Comment citer les publications en ligne

Par  - 31 May 2010 - 15 h 56 min [English]

Les étudiants mentionnent désormais couramment les sources ou les études accessibles en ligne dans leurs travaux, dissertations ou mémoires. Je suis cependant frappé par la grande disparité de ces citations – qui peuvent aller, dans leur version la plus sommaire, du simple copier-coller de l’URL (adresse en ligne) jusqu’à des accumulations d’informations redondantes qui traduisent plus l’angoisse qu’une véritable maîtrise de ces ressources. Doit-on y voir la lenteur de l’adaptation des cours de méthodologie au nouvel environnement numérique? Une chose est sûre: l’absence d’uniformité de ces mentions trahit une grande incertitude sur la nature des contenus en ligne. Pour tenter d’y remédier, on peut formuler deux principes simples.

1. Une ressource en ligne est une publication. Le droit assimile tout contenu diffusé sur le web à une publication et le soumet aux mêmes règles que celles qui régissent la presse et l’édition. Il n’y a donc aucune raison de le traiter différemment d’un texte sur papier. Dans le cas d’une publication classique, l’élaboration d’une référence passe par l’identification de son auteur, du titre et du caractère de la publication (livre ou article), de sa date de publication et le cas échéant des numéros de page concernés. On peut généralement appliquer les mêmes principes à la citation d’une ressource en ligne (quitte à recourir aux solutions traditionnelles pour pallier l’absence de tel ou tel élément: “anon.” = auteur non identifié, “s.d.” = sans date spécifiée, etc.).

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La pub n'est pas à côté du journal

Par  - 29 May 2010 - 9 h 30 min [English]

Quelle est la place de la publicité dans le dispositif éditorial? Telle était la question soulevée par l’exposé d’Alexie Geers, doctorante à Paris 10, consacré à l’observation des effets de rapprochement des pubs et des contenus éditoriaux dans la presse féminine, dans le cadre du séminaire “Mythes, images monstres” (INHA, 27/05/2010).

Evoquant une «confusion organisée», Alexie a montré de façon convaincante comment, dans un environnement qui favorise l’interaction entre les messages publicitaires et le rédactionnel, la mise en page des journaux comme Elle ou Marie-Claire, grâce à des effets d’écho ou de glissement visuel (voir ci-dessus), produit une homogénéisation croissante des deux univers. Nettement perceptible depuis 2005, cette tendance serait encouragée par l’usage des banques d’images, la possibilité d’interrogation par mots-clés et l’indexation de notions comme la dominante de couleur d’une photo (lire également: “Manipuler l’image de presse?“).

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Publicité et contenu éditorial dans la presse féminine

Par  - 24 May 2010 - 9 h 12 min [English]

La prochaine séance du séminaire “Mythes, Images, Monstres”, jeudi 27 mai (INHA, salle Walter Benjamin, 18h-20h) accueillera Alexie Geers, doctorante à l’université Paris X, pour une présentation intitulée: “Publicité et contenu éditorial dans la presse féminine“.

(1) "Défendez votre visage", novembre 1937; (2) "Le joli hâle qui monte", juillet 1997; (3) publicité Roja, octobre 1937; (4) Publicité Galenic, janvier 1999; source: Marie-Claire.

“A partir du constat actuel que la lecture d’un magazine de presse féminine est brouillée par un rapprochement visuel entre contenu éditorial et publicité ne permettant pas toujours à la lectrice d’identifier les différents types de publications, nous nous attacherons à établir une chronologie comparée du rapport entre publicité et contenu éditorial dans Elle et Marie-Claire. Chronologie de l’évolution numéraire de la publicité dans le magazine, chronologie du rapport spatial entre contenu éditorial et publicité, chronologie des codes de représentations de chaque type de publication pour mieux appréhender les évolutions visuelles de la presse féminine. Cette mise en perspective nous permettra de montrer que l’efficacité de ces magazines ne réside pas uniquement dans l’image mais dans un dispositif global où la différenciation entre publicité et contenu éditorial perd de sa validité dès lors que les deux types de contenus servent une mise en récit plus général d’un corps féminin idéal, propre à fasciner la lectrice.”

The Age of the Photo Agency

Par  - 24 May 2010 -  [English]

Diaporama sonore de l’intervention de Matthias Bruhn dans le cadre du séminaire “Mythes, Images, Monstres”, EHESS/Lhivic, INHA, jeudi 20 mai 2010 (anglais, 41′).

Maître de conférences à la Humboldt Universität de Berlin, Matthias Bruhn a notamment publié: Bildwirtschaft. Verwaltung und Verwertung der Sichtbarkeit, VDG Verlag, Weimar, 2003.

La photo de classe

Par  - 21 May 2010 - 9 h 43 min [English]

Farceurs, inventifs et charmants. L’autre semaine, les étudiants du Lhivic m’ont entrainé dans un piège soigneusement préparé: le remake scénarisé du rituel de la photo de classe. Dans cette image semi-composée, réalisée place Colette le jour de la manifestation des intermittents du spectacle par Didier Roubinet, ils sont presque tous réunis, chacun avec un accessoire évoquant le sujet de recherche en cours (cliquer pour agrandir). Cette photo m’a été offerte le jour de l’anniversaire des cinq ans du Lhivic. C’est peu dire que j’ai été touché par une si jolie attention. Merci à Audrey, Gaby et Didier, merci à toutes et tous pour votre humour et votre délicatesse!

Une petite éternité

Par  - 21 May 2010 -  [English]

Toast prononcé à l’occasion de l’anniversaire des cinq ans du Lhivic et de l’inauguration de Culture Visuelle, le 19 mai 2010 à l’INHA.

«Forger le nom d’une nouvelle entité académique est un exercice qui n’est pas de tout repos. Je me souviens du jour où Louis Marin nous annonçait, dans les couloirs de la rue de la Tour, la création du nouveau groupe de recherche, qui ne s’appelait pas encore le CRAL mais (puisque c’était un groupe et non un centre) le GRAL – un nom aux connotations évocatrices bienvenues, qui le rendaient tout guilleret. Contrairement à ce nom, celui du Lhivic, comme celui du Kodak, ne signifie rien d’autre que lui-même. Le Lhivic a failli s’appeler le CRIC (Centre de recherche sur les images contemporaines). Il aurait pu s’appeler le LHVC. Mais au moment de nommer cette nouvelle entité, il m’a paru que les deux points sur les “i” de l’histoire visuelle allaient être les yeux dont nous avions besoin pour construire la nouvelle science des images. En cinq ans, ce nom propre est devenu un nom commun, un mot que vous vous êtes appropriés, vous qui l’avez fait exister.

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Le Lhivic fait son show

Par  - 19 May 2010 - 10 h 25 min [English]

Créé en mai 2005, le Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine (Lhivic) fête aujourd’hui ses cinq ans, et invite tous ses amis à venir boire un verre à l’INHA pour célébrer cet anniversaire, ainsi que l’inauguration officielle de la plate-forme Culture Visuelle (18h, salle Aby Warburg).

Cinq ans d’activités du Lhivic en 216 images.

Rimbaud, la photo infidèle à l'icône

Par  - 15 May 2010 - 22 h 35 min [English]

Il y a un mois était publiée une image inédite, supposée dévoiler pour la première fois le visage de Rimbaud adulte. Info ou intox? Je l’avoue: j’ai longtemps penché pour la seconde option. Parce que ce Rimbaud-là ne me paraissait tout simplement pas ressemblant, et parce que cette histoire de photo retrouvée avait l’odeur d’encens des légendes et des cultes. J’y voyais l’acharnement des adeptes du suaire de Turin qui, ayant une fois pour toutes décidé du caractère surnaturel du drap, accumulent les preuves les plus étranges, en dépit d’un évident défaut de méthode.

(1) "Sur le perron de l'hôtel de l'Univers", Aden, 9,6 x 13,6 cm, v. 1885. Tirage découvert par Alban Caussé et Jacques Desse en 2008.

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Journées d'études "There is no such thing as nature!"

Par  - 13 May 2010 - 19 h 59 min [English]

Redéfinition et devenir de l’idée de nature dans l’art contemporain

31 mai–1 juin 2010. INHA, 2, rue Vivienne, 75002, Paris, galerie Colbert, salle Jullian. Responsable scientifique: Marion Duquerroy (Paris 1).

Argument. Comment aborder la question de l’idée de nature aujourd’hui? Il est indéniable que les préoccupations écologiques ont remis le sujet au goût du jour mais d’autres facteurs sont en jeu. La société contemporaine modifie incessamment les limites de ce terme allant de l’environnement au paysage balafré et passant par la question du naturel et bien d’autres. Ces deux journées d’études auront pour objectif de reconsidérer l’idée de nature au vue des relations nouvelles qu’entretiennent les hommes avec leur environnement, les sciences et techniques, les nouvelles théories et courants de pensée. Nous étudierons ses répercussions sur le monde de l’art, de l’image, tout en discutant les propositions de différents artistes. Le sujet du paysage d’abord, avec l’avènement de nouvelles problématiques exposées par les cultural landscapes adoptant l’espace industriel et la ville dans ses recherches. La nature n’est plus uniquement pastorale et romantique mais aussi citadine et lourdement façonnée, voire endommagée par l’homme. Dans ce contexte, la nature devient le reflet de nos problèmes sociétaux; se fait l’écho de l’anxiété face à un futur incertain et désenchanté ou, au contraire, celui rêvé d’un retour vers une forme idyllique. Puis le thème des sciences et nouvelles techniques de manipulation agissant directement sur les corps, la faune et la flore, transcendant, de ce fait, ce qui était tenu pour naturel. Quelle est la position des artistes face à ces transformations qui rapprochent à grands pas la réalité des récits de science fiction? Habitué à dominer la nature, l’homme perd ses repères confronté à une nature devenue incontrôlable, catastrophique allant parfois, jusqu’à brouiller les limites de l’homme et l’animal.

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Culture Visuelle, peinture fraîche

Par  - 10 May 2010 - 11 h 29 min [English]

Culture Visuelle a ouvert sa version de préfiguration le 9 novembre 2009. Après six mois d’efforts de l’équipe fondatrice, nous avons le plaisir d’annoncer le lancement de la version 1.0 de la plate-forme. Je remercie avec chaleur tous les auteurs, éditeurs, graphiste, développeur, ingénieurs, conseillers et betatesteurs (avec le précieux soutien technique de nos amis de 22mars, créateurs d’Owni ou de Paris Tech Review), qui ont participé avec l’enthousiasme des débuts à la création de ce nouveau format de publication: le premier média social d’enseignement et de recherche français.
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