Culture Visuelle, un nouveau format de publication scientifique

Par  - 9 November 2009 - 10 h 17 min [English]

En préparation depuis la rentrée, le projet Culture Visuelle ouvre aujourd’hui sa version de préfiguration.

Constituée par une plate-forme multiblogs fonctionnant sur un mode communautaire, Culture Visuelle est un projet de publication destiné à favoriser l’édition multimédia dans le cadre de l’enseignement et de la recherche. Il s’agit d’un format inédit dans le monde de l’édition universitaire, qui propose une adaptation au contexte pédagogique et scientifique des innovations et des principes du web 2.0.

Alors qu’une revue classique effectue une sélection a priori des contenus qu’elle publie, Culture Visuelle fonctionnera sur le principe d’un agrégateur. Chaque auteur sera libre de publier tout contenu sans contrôle préalable, le tri s’effectuant a posteriori par la mise en valeur des articles par l’équipe éditoriale et la communauté. Cette disposition permet la plus grande réactivité en matière scientifique et constitue un puissant ressort pédagogique.

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La boîte noire du développement automatique

Par  - 8 November 2009 - 12 h 18 min [English]
Denis Bernard, intervention du 16 avril 2009, INHA, séminaire Recherches en histoire visuelle

Denis Bernard, intervention du 16 avril 2009, INHA, séminaire "Recherches en histoire visuelle"

Premier rendez-vous visuel avec l’image photographique, le développement par immersion d’un cliché négatif dans des produits dits révélateurs caractérise à la fois une technique et un imaginaire. Nommée latente, l’image qui n’est pas encore visible est révélée chimiquement. Plus qu’une réelle révélation, il s’agit d’un phénomène d’accélération et d’amplification de la transformation engagée par la lumière au cœur de la matière.

Chaque support argentique, plaque, film ou papier, humide ou sec, est caractérisé par sa préparation chimique. À chaque nouveau support correspond son panel de substances accélératrices. Une histoire idéale de la chimie photographique aborde l’étude des transformations formelles des images – ses métamorphoses – et la construction du regard qui s’y structure. Densités, textures, détails, intensités, netteté y prennent corps. À chaque nouveau support son vocabulaire visuel et son registre de grammaire formelle qui en accompagne la lecture.

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Soutenance de thèse "Donner à voir", par Myriam Chermette

Par  - 7 November 2009 - 19 h 41 min [English]
violette noziere

Le Journal, 30 août 1933 (détail).

La thèse de doctorat d’histoire des médias Donner à voir. La photographie dans Le Journal, discours, pratiques, usages (1892-1944), présentée par Myriam Chermette à l’université de Versailles Saint Quentin-en-Yvelines sera soutenue le lundi 16 novembre 2009 à 9h à 13h, bâtiment d’Alembert, en salle des thèses (2e ét.), 5-7, Boulevard d’Alembert, 78280 Guyancourt.

Jury: Christian Delporte (directeur de thèse, université de Versailles Saint Quentin-en-Yvelines), Dominique Kalifa (université Paris 1), Elisabeth Parinet (Ecole nationale des Chartes), André Gunthert (EHESS), Pascal Ory (université Paris 1).

Résumé
L’image, au tournant du XIXe et du XXe siècle, joue un rôle marginal dans les dispositifs de séduction et d’information du public élaborés par les quotidiens d’informations générales. Quarante ans plus tard, elle est mise à l’honneur en première page, fait l’objet de discours nombreux, internes et externes aux rédactions, et obtient une place privilégiée dans le traitement de l’actualité. Entre ces deux bornes chronologiques, le journal quotidien, support conçu le plus souvent pour le texte, s’approprie le document iconographique. Cette thèse se propose, à travers le cas du Journal, fondé en 1892 et qui parut jusqu’en 1944, de restituer l’histoire de cette appropriation, processus non linéaire, fortement déterminé par les stratégies éditoriales de cet acteur majeur de la presse quotidienne d’informations générales. L’analyse des discours, des pratiques et des usages qui se construisent autour de la photographie met alors en évidence l’évolution des formes iconographiques au cours de cette période, leur interaction avec la culture visuelle médiatique de la Belle Époque et de l’entredeux-guerres, ainsi que la représentation de l’actualité véhiculée par l’image.

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Rien contre les illustrés

Par  - 31 October 2009 - 11 h 45 min [English]

Berliner Illustrirte Zeitung, 1925, Bd 34, n° 44, 31/10, p. 1448.

A l’occasion du centenaire de sa mort, Friedrich Burschell rend un vibrant hommage au poète Jean-Paul dans le n° 7 de la Literarische Welt 1)Texte manuscrit rédigé fin 1925, probablement destiné à la Literarische Welt. Traduction française inédite d’après la version des Gesammelte Schriften (M Niederschrift, Benjamin-Archiv, Ms 1304, “Nichts gegen die Illustrierte”, t. IV, vol. 1,2, p. 448-449, Francfort/Main, Suhrkamp).. Et dénonce au passage ce qui lui apparaît comme une profanation de l’homme et de sa mémoire. Il vise le Berliner Illustrirte Zeitung. Dans le numéro en question, «alors que la photo de Une, en grand format, met à l’honneur la jeunesse, avec trois enfants d’écrivains, dont le fils de Thomas Mann, lui-même déjà auteur, ce n’est qu’en dernière page, recroquevillé dans un petit coin, qu’on trouve le portrait de Jean Paul, lui-même confronté au héros petit-bourgeois d’un obscur procès, à deux putains en grand appareil, avec plumes et fourrures, sans oublier deux chats et un singe –et non pas, comme on aurait pu le penser, en compagnie des créatures pour lesquelles le poète entretenait la plus touchante tendresse, comme les écureuils, les chiens, les oiseaux chanteurs ou les papillons.» Ce qui ne serait venu à l’esprit de personne – pour ne rien dire de la question de savoir si, face à la camera obscura, putains, chats et singe n’apparaîtraient pas justement plus touchants que des papillons ou des oiseaux chanteurs.

A quoi bon tout cela? N’a-t-on pas conscience que, dans les conditions actuelles du journalisme démocratique, il n’existe rien de mieux sur le continent ouest-européen que le Berliner Illustrirte? Qu’il n’est justement si “intéressant” que par l’exactitude inégalée avec laquelle il concentre, comme un miroir grossissant, l’attention distraite des employés de banque, des secrétaires et des modistes? Ce caractère documentaire est sa force en même temps que sa légitimation. Un grand portrait de Jean-Paul en Une du journal, quoi de plus ennuyeux? Ce qui est justement “intéressant”, c’est que le portrait soit petit. Montrer les choses dans l’aura de leur actualité a beaucoup plus de valeur, est beaucoup plus fécond, même de façon indirecte, que d’asséner une idée finalement très petite-bourgeoise de l’éducation populaire. Si l’ombre fraîche de l’actualité de ces pages illustrées ne provenait pas à 100% de la spéculation sur les instincts les plus bas, comme dans le gros des publications bon marché, mais était due à 50% au soin technique, elle devrait avoir gagné le droit d’être observée avec une bienveillante neutralité par l’homme de lettres auquel nul – grands dieux! – n’a demandé d’y contribuer.

Traduit de l’allemand par André Gunthert

Notes   [ + ]

1. Texte manuscrit rédigé fin 1925, probablement destiné à la Literarische Welt. Traduction française inédite d’après la version des Gesammelte Schriften (M Niederschrift, Benjamin-Archiv, Ms 1304, “Nichts gegen die Illustrierte”, t. IV, vol. 1,2, p. 448-449, Francfort/Main, Suhrkamp).