Colloque "De l’objectivité figurée aux figures du savoir"

Par  - 23 January 2012 - 11 h 46 min [English]

Colloque “De l’objectivité figurée aux figures du savoir“, 30-31 janvier 2012 à l’Institut national d’histoire de l’art et à l’Ecole normale supérieure et à l’ENS (30/01: INHA, Salle Giorgio Vasari; 31/01: ENS, salle Dussane). Colloque organisé par Claude Imbert (ENS) et Anne Lafont (INHA).

Argument: Affranchies du galiléisme mathématique mais travaillées par son idéal, les sciences expérimentales ont sollicité l’observation, le témoignage, le catalogue, la comparaison. Au tournant du xixe siècle, des atlas de tout genre ont visé l’univers des choses, des lieux et des comportements. Sous le terme d’objectif, la photographie associait un dispositif et un programme et confirmait une épistémologie de l’objet. L’objectivité structurale a succédé à l’objectivité mécanique, sans se libérer d’une demande aporétique. Les normes de l’objectivité et ses déboires s’y redessinent dans la mouvance d’un propos éthique.
Lorraine Daston et Peter Galison ont exploré ce domaine et y ont relevé des cas extrêmes dans un livre qui a marqué un seuil (Objectivity – 2007). Aujourd’hui, saluant la traduction française de l’ouvrage, ce colloque s’ouvrira largement sur les motivations et figures de savoir récemment déployées. Un recours généralisé aux figurations les plus diverses, l’intégration du visuel et du graphique dans un contexte cognitif encore opaque, une approche anthropologique, ont contourné l’esthétique tandis que l’écran informatique brouillait l’opposition entre sciences dites naturelles et sciences humaines. S’impose un redéploiement des usages et des attentes.
Ces journées s’attacheront à ce qui donne à la figure et à l’image une portée marginalement réaliste, une puissance indirecte de savoir, un intérêt propre qui modifient incessamment les protocoles intellectuels et leurs marges. Ambiguïtés mal débrouillées, diront certains ? On y répondra en se référant aux virtualités mentales et techniques qui s’y manifestent, par nature inépuisables et mal identifiées. Deux journées seront dédiées à ces configurations de savoir surgissantes, faisant droit à l’histoire, à l’anthropologie et à quelques projets contemporains remarquables.

Lundi 30 janvier (INHA, salle Vasari, 2, rue Vivienne, 75002 Paris)

  • 10h-12h30. Objectivité – Les entours d’une focalisation déjouée (président de séance : Patrice Duran)
  • Introduction par Antoinette Le Normand Romain (INHA) et Patrice Duran (IEA)
  • Lorraine Daston (Max Planck Institut, Berlin) et Peter Galison (Harvard University) expliciteront l’avant et l’après d’une recherche menée dans la perspective d’une histoire sociale des sciences.
  • Bruno Latour (Institut des Sciences politiques, Paris) introduira le dialogue sur les aventures d’une objectivité confusément travaillée par une phénoménologie de l’objet mais incapable de maintenir son positivisme déclaré.
  • Débat ouvert par Alain Schnapp (co-Directeur de l’IEA, Paris), Bruno Latour et Claude Imbert
  • 14h15-18h30. Anthropologie de L’image médiatrice (président de séance: Alain Schnapp)
  • Carlo Severi (EHESS), “L’image contrefactuelle. Objectivité et agentivité du regard. Trois analyses de cas”
  • Jean Attali (ENSBA), “Diagrammes urbains”
  • Claude Imbert, “Note sur quelques diagrammes logiques”
  • Caroline Jones (MIT- Cambridge), “Embodied Experience anti-visual, kinaesthetic and visceral components of the aesthetic encounter”
  • Philippe Descola (Collège de France), “L’animation des images”

Mardi 31 janvier (ENS-Ulm, salle Dussane, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris)

  • 9h00-13h00. Histoire des sciences, histoire de L’art: un carrefour d’image (président de séance: Claude Debru)
  • Introduction par Ségolène le Men (Nanterre/IUF), “L’image imprimée”
  • Anne Lafont (INHA), “Les Naturels de 1800: où et comment?”
  • Elie During (Nanterre, IREPH), “Ce que les philosophes ont vu dans les diagrammes de Minkowski”
  • Alexandre Laumonier, “Divide et impera. Tabularité et rationalité, le dictionnaire de Bayle”
  • Peter Galison, “Projet en collaboration avec William Kentridge: Documenta, Kassel 2012”
  • 14h-18h. D’hier à aujourd’hui (présidentes de séance: Anne Lafont, Claude Imbert)
  • Charlotte Guichard (CNRS), “D’après nature? L’autorité de l’image dans les savoirs artistiques et naturalistes du XVIIIe siècle”
  • Charles Malamoud (EPHE), “Diagrammes, machines, machinations”
  • Christian Joschke (Lyon 2), “Le savant en photographe amateur”
  • Jean-Philippe Antoine (Université de Paris 8 Vincennes Saint-Denis), “Samuel Morse : peinture, transport, information”
  • Lorraine Daston, “Règles et rationalité pendant la guerre froide”
  • Conclusion: Perspectives de recherche

La traduction française de l’ouvrage de Lorraine Daston et Peter Galison, Objectivity, (New York, Zone Books, 2007) paraîtra aux Presses du réel.

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