies du petit candidat de la gauche de la gauche avec les avanies volontiers proférées par le chef de l’Etat pour juger du courage des professionnels de la profession).

Le trait malhabile de Plantu n’est que la partie émergée de l’iceberg de l’unanimisme médiatique. N’importe qui évoque désormais le lynchage à propos de n’importe quoi. Sachons en reconnaître un vrai quand il se produit, animé par ceux-là seuls qui peuvent le conduire: les producteurs du récit médiatique. Je ne donne pas cher de la peau de Mélenchon, maintenant que le message est passé que quiconque peut impunément se payer le bougre.

66 Reponses à “ Le populisme expliqué aux enfants ”

  1. Quel que soit son talent, ou la validité de cette comparaison entre deux bêtes politiques, à mon avis, André, l’erreur est de considérer que Plantu n’est « pas méchant pour un sou ». Il est tout sauf gentil, derrière son air doux et ses propos lénifiants.

  2. Il y a des gens qui de sentent touchés par cette comparaison. Ceux qui aiment Mélenchon. Car les analystes n’ont pas attendu Plantu pour faire la comparaison entre les deux. Pour la bonne et simple raison, indiscutable, que tous deux ont EXACTEMENT le même électorat. Sans doute quelques bobos sont touchés et s’en alarme. Plutôt que de crier sur l’excellent Plantu, ils feraient mieux de réfléchir sur leurs convictions…

  3. Cette manière d’amalgamer le caricaturiste à la meute médiatique qui plus est boboïsée et bien-pensante est bien pratique. Du coup, c’est un complot. Du coup, Mélenchon est une victime. Du coup, le caricaturiste est coupable de sa caricature – comme les caricaturistes de Mahomet, comme les Guillon et Porte, comme Siné, et comme toujours !

    Il faut comprendre que s’il n’y a de limite à la liberté du caricaturiste que jusqu’à l’offense ressentie par celui qui est caricaturé… bah cela signifie que la caricature n’est plus possible.

  4. Il y en a qui n’ont pas été très attentifs au film. Je leur suggère de revoir la vidéo de l’entretien de Mélenchon sur Europe, avec un Demorand qui se lèche les babines d’avance du spectacle qu’il va produire. Ceux qui croient qu’un tel piège à mouches a quelque chose à voir avec la politique peuvent s’abonner à l’oeuvre complète de Michèle Alliot-Marie en vidéodisque.

  5. Le temps est au clivage. Et j’aime que ce soit Gilles Klein qui pointe la fausse gentillesse de Plantu.

  6. Bonjour,

    Je comprends votre analyse, dont je salue la pertinence, et suis d’accord avec Gilles Klein pour dire que Plantu n’est pas aussi gentil qu’il a l’air ; pour autant, cette caricature ne m’a pas choqué au même point que vous. Vous semblez sous-entendre qu’on peut caricaturer les Lepen père et fille en nazis, mais pas dire que Mélenchon pratique le même genre de populisme (c’est le mot, justement) haineux, avec le mêmme genre d’oeillère. Dans certains cas, des idéologies opposées peuvent conduire aux mêmes extrêmes. Je pense par exemple aux prises de position récentes de M. Mélenchon sur la « non dictature » cubaine, ou sur les sanctions à l’encontre de la Biélorussie.

    Mais j’ai peut-être mal compris votre analyse, et ne voudrais pas passer pour l’enfileur de mouches de service 🙂 même si je comprends votre analyse sur l’impact d’une telle image.

  7. L’honneur du dessin de presse, c’est justement l’ambiguïté, le pari de l’intelligence du lecteur que l’on aide à penser (rêver, comme on disait naguère) sans le forcer à rien. Dès que l’auteur fait une allégorie lisible, littérale, il est dans la propagande. Quand on se sens en phase avec lui, qu’il exprime quelque chose qu’on n’arriverait pas à dire si bien, ça fonctionne, mais c’est rarissime. Les plus mauvais dessins de Reiser, par exemple, c’est quand il voulait convaincre les gens de se mettre à l’énergie solaire… (non réédité du coup). Personnellement j’adore le grand Willem parce que ses dessins souvent justes mais jamais si clairs dans leur propos, ils fonctionnent comme une sorte d’oracle, au lecteur d’y retrouver ce qu’il peut/veut.
    Je trouve ce dessin de Plantu lamentable d’un point de vue artistique, donc, pas plus fin (et nettement moins donquichottesque) que les pires dessins antimitterrandiens de Jacques Faizant.

    Ce qui me frappe dans le dessin de Plantu, c’est qu’il place la séduction et le sourire du côté de la famille Le Pen, on se demande alors s’il veut dénoncer le mélenchonisme comme lepénisme masqué ou le contraire !
    Mélenchon fait peur non parce qu’il est très à gauche, mais parce qu’il a eu des mandats politiques et des responsabilités ministérielles, c’est loin d’être le perdreau de l’année que l’on pourrait accuser d’être un rêveur ou un théoricien.

  8. @Sammy : le régime cubain fait partie des points sentimentaux d’une partie de la gauche française traditionnelle… Du reste, ce n’est pas le pays le plus libre du monde mais il serait sans doute erroné d’y voir la dictature lambda et la résistance de cette petite île face à la puissance et à la fourberie étatsunienne à son encontre forcent l’admiration. Personnellement je comprends mieux que l’on défende Fidel Castro que Ben Ali ou Pinochet.
    Mais bon, Cuba, la Biélorussie, ok, mais que peut-on reprocher réellement à Mélenchon, qu’est-ce qui justifierait un trait aussi lourd de la part de Plantu ? Le Pen a toujours propagé une idéologie nationaliste haineuse, il a fédéré les pires micro-mouvements politiques, je ne pense pas qu’il soit victime d’un malentendu. Quel rapport avec Mélenchon ?

  9. @Argo : Mélenchon et Le Pen ont le même électorat, tout le monde le dit, mais cette affirmation est hautement improbable et n’est jamais étayée (pour cause) ni par des démonstrations ni par des chiffres. Mélenchon s’en prend aux journalistes et aux banquiers, mais qui a dit que c’était interdit ? Les uns et les autres ont une forte influence sur la vie publique mais nous ne les élisons pas, il semble plus que légitime d’interroger leur action et leurs méthodes. Quand Mélenchon engueule un jeune journaliste en lui reprochant de ne se focaliser que sur des faits anecdotiques ou quand il remarque qu’on lui pose des questions biaisées, il a raison. Son « tous pourris », si vert soit-il, a la vertu d’être argumenté. Et je dis ça sans être adhérent de son parti et sans avoir jamais voté pour.

  10. Mélenchon sur le dalaï-lama (et sur Robert Ménard), génial, iconoclaste et pas populiste du tout
    http://www.dailymotion.com/video/x50i4b_melenchon-dechire-le-dalai-lama-le_news

  11. @Marc L. : Intéressant document pour ses évocations de Tintin aussi.
    J’aime bien cette manière pertinente (quoique l’on pense de la justesse de certaines de ses causes) de marquer le coup chaque fois qu’on le coince dans une dichotomie simpliste (on n’aime pas le dalaï-lama donc on soutient l’oppression chinoise, etc.). Le fait est qu’il a tout à fait raison pour le coup, les camouflets faits à la Chine ne sont pas motivés par des intentions très nettes ni très franches et la théocratie tibétaine était une abomination (esclavage, tortures inimaginablement cruelles,…) même si le dernier règne significatif (celui qui précède l’actuel dalaï lama) a été marqué par moins d’horreurs que les précédents. Si l’on peut souhaiter que les tibétains gagnent leur indépendance vis à vis de la Chine, il ne serait certainement pas bien que ça se fasse au profit du régime des lamas.
    Le dalaï-lama est intéressant parce que c’est une sorte d’icone totalement intouchable et à qui personne n’ose reprocher sa proximité passée avec les nazis, par exemple.

  12. @ Sammy: La lepénisation est une figure de style journalistique, dont nous avons décrit sur Culture Visuelle quelques victimes récentes (Hortefeux, Lefebvre ou Sarkozy l’été dernier, etc.). Le journalisme politique français a toujours été obséquieux avec les grands et insolent avec les petits, mais le rapport à Le Pen est un cas d’école médiatique depuis 25 ans, qui a forgé un statut d’exception et des pratiques éditoriales spécifiques (cf. mon billet: « le piège de l’implicite« ). A titre personnel, je ne pense pas qu’une telle situation soit politiquement saine, il aurait été plus clair d’interdire le Front national, dont les influences extrémistes étaient plus marquées dans les années 1970-1980.

    @Jean-no: Willem est un dessinateur dont la puissance graphique m’a toujours étonné et impressionné. En comparaison, la « méchanceté » de Plantu ressemble au scénario d’un film « qualité française »: terriblement écrite, appliquée et sans grâce. Le dessin de Plantu est si plat qu’il a toujours besoin de souligner le sens par l’ajout d’accessoires. Mais un dessinateur de presse est un journaliste avant d’être un artiste, la force de sa proposition graphique tient à la pertinence de son analyse de l’actualité autant sinon plus qu’à sa maîtrise du trait. C’est pourquoi il est parfaitement légitime de faire la critique d’un dessin de presse en fonction de sa pertinence – ou alors on estime qu’il est possible de publier n’importe quoi.

    @Marc L.: Mon commentaire est un commentaire médiatique, et non politique (il y en a beaucoup d’autres à propos de Mélenchon, qu’on trouvera sans peine en ligne, voir par exemple celui de Guillermo). Mais sur le fond, j’aimerais bien qu’on m’explique le brusque succès du terme « populisme », appliqué exclusivement à Mélenchon (car la comparaison avec Marine Le Pen ne vise qu’à faire ressortir ce caractère chez Méluche: personne ne reproche en réalité à Marine son populisme, qui est jugé normal dans son cas…), alors que nous vivons depuis 2007 sous le gouvernement le plus démagogue de la 5e République – Sarkozy, Lefebvre, Alliot-Marie, Hortefeux, Besson, Copé, Estrosi: vous trouvez vraiment qu’on manque de populistes dans notre beau pays? C’est vraiment un peu étrange qu’on n’entende ce mot dans la bouche des journalistes que depuis que les médias ont fait buzzer les réactions hostiles de Mélenchon.

  13. Oui, je comprends mieux. Je me souviens de votre série de cet été sur la « lepenisation » de Sarkozy. D’accord aussi sur l’obséquiosité des journalistes vis à vis des politiques, hélas…

  14. @André : mais justement, le caricaturiste est-il toujours un journaliste, un éditorialiste ? Je ne vois pas à quoi ressemblerait un texte qui essaierait de dire la même chose qu’un dessin de Willem, tandis que le dessin de Plantu que tu reproduis peut tout à fait être transposé en texte. Et en même temps ce même Willem est un authentique éditorialiste puisque ses dessins portent un regard sur l’actualité. Pour moi, le dessinateur de presse place le curseur où il veut entre la création artistique et le propos politique. Plantu est rarement bon à présent, s’il l’a jamais été.
    Je me rappelle d’une fois où il expliquait, il y a longtemps à la télé, que la France était un pays de liberté d’expression, la preuve étant qu’on n’avait jamais fait pression sur lui pour qu’il modifie ses dessins ! Il aurait dû en tirer la conclusion inverse et se dire que son travail, s’il suscite si peu de réactions hostiles alors qu’il est en « une » du Monde, ne saurait faire de mal à une mouche.

  15. un peu ébahi que l’on donne une telle ampleur à toute cette histoire. Quelque soit la qualité de dessinateur que A.Gunthert prête à Plantu, on ne peut faire le procès de la caricature quand elle s’attaque à nos amis. Car dans ce cas, pourquoi ne pas accepter la condamnation des caricatures de Mahomet ou admettre la mise à l’écart des chroniqueurs(Guillon et Porte) pour méchanceté(à cet égard, je me souviens avoir vu Mélenchon manifester devant France Inter pour défendre la liberté d’expression). Et puis M… j’en ai peu marre de voir un politique s’offusquer et monter sur sur son cheval de bataille(contre les journalistes et les médias) dés que cela le touche d’un peu près!
    Vu les arguments un peu légers invoqués dans ce papier,cela relève plus du politique que de la critique médiatique et je crois que vous êtes, monsieur Gunthert, bien meilleur dans cette dernière catégorie.

  16. Finalement beaucoup de choses auront été dites ici, à travers la comparaison entre Plantu et Wlilem quant aux écarts ente un édito et un article, le simple rapport des faits et l’idée que l’on peut en tirer. L’image, ici un dessin, apparaissant ainsi plus comme le vecteur d’une idée (plus ou moins difficilement formulée / formulable) au même titre qu’un édito qui essaie de tirer les enseignements d’une situation.

    (poour tenter la métaphore, on pourrait dire aussi qu’il est fort dommage effectivement que Plantu nous serve ici un réquisitoire plutôt que de se faire le simple et humble correspondant d’un procès en cours…)

    Par ailleurs, je n’y voir peut-être pas bien clair ce matin, mais quelqu’un pourrait-il préciser en revanche qui est ce troisième personnage entre Mélenchon et Le Pen ?

  17. @uthagey : c’est Le Pen père, je pense. C’est vrai que là, Plantu ne s’est pas donné la peine d’écrire le nom du personnage en dessous, comme il est souvent forcé de le faire – même s’il parvient parfois à faire des caricatures correctes – son Mélenchon n’est pas mal d’ailleurs.

  18. @Jean-no: Je ne crois pas que Willem soit un cas à partir duquel juger l’ensemble du domaine du dessin de presse, c’est plutôt une exception. Plantu est plus représentatif de la tradition d’un trait un peu pauvre, qui représente rarement les sommets du graphisme. La question d’uthagey (et même ta réponse) à propos du personnage au second plan disent assez les limites du dessinateur du Monde (tout à fait d’accord avec ton analyse sur l’absence de pression 😉

    @fab: Je sais, c’est dur: chaque fois qu’un billet propose un commentaire médiatique d’un sujet politique, il devient un écran où le lecteur projette son propre film. Pourtant, mis à part le fait que je nie que Mélenchon soit nazi, on ne trouvera pas un mot ci-dessus sur ses options politiques, pas plus d’ailleurs que sur les miennes. J’analyse au contraire le dessin de Plantu comme une réaction corporatiste, et non politique, à un fait d’actualité pas vraiment passé inaperçu: les démêlés de Méluche avec la presse (il est vrai qu’il vaut mieux se tenir un peu au courant lorsqu’on veut commenter). Mais je ne vais pas redire encore une fois ce que j’ai déjà répété ci-dessus: mieux vaudrait relire calmement et sans préjugés mon billet, plutôt que de tout mélanger dans un grand gloubi-boulga liberté-de-la-presse/France-Inter/et-Dieu-dans-tout-ça. Que je sache, Plantu n’a pas été viré de l’Express, pas plus que ses dessins interdits. Mon billet n’est pas une pétition à signer, on peut librement exprimer son désaccord en commentaire. Le droit à la critique existe en France, et je ne vois pas au nom de quoi le journalisme graphique devrait en être exempté.

  19. @ Jean No : merci, le « détail » de l’oeil un peu agrandi dans le dessin aurait du m’éclairer. Et les deux sourires identiques aussi.

    (Par ailleurs, c’est vrai que Plantu lui colle un assez joli minois à la p’tite Le Pen)

  20. @André : c’est vrai qu’on peut difficilement généraliser Willem. Et en même temps, il est le meilleur, sans doute. Je me rappelle de quelques dessinateurs du Canard ou même du Monde qui produisaient des choses moins littérales que Plantu, moins claires, plus poétiques ou plus absurdes.
    Plantu est dans la tradition du dessin de presse international (celui de courrier international, quoi), qui est vraiment le genre dominant et qui porte toujours un regard très lisible (pertinent ou pas) sur son sujet. Le genre de dessin qui implique qu’on y adhère pour l’apprécier, en général.

  21. @fab : je ne suis pas Mélenchoniste du point de vue de l’analyse politique, mais ce qu’il dit des médias est pertinent et vous l’illustrez en tombant pile dans ce qu’il dénonce si souvent, à savoir les oppositions imposées : si on n’aime pas x, c’est qu’on aime non-x ; si on veut légitimement critiquer y, alors il faudrait aussi critiquer y’ et y » ; si on est copain de machin alors on est copain des copains de machin ou des gens qui disent qu’ils sont les copains de machin ; etc. Bref, la pensée paralogique qu’a si bien évoqué Lewis Caroll dans sa « Logique sans peine » ou que de nombreux philosophes ou penseurs ont réfléchi avec brio (avec qui ?), de Socrate à Chomsky en passant par Wittgenstein et Barthes. Et Brio.

  22. note : si je trouve Mélenchon pertinent dans son analyse des médias, je ne pense pas que sa colère soit si pertinente, car il est un peu infantile de se battre contre une situation qui ne risque pas d’évoluer. Les médias de masse ont une tendance naturelle à répercuter des hiérarchies artificielles, à réclamer une part incongrue de connivence de la part de ceux qu’ils daignent montrer, à s’enfermer dans des rhétoriques ou des logiques idiotes et infondées,… Et c’est rageant bien entendu, mais comme on le voit avec Mélenchon, la colère est une attitude assez contre-productive : à présent, le bonhomme est sorti comme une bête fauve et les présentateurs jouent à se faire peur en mettant leur tête dans sa gueule, mais ils gardent le contrôle et parviennent même à se faire passer pour courageux ! Clown, trapéziste, prestidigitateur ou fauve, le politique reste une attraction du même spectacle, quoi. Hummm… En écrivant ça, je me demande subitement s’il y a la moindre solution.

    Et maintenant, un peu de détente et de consternation : Strip-tease / Carte de presse

  23. Médiatiquement et politiquement, l’anti-sarkozysme primaire (et son pendant le pro-sarkozysme à la Paris Match) y est pour beaucoup dans l’opposition x/-x. On ne peut rien dire à propos d’un article, d’une photo, d’un sujet politico-médiatique aujourd’hui sans implicitement poser ce cadre-là chez le lecteur…
    Qui influence qui : le traitement médiatique -> la lecture politique ? Ou bien la politique gouvernementale -> la lecture médiatique ?

  24. j’ai donc relu votre billet(d’opinion) de peur d’y avoir raté quelque chose et non décidément je n’y projette rien.
    Je soutiens simplement que Plantu(qui n’a pas en charge la défense de la corporation des journalistes) a le droit de publier un dessin ‘méchant’ sur Mélenchon, la caricature débordant largement le cadre de l’information, il n’assure pas cette fonction.
    On peut le critiquer évidemment, mais pour ma part je trouve vos arguments peu convaincants(pour cette fois), permettez donc, qu’à son tour la critique soit critiquée aussi.
    Ps: Je n’ai sans doute pas votre éruditon mais soyez tranquille, si je m’autorise un commentaire c’est que je suis plutôt bien informé.
    Si j’ai cité d’autres exemples, c’est que je crois que cela procède d’une façon de penser propre à notre époque, je ne mélange pas tout et vous laisse le Gloubiboulga.
    @Jean-no: merci de me rappeler mes cours de jeunesse en évoquant Caroll, Wittgenstein, Barthes et autres(très impressionnant), désolé mais je n’ai jamais goûté aux choses de la Logique sur un strict plan philosophique. Je n’oserai d’ailleurs pas y élever le débat, je ne pense pas pour autant mon raisonnement bancal, vous l’avez juste mal interprété, mais nul doute qu’ avec votre redoutable réthorique vous allez corriger cela.

  25. @fab : Pas besoin de faire d’ironie à deux centimes avec moi, merci. Ce que racontent les gens que je cite, d’une manière ou d’une autre, c’est que l’on peut se faire piéger par la fausse logique née des mots. Par exemple on oppose vide et plein comme si c’étaient deux objets parallèles, alors que ces deux faits sont de nature très différente (Wittgenstein). En supposant qu’André pointe la « lepénisation » de Mélenchon non parce qu’il la constate mais parce qu’il aurait de la sympathie pour Mélenchon, vous tombez dans ce genre de piège qui consiste à nier l’analyse en suggérant des arrières-pensées. Vous tombez dans le même travers en parlant des caricatures de Mahomet, comme s’il fallait une équité (on défend A donc B), ce qui suppose que vous cherchez encore des jugements de valeur dans tout ça. Or André est un chercheur en culture visuelle, ce qui l’intéresse c’est, ici, le mécanisme qui consiste à associer une personne à un mouvement politique « qui sent le gaz », comme on peut s’intéresser à la villénisation des musulmans dans les séries TV (vu quelque chose là dessus récemment), etc.
    La question n’est pas du tout où vous la cherchez.

  26. @fab: Ci-dessus, vous confondiez déjà critique et censure. Vous tenez absolument à me voir refuser à Plantu son droit à l’expression graphique. C’est plus facile quand on fait les questions et les réponses, malheureusement pour vous, je n’ai jamais dénié à Plantu (ni à quiconque) «le droit de publier un dessin ‘méchant’ sur Mélenchon» (ou sur qui on voudra). Vous postulez que si je critique le dessin de Plantu, c’est que je veux « défendre » Mélenchon (qui est attaqué par Plantu). Et pourquoi pas aussi réclamer un ministère dans le gouvernement de Mélenchon premier?

    Revenons sur terre. Mélenchon est assez grand pour se défendre tout seul, il le fait sur son blog, qui est bien plus lu que Totem. Il a reçu pas mal de soutiens à gauche, par exemple de l’Humanité qui, même si c’est un journal qui n’est plus très lu, reste tout de même un poil au-dessus de la fréquentation de mon blog 😉 En fait, je vois bien que vous n’avez pas compris mon raisonnement. Je ne vais pas vous imposer le pénible devoir d’une troisième lecture de mon billet (quoique, personnellement, je le trouve assez drôle 😉 Essayons de raconter le truc autrement.

    Le rapprochement MLP/Mélenchon n’est pas l’opinion isolée d’un dessinateur de l’Express, mais un cliché médiatique qui court les rédactions depuis un trimestre, et dont je situerai assez volontiers la naissance du côté du Grand Journal de Canal +. On peut expliquer cette consécration graphique de « l’ascension des néo-populismes » par l’analyse politique. Cette explication (qui est la façon la plus courante de comprendre cette affaire, qu’on soit ou non d’accord avec la comparaison FN/FG) ne me convainc pas. En constatant que les autres manifestations récentes de démagogie ou d’opportunisme n’ont pas eu droit à une telle stigmatisation, je propose l’hypothèse de voir dans la lepénisation de Mélenchon une réaction corporatiste, d’autant plus inconsciente de la part des journalistes qu’il n’ont pas non plus conscience d’être ceux qui ont fait monter la sauce de ce pseudo-affrontement en reprenant les vidéos du délit, puis en demandant à Méluche de les commenter (mémorable séance à RTL avec Apathie…). Bref, toute cette affaire me paraît un exemple d’emballement médiatique précisément sans rapport avec l’analyse politique.

    Ne croyez pas que je reprenne cette matière dans le souci de vous convaincre. On jette souvent quelques lignes sur un blog pour fixer une idée (et tout particulièrement sur Totem, qui est fait pour ça). Votre réaction me force à reformuler cet exemple, et me permet de mieux comprendre ce que j’ai voulu noter. Que vous le croyiez ou non, ce cas me semble intéressant, bien au-delà du destin politique de Mélenchon.

  27. désolé, je ne suis qu’un homme sans qualité. Je ne conteste pas le droit du chercheur à l’analyse, pourtant sur des sujets tel que celui ci cela devient très vite glissant. et là pour le coup l’analyse est un peu courte en plaçant Plantu,non pas comme un caricaturiste mais comme l’odieux défenseur d’une corporation: les journalistes, catégorie dans laquelle on mélange beaucoup de monde(pour ma part je suis pigiste et je n’ai strictement rien à voir, moralement, déontologiquement et financièrement avec les stars de la télé ou de la radio qui ont croisé le chemin de JLM).Non, il existe des journaliste qui font leur boulot dignement hors des jupes du pouvoir en place, et je dois dire que Mélenchon(à l’instar de Le Pen) manie assez bien le verbe contre cette presse complice du pouvoir , j’estime cela dangereux et démagogique et dans ces circonstances il abuse d’un discours populiste, donc cela ne me choque de le voir caricaturer de la sorte.
    Je soutiens qu’il est périlleux de critiquer, serait ce sous le couvert de l’analyse une caricature de la sorte, et là sur ce billet je trouve cela raté.
    Prenons deux citations: ‘PLantu Bobo culture dominante’ ou encore ‘les producteurs du récit médiatique’, voilà 2 exemples qui me paraissent mettre à mal la caution scientifique de ce billet.
    Laissez un peu Ludwig de coté essayez de penser par vous même, que diable!

    allez salut,maintenant!

  28. Loin de moi l’idée de vous refuser le droit d’exprimer une opinion, je disais juste que cette analyse ne tenait pas la route et j’exprime mon désaccord, alors pardon je ne suis que journaliste et peut être que votre pensée de chercheur en culture visuelle m’échappe dans ce billet.
    Salut, maintenant :-))

  29. A mes lecteurs: Je jure sur la tête du chat du voisin que « fab » n’est pas une invention machiavélique pour démontrer le bien-fondé des préventions de Mélenchon contre les journalistes. Mais il faut admettre que je n’aurais pas pu mieux en apporter la preuve qu’avec cette série de commentaires qui poussent la confusion, le préjugé et l’amalgame à un degré inégalé, et que je promets de conserver pour examen approfondi après autopsie 😉

    Mais il n’y a pas que Méluche que fab confirme: il apporte aussi de l’eau au moulin de ma démonstration, notamment par son emploi du terme « populiste » lié aux attaques anti-journalistiques. CQFD! Many thx, et revenez quand vous voulez 😉

  30. Je crains que cela devienne n’importe quoi,c’est ubuesque!je suis désolé pour vous.

    Quant à moi Je n’ai basé ma cause sur rien.

  31. @fab : je me demande en quoi engueuler un journaliste qui vous pose des questions futiles (être obligé de commenter la petite phrase de y, le lapsus de x ou le régime de z alors que l’on est là pour parler d’une loi) est populiste. Ce n’est pas forcément très avisé de refuser de jouer le jeu (voyez la réaction), mais ça n’a rien de spécialement « populiste » ou encore moins démagogique – puisque c’est apparemment la démagogie que les gens placent sous ce mot « populiste ».
    Comparer Le Pen et Mélenchon pour leur critique des journalistes semble infondé car la critique portée par l’un et par l’autre est de nature bien différente. Cette comparaison/association n’est pas innocente, le FN est, depuis trente ans, une sorte de crachoir universel…

  32. « Quant à moi Je n’ai basé ma cause sur rien. » fab veut probablement dire qu’il ne défend aucune cause. Mis à part bien sûr la sienne: celle du journalisme. Voilà quelqu’un qui vient m’accuser de « légèreté » sous prétexte de parti-pris, alors qu’il est animé d’une passion visible, lui qui ouvre le bal par un « M… » qui donne la mesure de sa neutralité 😉

    Voilà ensuite un commentateur guère avare de conseils, qui défend la « méchanceté » de Plantu et me recommande d’admettre, dans une langue inimitable, «qu’à son tour la critique soit critiquée aussi» – mais qui oublie d’appliquer ses maximes et s’évanouit à la première pichenette!

    Si on cherche la bagarre sur un blog, il faut avoir un cuir un peu plus épais, des arguments un peu plus affutés (et un français un peu plus solide). Moi aussi j’ai été pigiste. Je peux donc confirmer qu’il existe une bonne pratique du journalisme, qui demande curiosité, intelligence et rigueur. Pour retourner un conseil à notre camarade, il n’est pas certain que sa défense de la profession contribue à améliorer son image. En revanche, le jardinage est un métier d’avenir, qui réclame moins de conversation.

  33. Mère Teresa a une moustache. Hitler à une moustache. Donc Mère Teresa est Hitler. CQFD

  34. Pas ambigü du tout, en effet, le dessin de Plantu. Et moins facile à critiquer qu’un texte écrit, car plus difficile à objectiver. Outre le brassard, vous n’abordez pas l’assimilation du bras levé au poing levé, qui déborde largement le cas Mélenchon pour attaquer tout ce qui est à gauche du PS. Et du coup, je me demande (mais j’ignore la famille politique de Plantu) si, plutôt qu’une défense corporatiste de journaliste, ce n’est pas une entrée en campagne électorale, sur le thème du vote utile: discréditer tous ceux qui ne veulent pas voter PS au premier tour.

    Par ailleurs, est-il si sûr que, sur ce terrain, le public suive les journalistes? J’ai trouvé Demorand, hier, bien plus correct que d’habitude avec Jean Luc Mélenchon. Et, du coup, Mélenchon beaucoup plus clair et moins « rentre dedans ». Et très convaincant.

    Et euh, c’est quoi cette vacherie sur les jardiniers dans votre dernier commentaire?

  35. Il y a des précédents. En 2002,Plantu avait caricaturé Marc Blondel alors secrétaire général de FO, de la même façon -et même pire.Tout ça parce qu’il n’avait pas appelé à voter Chirac au second tour de la présidentielle.De toute façon la logique des médias dominants-qui dominent de moins en moins-est facile à comprendre.Sont « populistes »-c’est le tarif minimum-tout ceux qui blasphèment envers notre sainte mère l’UE et ses directives sacrées.De la même façon est « moderne » tout ce qui va dans le sens du profit-de préférence dans un minimum de temps-est « archaïque »tout ce qui va dans le sens inverse.

  36. @cultive ton jardin: Il est exact que, depuis l’intervention d’Apathie dans le Grand Journal à propos du dessin de Plantu, il y a comme de l’accalmie dans l’air. A vérifier dans les semaines qui viennent…

    Détrompez-vous, j’adore le jardinage, qui est je le répète un métier d’avenir (ce qu’on ne peut pas affirmer de toutes les professions), et conseiller les jeunes dans leur orientation professionnelle fait partie du rôle traditionnel des enseignants 😉

  37. – Allô, la rédaction ? Je m’appelle Deep Throat.
    – Oui, c’est ça, « tous pourris »… Populiste !

    Je trouve le concept de pourriture intéressant. Mais le Canard Enchaîné cita un jour cette phrase de François Michelin : « Les hommes politiques sont des mouches dans un bocal. »
    Le bocal est transparent. Ou opaque, c’est la même chose.

    Merci pour ce texte clair et concis. Bravo pour votre patience, je suis impatient de lire votre rapport d’autopsie (des commentaires).

  38. juste pour signaler sur la lepénisation des esprits et les usages de la catégorie « populisme » (plutôt que fascisme, extrémiste de droite ou autres) pour classer le FN, l’excellente étude de la politiste Annie Collovald, Le populisme du FN : un dangereux contre-sens, Le Croquant, 2005 ,qui n’a rien perdu de sa fraîcheur.

    Les journalistes en utilisant du vocable « populiste » discrédite tout à la fois ceux qui veulent représenter le peuple et ses intérêts, et font le jeu d’un parti politique – le fN – dont tout indique que son organisation dirigeante, sa base militante, une grosse partie de sa base électorale (il ne faut pas oublier qu’en pourcentage, les votes de la bonne bourgeoisie sont surreprésentés dans ce parti), et ses préconisations de politique économique et sociale sont aux antipodes des intérêts du plus grand nombre.

    On doit la redéfinition du populisme comme démagogie à Taguieff et consorts… La référence au peuple sert de repoussoir, de classes dangereuses, livrées à ses passions, etc. on connaît la chanson (souvenez-vous de l’édito de July pour le TCE de 2005, une insulte faite aux électeurs du non et une preuve manifeste de la hantise du haut clergé médiatique à l’égard des « masses », qu’elles ne comprennent pas parce qu’elles n’ont aucun moyen concret de les comprendre, abreuvées qu’elles sont de sondages).

    Son origine est à trouver en Russie (Lénine) et en Argentine (Peron) où il était question de satisfaire très concrètement les intérêts du peuple.

    Quand on voit que les partis de « gauche » comme le PS ont perdu dans leur rhétorique et leurs pratiques politiques tout usage des notions de classes sociales, de classes ouvrière, de prolétariat, bref de peuple… On peut se dire que Merlu a au moins le mérite de relever le gant et d’assumer sa définition de « gauche » du populisme…

    La discussion politique peut alors commencer évidemment.

  39. Nous avions eu aussi le voter Le Pen avec une photo de Sarkozy… il n’y a pas si longtemps… Je peux fournir la photo si adresse E-mail.

  40. Voter Le Pen avec la photo de Sarko, c’est complètement différent: la politique d’identité nationale, de chasse à l’étranger et au faciès, le passage au punitif intégral où même les fous sont considérés responsables d’actes qui leur échappent, tout cela rejoint clairement, et sur le FOND, les options du FN. Et ce n’est pas par hasard que, lors des présidentielles, l’UMP a carrément siphonné les voix d’extrême droite, au point que certains on cru pouvoir s’en réjouir!

    Mélenchon ne rejoint pas du tout les idées du FN. Même sur l’Europe, son opposition est très différente de celle du FN, pas du tout nationaliste.

  41. Bonjour
    Plantu s’est encore planté et ça en révèle plus sur lui même que sur les caricaturés. Je constate qu’il préfèrerait l’original à la copie mais cette copie n’est pas là où il tente de le faire croire.

  42. @André

    En passant, et en suivant ce fil…

    Euh… à propos de « Meluche » : C’est pour faire peuple, ou c’est un copain à toi du temps de du collège.

    (c’était juste en en passant..)

  43. Quand on veut des abstentions « vive PLANTU »
    puisque beaucoup d’électeurs de gauche ont voté NON a l’Europe proposé en 2005 :les bobos, les fatal flateurs et la gauche tamara ou droite saucisson attende D S K.
    PLANTU devrais finir sur ce qu’il avais commencé au moyen orient ( les accord Rabin et Arafat POUR LA PAIX) et croquer la croniqueuse de l’émission de FOG qui a insultée STEPHAN HESSEL en lui proposant une « vie de merde ».

    Alain-Charles

  44. Ce genre de dessin devient une médaille de gloire plus enviable que la légion d’honneur de Servier, Woerth et Banier. Car celui que Plantu ne traite pas de populiste fasciste ne peut pas être pris au sérieux comme opposant. Pour nos vieux clercs bronzés, tout gêneur est Nazi et tout désagrément est génocide. Le vide de la pensée libéralolibertaire se traduit par une logique défaillante qui n’a plus que l’analogie, la plus faible des preuves, comme argument. Pour dire que Mélenchon est un nazi comme Le Pen, mieux vaut encore un petit dessin clair qu’une longue dissertation baveuse des BHL, Royal ou Sarkozy. Tous pourris.

  45. Christophe Barbier défend Plantu : http://www.123video.nl/playvideos.asp?MovieID=926146
    Il dit tout haut ce que l’autre dessinait tout bas…

  46. Pourquoi est-ce que la notion d’illustration visuelle devrait-elle réservée à la seule photographie?
    Il est vrai que dans le cas de la photographie, l’auteur réalise ses images sans savoir où et comment elles seront utilisées. Mais comme Grégory Divoux l’a analysé « un photographe est soumis, comme n’importe quel citoyen, de façon volontaire ou non, à un flux constant d’images qui influencent de façon mécanique son regard sur le monde et donc in fine sa façon de travailler. »
    Le dessin de Plantu est l’illustration visuelle du contenu de l’Express où il est soumis à un flux constant qui influence de façon mécanique son regard sur le monde et donc in fine sa façon de dessiner.
    Marine le Pen est souriante, parce que c’est le nouveau visage que le Front National offre aux médias. Son père est planqué derrière parce qu’il ne peut s’empêcher à la fin des meetings (des banquets?) de lâcher ses bonnes grosses blagues comme avant pour se faire acclamer par ses fans un peu perturbés par sa fille http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/epitaphe-l-origine-juive-ne-se-87330 (et parce que se faire déposer à la maison de retraite, c’est quand même encore plus violent que le service d’ordre du Front National). Mélanchon s’est fait enfermer par les médias dans un rôle qu’il croyait anecdotique. L’éructation est devenue son image de marque même s’il n’a pas encore sa marionnette aux guignols de l’info (enfin je crois). Je suppose que le choix de l’intitulé « Front de Gauche » se voulait une réponse politique au Front National, mais le dessin montre que ça peut aussi se retourner contre ses promoteurs en créant une association, là où ils voulaient créer une opposition.
    Par ailleurs, mais ce n’est pas dans le dessin, après le traumatisme du deuxième tour Chirac/Le Pen, l’enjeu est aujourd’hui élevé pour les grands partis, Marine peut être devant Sarkozy au premier tour, et Mélanchon mettre en difficulté le candidat socialiste, ce qui n’est sans doute pas pour rien dans ce dessin.
    Par ailleurs, je suis surpris par les réactions suscités sur le Net par tous les billets concernant Mélanchon. C’est presque aussi difficile de parler sur le Net de Mélanchon que d’Israël, de la Palestine ou d’Obama. Pour un homme qui était quasi un inconnu il y a un an, c’est assez stupéfiant.

  47. Assez d’arguties. j’ai été touché. je n’ai rien d’un populiste, ni d’une sorte de kaiser de gauche. juste moi. Et cette caricature m’a blessé. Moi comme d’autres. Point.

  48. quelques pistes sur la fortunes de la catégorie populisme dans les milieux politiques-journalistiques-politologiques

    > l’ouvrage de la politiste Annie Collovald « Le populisme du FN, un dangereux contre-sens », aux éditions du Croquant (2004)

    http://www.atheles.org/editionsducroquant/savoiragir/lepopulismedufnundangereuxcontresens/index.html

    > un point d’appui pour la réactivation de la disqualification populiste appliquée à une fraction de la gauche, un colloque de 2009 du « cercle léon Blum », lieu neutre de « gauche » (strauss-kahnien, semble-t-il) ?

    « Les liaisons dangereuses du populisme de gauche »
    le 18 juin 2009 à Paris

    http://www.cercle-leon-blum.org/agenda.htm

  49. ttattttaatata : pauvre Plantu !! j’allais ajouter pauvre Zemmour…on peut dessiner ce qu’on veut on peut plus écrire -dire ce qu’on veut etC…
    non il faut être raisonnable : le vrai problème c’est que aujourd’hui quand on fait du politiquement incorrect c’est soit avec des musulmans, soit avec des gens (très) à gauche, soit avec des pauvres…
    Mon cher Plantu ( et Zemmour par la même) j’attends vos dessins et commentaires politiquement incorrects vis à vis de GAZA, de la loi Française qui interdit de boycotter Israèl, de Stéphane Hessel censuré, etc…facile de faire du politiquement incorrect et de taper sur l’extrême gauche ou les noirs et les arabes etc…

  50. P/r à C. Barbier, dans la vidéo indiquée par Jean-No: après la mémoire collective, la « psychologie collective politique » (1’01)…?

  51. On juge en général une caricature à sa pertinence, c’est-à-dire qu’elle doit frapper d’un coup d’oeil par la vérité presque incontestable qu’elle dégage.
    Ici, la mise en scène est bien trop complexe. Ce n’est pas une caricature, c’est un manifeste politique : il s’agit tout simplement de la ligne éditoriale de l’Express (en l’occurrence). L’extrême centrisme dans toute sa splendeur.

  52. Désolé, je me suis absenté quelques temps, effectivement je cultivais mon jardin. je découvre avec stupeur dans quel état cela vous met.
    Je vous rassure, j’ai passé l’âge de ‘chercher la bagarre’, j’ai peut-être été maladroit si vous vous êtes senti agresser mais ce n’était pas le but de mon commentaire,je suis confus et je vous invite donc à vous calmer.
    C’est vrai aussi je n’ai pas votre talent pour la conversation. Veuillez pardonner mon français hésitant mais il n’est pas toujours facile de lier ma passion agricole à mes occupations plus aléatoires de commentateur.
    Permettez moi quand même de penser que votre raisonnement(Plantu qui participe au complot des forces obscures médiatico -politique pour catégoriser ‘populiste’ l’ami Mélenchon)me parait bancal. Je crois sincèrement que que JLM s’en sort très bien tout seul, il en use et en abuse.
    Mais bon, je sais: pour discuter il faut être d’accord sur l’essentiel. Donc je ne vous embête pas plus longtemps je vais essayer de m’endurcir le cuir à l’air frais du potager et dans le silence. (très bon conseiller le silence!)
    ps: Je ne vois pas en quoi dire Merde(simple exclamation passé dans le langage courant- rien à votre encontre) altère ma neutralité.
    @jean-no: je ne comprends toujours rien à ce que vous racontez!

  53. @ fab

    Vous faites preuve de bonne volonté, mais je ne vois toujours pas trace du moindre argument à l’appui de votre critique de la critique qui me semble se résumer à « Plantu a bien le droit de dessiner ce qu’il dessine », ce que personne ne conteste.

  54. On croirait un débat sur les caricatures de Mahomet. D’aucuns pourraient y voir la preuve que le Parti de Gauche est bel et bien une secte.

  55. Il y a deux sortes d’amuseurs.

    Les amuseurs qui font rire le roi et les amuseurs qui font rire le peuple. Il y a longtemps que Plantu ne fait pas rire et que le sourire antérieur ( il y a fort longtemps ) à peine esquissé s’est définitivement affranchi des niaiseries de son auteur.

    A force de côtoyer le pouvoir ou ses sicaires aristo-médiatiques, ce pauvre Plantu ne fait plus rire que les chacals. Se moquer du peuple pour faire rire le roi est non seulement toujours facile, sinon accommodant, il est surtout l’insigne d’une déchéance intime, silencieuse, pataude, mais sûre. Plantu n’a jamais fait peur à quiconque.

    C’est typiquement l’amuseur moyen rêvé pour un système de médiation corporatiste qui tente d’arrondir les angles en pleine déroute politique de ses maîtres. La presse aujourd’hui financée à nouveau par les féodalités régnantes ne pourrait nourrir quotidiennement une main qui la mordrait.

    Même renflouée par les contribuables, l ‘économie des puissants et la presse qu’ils se sont achetés, sait garder le lourd secret qui abrite ceux-ci de tous dérangements frondeurs et qu’aucun Plantu du monde ne livrera jamais au tout venant. Plantu fait diversion et c’est pourquoi chaque jour, il a « la Une ». On lui donne volontiers, preuve d’une évidente innocuité.

    La main de Plantu a toujours été molle et l’humour convenu mollement seriné. Le pire dans la main de Plantu c’est l’attendu du cliché, la petite pensée , l’humour qui ne fait jamais tache. La petite idée que tout le monde a déjà eu. Une putain de souris en plus. Une « gentille » petite souris que les maîtres auraient tôt fait d’écraser si celle-ci n’habillait pas  » gentiment  » un chat inoffensif de papier.

    Ce dessin qui a tant fait couler d’encre signe moins les affres du co-président du Parti de Gauche que la définitive nullité d’un auteur soporifique. On ne rit pas – as t-on d’ailleurs jamais rit – avec Plantu, on bâille et on ferme la bouche rapidement de peur que des corneilles nous entrent dans le gosier. N’est pas Daumier qui veut.

    Las, le ton si  » gentil » avec les puissants et si  » méchant  » avec les faibles nous ennuie profondément. Non seulement du fait de l’attendu de la chose mais surtout de la niaiserie qui signe la marque de fabrique définitive d’un homme endormi.

  56. @jean-no: je ne comprends toujours rien à ce que vous racontez!

    C’est embêtant, les problèmes de compréhension, quand on est de l’un ou de l’autre côté, il peut être difficile de décider si c’est l’émetteur qui ne fonctionne pas bien ou si c’est le récepteur qui est en panne. Réessayons.

    Tout ce que je voulais dire, c’est que Mélenchon n’est pas vraiment le sujet. Il est intéressant de constater comment une énorme partie de la classe journalistique s’est mise d’accord (assez spontanément sans doute, personne n’a parlé de cabale) pour présenter Mélenchon en extrémiste, néo-poujadiste de gauche, bref, infréquentable. Et cette nouvelle réputation est synthétisée dans le mauvais dessin de Plantu. Or il suffit d’écouter Mélenchon pour constater que son discours n’est pas beaucoup plus « populiste » (au sens « démagogue » et « réac' ») que celui de notre bien-aimé président ou des vénérés Lefebvre, Morano ou Estrosi, à droite, et sans doute d’autres à gauche. Je ne pense pas qu’on puisse dire que Mélenchon soit d’une gauche plus « de gauche » que Mitterrand avant sa première élection, et je maintiens que ses remarques « à chaud » sur les médias sont généralement pertinentes.
    La clef de la lepénisation de la réputation de Mélenchon est-elle à chercher dans une réaction corporatiste des journalistes ? Est-elle à chercher dans l’envie générale d’un gouvernement nettement au centre ? Ce sont les deux hypothèses qui me semblent les plus évidentes. Il est probable que J.-L. Mélenchon joue le jeu de l’épouvantail à journalistes, les médias adorent le montrer, à condition qu’il sorte les dents.

  57. « on comparera les saillies du petit candidat de la gauche de la gauche avec les avanies volontiers proférées par le chef de l’Etat pour juger du courage des professionnels de la profession »

    ben justement, sarko a été dessiné par Plantu avec des mouches, un brassard, l’uniforme, ect…
    Et jamais Sarko n’a insulté et menacé nominativement un journaliste, comme Mélanchon le fait de façon hebdomadaire.

  58. jamais Sarko n’a insulté et menacé nominativement un journaliste -> mais si, il est même connu pour ça, mais il ne le fait pas devant les caméras, il donne des coups de téléphone et il engueule les gens.

  59. ( ceci dit il est vrai que Sarkozy aussi est régulièrement « lepénisé », et ça a été étudié ici-même : http://culturevisuelle.org/icones/1017 )

  60. J’aurai du rajouter « publiquement ». Mais c’est justement ce qui pose problème : rien n’interdit à quiconque de se plaindre en privé à un journaliste si on a pas apprécié un dessin (c’est que sarko a fait pour les mouches, d’ailleurs sans aucun effet). La notion d' »engueulade » qui peut éventuellement en découler n’a pas du tout la même portée.

  61. @Corto : Ben… La portée est différente, puisque ce n’est pas ostentatoire, mais le public n’en n’est pas conscient. Le journaliste engueulé vertement au téléphone peut choisir de céder à la menace (et je pense que ça arrive), puisque ça se passe sans témoins. Je ne pense pas que ce soit mieux même s’il est par ailleurs évident que le journaliste remis à sa place en public aura tendance à se justifier avec mauvaise foi.

  62. Un grand merci à Jean-no de faire tout le boulot sur ce blog (dont on dirait bien que le tenancier a les mêmes mauvaises habitudes que Méluche au Parlement européen – je plaisante, bien sûr 😉

    @Corto: C’est pas sympa de couper mes raisonnements pour faire croire qu’ils ne veulent rien dire. J’écris que « les critiques acerbes, mais fondées, de Mélenchon (sont considérées par les journalistes comme) d’impardonnables atteintes à (leur) dignité ». Celles de Sarko leur ont au contraire toujours semblé très pardonnables (si NS a été lepénisé, ce n’est pas pour ses brimades, insultes ou évictions de journalistes, mais pour un motif très politique: la criminalisation des Roms).

    Je trouve chez Slate un soutien inattendu à ma thèse d’une explication médiatique de la lepénisation méluchienne. Dans un article non signé (mais peut-être rédigé, hypothèse gratuite, par Johan Hufnagel ;), le magazine qualifie de « stratégie politique mûrement réfléchie » l’attitude anti-presse de JLM, en s’appuyant sur une déclaration à Arrêt sur images («Chaque fois que j’augmente le nombre de gens qui ne croient pas à ce qui est écrit dans la presse, j’augmente la taille de mon camp. Car si le peuple croit ce qui est écrit dans la presse, je n’existe plus…»)

    Versac, dans un tweet, estime lui aussi que « Méluche n’est pas victime, il cherche cette confrontation ».

    Je m’abstiendrai humblement de contredire Johan (si c’est lui) et Nicolas, bien meilleurs connaisseurs que moi de ces questions. Ce qui est sûr, c’est que nous sommes plusieurs à partager le registre de la détermination médiatique de l’accusation de populisme (que fab et quelques autres ont contesté ici).

    Pour le plaisir de la discussion, j’ajouterai cependant que je ne suis pas très chaud pour attribuer au personnel politique des super-pouvoirs kryptoniens non plus qu’un machiavélisme intenable. Pas plus Méluche que Sarko ne sont des abrutis, reste qu’ils sont aussi pas mal pilotés par leurs tripes. Si le Front-de-gauche-Man était si fin stratège, il mettrait dans sa poche ses proclamations pro-cubaines qui lui coûtent cher en voix chaque fois qu’il donne de la sienne.

    Les politiques, qui ne sont pas plus bêtes que les autres (mais pas tellement plus malins non plus), aiment comme tout un chacun faire semblant d’organiser les événements qui les dépassent – ce qui ne veut pas dire qu’il faille forcément prendre ces rodomontades pour argent comptant. Je ferai plus volontiers l’hypothèse que Mélenchon tout autant que ses interviewers sont les jouets plus ou moins consentants d’un système qui carbure à la récupération et au bruit – ingrédients qu’il est souvent difficile de doser, d’où les effets d’emballement…

    Comme l’ont noté ci-dessus certains observateurs attentifs, à en juger par les derniers entretiens de « Gnafron » (insulte super-vacharde cachée sous une érudition théâtrale du meilleur goût dans le dernier édito de Joffrin), il semble que (contrairement à mon hypothèse d’une descente aux enfers sans retour) le dessin de Plantu ait finalement sonné la fin d’un procès en populisme mal engagé. Le dessinateur reste donc le dindon de la farce, avec son pétard qui lui a explosé à la figure.

  63. […] vraiment à dérailler dans nos hautes sphères médiacratiques! Ou alors, c’est peut-être André Gunthert, sur Totem, qui a raison: « Le trait malhabile de Plantu n’est que la partie émergée de […]

  64. […] le billet d’André Gunthert Le populisme expliqué aux enfants et les discussions qui l’ont accompagné qui me donnent envie, à mon tour, de commenter la […]

  65. @jean-no:
    Evidemmment, Mélenchon est le sujet, mais passons… pour le reste je suis totalement d’accord puisque Sarkozy s’est quand même fait élire sur des idées réacs et bas de plafond, avec un discours qui veut faire ‘peuple'( je souris, je tutoie, j’interpelle ou je tape dans le dos…) qui a mon sens a appauvri le discours politique, déjà bien malade. je crois aussi que les Lefevre, Morano, Estrosi sont des dignes représentants de la parole populiste la plus abjecte et la plus sotte.
    Or je le répète, je suis journaliste, je ne défends pas la cause de cette corporation, je ne suis pas plus centriste(dieu me préserve de manuel Vals), Je crois aussi que JLM, tout homme de gauche qu’il soit peut dire des énormités qui, je pense, n’enrichissent pas une parole de gauche forte et intelligente. et qui voisinent avec un discours ‘populiste’,m^me si le terme fait débat. Alors oui, il y a sans doute un jeu de médias, en particulier la télé, qui adore les débordements, les déclarations à l’emporte-pièce, mais JLM le sait et il en use aussi.Je conteste aussi le fait qu’il généralise le terme de journaliste: on dit ‘les journalistes’ comme on dit ‘les fonctionnaires’. Il y a les stars de la télé et de la radio, les éditorialistes stars, que l’on retrouve souvent sur les plateaux ou en studio puis il ya les autres,de la presse écrite, du web, quelques uns de la radio qui survivent(cf Daniel Mermet) qui essaient de faire leur job avec leurs moyens.
    Pour clore cela, un pays sans journalistes serait bien inquiétant.
    Ps: désolé pour les fautes de syntaxe ou de frappe mais j’écris vite.

  66. @Corto : bien sûr qu’il faut des journalistes ! Et je trouve bien naïfs ceux qui croient que tout journaliste peut être un chercheur en sociologie, un docteur en histoire et un Albert Londres : comme toutes les professions, celle-ci est constituée de gens normaux, qui peuvent aller du plus brillant au plus médiocre.
    Ceci dit, Mélenchon rappelle souvent qu’il a été lui-même journaliste. Il faut voir sur la durée, mais quand il s’offusque qu’on l’invite sur un plateau pour lui demander s’il préfère Aubry ou DSK, il a raison, c’est une manière de le placer perdant d’office et ce n’est pas honnête. Ensuite, est-ce que parfois on peut le juger autoritaire (toujours inquiétant, d’être autoritaire avec les médias) ? Plus sur la forme que sur le fond à mon avis.