Une certaine inattention

Par  - 17 avril 2012 - 13 h 47 min [English] [PDF] 

2007-2012, calendrier électoral identique. En haut, une photo des panneaux électoraux de mon bureau de vote, en banlieue parisienne, le 11 avril 2007, 4 jours après le début de la campagne officielle. J’habite un quartier résidentiel: les altérations des affiches restent modestes (voir l’enquête du Lhivic en 2007). Pas d’arrachage ou de lacération violente, mais une présence marquée de graffitis, qui montrent un certain degré d’interaction (cliquer pour agrandir).

En bas, même lieu, cinq ans plus tard, le 17 avril. On est presque une semaine plus loin dans le processus électoral, à cinq jours du premier tour. Pourtant, les affiches sont presque intactes. Un seul tract a été arraché. Difficile bien sûr de transformer en échantillon ces actes individuels non représentatifs. La météo est bien plus fraiche. Mais on ne peut s’empêcher de se demander si cette indifférence pour le matériel électoral n’est pas le symptôme d’une inattention pour le rendez-vous politique.

13 Reponses à “ Une certaine inattention ”

  1. Peut-être le calme avant la tempête… Les marins sont attentifs aux petites variations à la surface de l’eau.. Mais les bons marins seulement… Un coup de vent est si vite arrivé.

  2. Je n’ai pas cette impression dans mon quartier à Paris où pratiquement tous les panneaux que je connais ont été gratifiés de moustaches hitlériennes et autres appendices masculins savamment placés dès leur implantation devant des écoles-bureaux de vote…
    Une école n’aurait-elle pas été fermée par Sarkozy dans les alentours de ton bureau de vote ? 😉

  3. L’expérience n’est pas tout à fait similaire: le fait que les affiches aient été collées les unes sur les autres, par paire, en 2007, renvoie à l’esthétique de l’affichage sauvage ; ce n’est plus le cas en 2012.

  4. Je rejoins la remarque d’Olivier Beuvelet : il y a deux jours, une seule affiche, rue de Marseille (Paris, 10e), devant le collège qui sert de bureau de vote, a échappé aux « moustaches » ou croix ou autres graffiti, c’est celle de François Hollande (j’ai la preuve en photo).

    La seule conclusion à en tirer de manière aléatoire (je pense que c’est différent dans le 8ème ou le 16ème arrondissement) : il y a un candidat (en représentation) qui semble celui de la « situation », ou « in situ ».

  5. Ou une conséquence indirecte du durcissement des peines pour graffiti sauvage pendant la présidence de N. Sarkozy ?
    😉

  6. C’est à Belleville, sur le boulevard du même nom, on a remplacé de nombreuses affiches électorales (celles de celle et ceux de droite) par des photos (un type en chemise, une fille de dos en pull…); la plupart des affiches du quartier (les écoles de l’avenue Parmentier 10 et 11, entre autres) sont déchirées, transformées ou taguées. Empirique, mais vécu (il y a cinq ans, même punition, mêm motif sinon pour les photos collés sur celles des candidats).

  7. Au risque d’atteindre une sorte de nouveau point Godwin, le souvenir des élections de 2002 était peut-être plus présent en 2007 qu’il ne l’est aujourd’hui… Une mobilisation peut être plus visible en 2007 et plus timorée aujourd’hui ?

  8. Il serait évidemment intéressant de pouvoir reproduire ce système sur d’autres sites. La question pourrait être: dispose-t-on d’un matériel de comparaison visuel sur un même lieu qui permette de montrer, à 5 ans d’intervalle, l’effet inverse, c’est à dire une augmentation et non une diminution de l’interaction?

  9. Les images proposées sur ImageForum dans la rubrique « campaign posters » montrent une similitude avec les éléments relevés dans l’enquête de 2007 du Lhivic (nez rouges, graffitis, déchirures). La plupart des photos ont été prises à Paris semble t-il, mais il faudrait des précisions pour rendre la comparaison plus intéressante. Pour préciser, les photographies proposées dans mon petit billet ont été prises respectivement sur la montagne Sainte Geneviève (Paris I), Jussieu et à Porte de Vanves. Il y a évidemment, à mon sens une différence à faire entre les lieux où sont exposées les affiches (des affiches devant une fac de lettres ont surement moins d’espérance de vie que des affiches dans une petite ville…).

  10. J’ai beau regardé… Pas un seul et @ ou # sur ces affiches…. J’en conclus que les tags sont plus appropriés désormais à la blogosphère …. Surtout par jour de pluie…:)

  11. […] Après, les personnages correspondent plus ou moins malheureusement avec l’ordre des candidats, si on compare avec cette photo des panneaux que j’ai piqué au sociologue André Gunthert. […]

  12. […] comme on pourrait s’y risquer dans un contexte plus urbain (voir la dernière note d’André Gunthert sur les panneaux électoraux de son quartier en 2007 et […]