{"id":2820,"date":"2013-10-14T18:39:56","date_gmt":"2013-10-14T16:39:56","guid":{"rendered":"http:\/\/culturevisuelle.org\/icones\/?p=2820"},"modified":"2013-10-14T18:39:56","modified_gmt":"2013-10-14T16:39:56","slug":"le-blogging-academique-entre-art-et-science","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/2820\/","title":{"rendered":"Le blogging acad\u00e9mique, entre art et science"},"content":{"rendered":"<p><em>(English version below) <\/em>La micro-publication est un nouvel outil de la recherche. Et comme tous les nouveaux outils, elle bouscule le paysage existant. On peut adopter trois attitudes face \u00e0 cette nouvelle donne. Soit l&rsquo;ignorer, et continuer comme avant. Soit tenter de minimiser ces aspects d\u00e9rangeants, pour les int\u00e9grer en douceur. On peut aussi essayer de mieux comprendre en quoi les nouveaux usages interrogent les pratiques existantes, et pourquoi ils soulignent leurs limites.<\/p>\n<p><strong>La dynamique de la conversation<\/strong><\/p>\n<p>Je voudrais examiner deux caract\u00e9ristiques majeures des outils de micro-publication (j&rsquo;inclus dans cette cat\u00e9gorie aussi bien les blogs, les wikis que l&rsquo;usage des reseaux sociaux). La premi\u00e8re est la dynamique de la conversation. A la diff\u00e9rence des outils de publication classiques, qui visent la diffusion des r\u00e9sultats, la micro-publication se destine \u00e0 la conversation. Comme un s\u00e9minaire de recherche ou un colloque, elle propose \u00e0 la discussion des observations ou des hypoth\u00e8ses qui attendent le compl\u00e9ment d&rsquo;une mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve publique.<\/p>\n<p><!--more-->Ce tr\u00e8s vieux syst\u00e8me existe depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9, et a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 par la th\u00e9ologie ou la philosophie pour mettre au point des notions plus robustes que celles propos\u00e9es par des individus isol\u00e9s. Il semble que l&rsquo;exp\u00e9rience ait montr\u00e9 que ce syst\u00e8me produisait de bons r\u00e9sultats, et c&rsquo;est depuis que les pratiques savantes reposent pour une large part sur une <em>science de la conversation<\/em> (nous appelons cela d&rsquo;une expression plus moderne: la sociologie des controverses).<\/p>\n<p>La micro-publication ne vise pas \u00e0 concurrencer la publication de r\u00e9sultats, comme ceux propos\u00e9s par les revues <em>peer-reviewed<\/em>. Celui qui se sert de cet outil recherche la conversation, pr\u00e9cis\u00e9ment parce que ce qui y est soumis est encore en cours de mise au point. La micro-publication ne se confond pas avec la publication, elle en est plut\u00f4t un stade pr\u00e9liminaire.<\/p>\n<p>Mais si la micro-publication est un stade pr\u00e9liminaire, elle n&rsquo;en r\u00e9v\u00e8le pas moins le fort besoin de mise en forme collective. Un besoin que l&rsquo;espace acad\u00e9mique semble avoir pris en compte, puisque nous disposons d&rsquo;outils collectifs comme le s\u00e9minaire de recherche ou le colloque.<\/p>\n<p>Or, ce que nous montre la pratique du blogging, c&rsquo;est qu&rsquo;en cette mati\u00e8re, on est encore tr\u00e8s en-de\u00e7a des besoins, et qu&rsquo;on pourrait faire beaucoup mieux. Si les blogueurs scientifiques souhaitent la conversation, la r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale est que la conversation r\u00e9elle est le plus souvent moindre que ce qu&rsquo;ils attendent. Dans mon cas, je sais que je publie beaucoup \u00e0 l&rsquo;intention de mes \u00e9tudiants et doctorants. Or ce sont probablement ceux qui r\u00e9agissent le moins \u00e0 mes publications, alors que j&rsquo;obtiens plus facilement des r\u00e9actions de participants plus \u00e9loign\u00e9s de l&rsquo;univers acad\u00e9mique.<\/p>\n<p>Il y a bien s\u00fbr une dimension de \u00ab\u00a0conversation silencieuse\u00a0\u00bb (Dacos) que je n&rsquo;oublie pas. Mais je crois globalement que notre culture de la participation est en-de\u00e7a de ce qu&rsquo;elle pourrait \u00eatre, et en-de\u00e7a des attentes que traduisent l&rsquo;usage des micro-publications. Nous savons bien que les lecteurs des blogs se comportent plus volontiers comme des consommateurs que comme des participants.<\/p>\n<p>Rien d&rsquo;\u00e9tonnant. Les sciences sociales, tout particuli\u00e8rement, favorisent l&rsquo;apprentissage solitaire plut\u00f4t que le travail d&rsquo;\u00e9quipe. La th\u00e8se de doctorat constitue la cl\u00e9 de vo\u00fbte d&rsquo;un syst\u00e8me qui ne valorise nullement le travail collectif.<\/p>\n<p>La th\u00e8se, dans la forme qui est habituellement pratiqu\u00e9e en SHS, est un exercice d&rsquo;un autre si\u00e8cle. J&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 eu l&rsquo;occasion \u00e0 plusieurs reprises de voir des \u00e9tudiants que j&rsquo;avais form\u00e9 \u00e0 la micro-publication revenir \u00e0 leurs mauvaises habitudes au moment de la r\u00e9daction de la th\u00e8se: abandonner l&rsquo;exposition \u00e0 la conversation, revenir \u00e0 la r\u00e9flexion solitaire &#8211; et au fichier Word -, pour satisfaire aux exigences de l&rsquo;institution. Je pense que la micro-publication, qui permet d&rsquo;obtenir plus rapidement des r\u00e9sultats tout aussi int\u00e9ressants, nous permet de r\u00e9fl\u00e9chir en profondeur \u00e0 des alternatives p\u00e9dagogiques, qui permettraient \u00e9galement d&rsquo;am\u00e9liorer la production scientifique.<\/p>\n<p><strong>Les b\u00e9n\u00e9fices de l&rsquo;exposition<\/strong><\/p>\n<p>Une question souvent pos\u00e9e est celle de la pertinence de la publication pr\u00e9liminaire. Seule l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une science infaillible et toute-puissante conduit \u00e0 rejeter cette possibilit\u00e9. Une vision moins th\u00e9ologique conclut au contraire \u00e0 l&rsquo;utilit\u00e9 de formes prop\u00e9deutiques, qui sont autant d&rsquo;outils d&rsquo;apprentissage.<\/p>\n<p>Je prendrai un exemple simple. Il arrive \u00e0 des coll\u00e8gues ou des amis de louer la clart\u00e9 de mon style. Comme nous le savons tous, cette qualit\u00e9 pr\u00e9cieuse est le fruit de longs efforts. Dans mon cas, ces efforts sont grandement facilit\u00e9s par la pratique r\u00e9guli\u00e8re du blogging.<\/p>\n<p>L&rsquo;exposition publique de travaux ou d&rsquo;intuitions, m\u00eame \u00e0 un stade pr\u00e9liminaire, impose un effort de formalisation qui donne au billet de blog un caract\u00e8re plus \u00e9labor\u00e9 que n&rsquo;importe quelle autre forme de notation. Tous ceux qui le pratiquent savent \u00e0 quel point le premier b\u00e9n\u00e9ficiaire de cet effort est le r\u00e9dacteur lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;exposition publique nous confronte \u00e9galement \u00e0 un public plus divers que celui de la sph\u00e8re acad\u00e9mique. Comme dans un cours o\u00f9 l&rsquo;enseignant s&rsquo;adapte \u00e0 son public, cette pr\u00e9sence invite \u00e0 un effort suppl\u00e9mentaire. Nous savons qu&rsquo;une expression claire n&rsquo;est pas qu&rsquo;une question de style, mais plus profond\u00e9ment la traduction d&rsquo;une structuration intellectuelle ad\u00e9quate.<\/p>\n<p>On m&rsquo;a parfois demand\u00e9 si je faisais la part, sur mon blog, entre mon activit\u00e9 savante proprement dite et d&rsquo;autres types d&rsquo;intervention. En r\u00e9alit\u00e9, la question ne se pose pas pour moi en ces termes. Le blog m&rsquo;a appris l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9. Que ce soit par certains commentaires, ou par le choix de sujets plus proches de l&rsquo;actualit\u00e9, c&rsquo;est mon exposition publique qui m&rsquo;a appris \u00e0 composer avec des facteurs dont je tenais pas compte. Ce sont tr\u00e8s souvent ces \u00e9l\u00e9ments externes qui m&rsquo;ont mis sur des pistes inattendues ou conduit \u00e0 des reformulations importantes. Sur un blog scientifique, tout devient mat\u00e9riel de l&rsquo;analyse. L&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9, comme il se doit en sciences sociales, est un carburant, et le lecteur peut voir comment un sujet courant se transforme en objet de recherche.<\/p>\n<p>Cette observation rejoint plus globalement celle des b\u00e9n\u00e9fices de l&rsquo;<em>Open access<\/em>. On peut dire que l&rsquo;exposition publique fonctionne comme une injonction \u00e0 la formalisation, mais aussi \u00e0 l&rsquo;it\u00e9ration et \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rimentation. En d&rsquo;autres termes, cet exercice, qui ne peut par d\u00e9finition s&rsquo;appliquer qu&rsquo;\u00e0 des travaux pr\u00e9liminaires, est une remarquable machine p\u00e9dagogique. C&rsquo;est parce qu&rsquo;il porte sur des intuitions ou des hypoth\u00e8ses qu&rsquo;il peut \u00eatre reproduit plus souvent qu&rsquo;un article final, et c&rsquo;est parce qu&rsquo;il donne plus souvent l&rsquo;occasion d&rsquo;exercer ses capacit\u00e9s de formalisation qu&rsquo;il est formateur.<\/p>\n<p>On peut penser ici particuli\u00e8rement aux jeunes chercheurs, pour lesquels cette capacit\u00e9 pourrait \u00eatre un appui pr\u00e9cieux &#8211; si elle \u00e9tait int\u00e9gr\u00e9e de mani\u00e8re plus usuelle aux pratiques de la recherche. Mais je voudrais,\u00a0l\u00e0 aussi, insister sur le fait que nous avons tous besoin de mieux ma\u00eetriser notre expression, nous avons tous besoin de multiplier les occasions d&rsquo;exp\u00e9rimentation. Or, la culture du r\u00e9sultat publi\u00e9 qui p\u00e8se sur l&rsquo;univers acad\u00e9mique produit les effets strictement inverses.<\/p>\n<p>Je pourrais allonger la liste de ces contradictions. Vous voyez o\u00f9 elles nous conduisent. La micro-publication n&rsquo;est pas seulement un outil int\u00e9ressant pour la recherche, c&rsquo;est un dispositif dont les qualit\u00e9s font appara\u00eetre les limites de nos pratiques usuelles, et qui montre que des besoins existent auxquels nous ne r\u00e9pondons pas suffisamment.<\/p>\n<p>Les non-usagers du blogging m&rsquo;ont souvent interrog\u00e9 sur la l\u00e9gitimit\u00e9 de ces outils. Par cette question, ils se posaient en d\u00e9tenteurs d&rsquo;une l\u00e9gitimit\u00e9, sans jamais s&rsquo;interroger sur celle de leurs propres pratiques. Mais l&rsquo;usage du blog r\u00e9v\u00e8le que nos formes et usages canoniques peuvent \u00eatre am\u00e9lior\u00e9s, et montre qu&rsquo;il existe d&rsquo;autres exercices productifs de savoir. Il modifie \u00e9galement le rapport \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9, et fait appara\u00eetre que le risque v\u00e9ritable est d&rsquo;accorder plus de valeur \u00e0 la production de l&rsquo;autorit\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 celle des connaissances.<\/p>\n<p>Or, et c&rsquo;est peut-\u00eatre la contradiction la plus frustrante, force est aujourd&rsquo;hui de constater que les efforts d&rsquo;institutionnalisation des pratiques de micro-\u00e9dition, notamment \u00e0 travers une formation syst\u00e9matique, sont soit embryonnaires soit absents. Le blogging reste pour l&rsquo;essentiel une pratique en amateur d&rsquo;usagers auto-form\u00e9s, qui n&rsquo;a pas d&rsquo;incidence sur la carri\u00e8re.<\/p>\n<p>Cette situation encore largement exp\u00e9rimentale ne correspond pas aux principes de syst\u00e9matisation qui ont fait la force de l&rsquo;univers acad\u00e9mique. Et nous savons bien qu&rsquo;en l&rsquo;absence d&rsquo;institutionnalisation de ces outils, ceux-ci resteront l&rsquo;apanage d&rsquo;une petite\u00a0\u00e9lite de chercheurs, parmi les plus productifs.<\/p>\n<p>Pour modifier cette situation, il me semble qu&rsquo;il ne faut pas en rester \u00e0 une simple r\u00e9flexion sur les outils, mais interroger plus fondamentalement les principes et les modalit\u00e9s de la recherche.\u00a0Voulons-nous adapter les formes de la recherche aux nouvelles conditions de sa pratique?\u00a0Souhaitons-nous \u00e9laborer une recherche plus efficace, plus transparente et plus collective? En ce cas, il existe des outils qui peuvent nous y aider, dont le fonctionnement a \u00e9t\u00e9 longuement test\u00e9. Ne pas les int\u00e9grer \u00e0 nos pratiques ne serait que la d\u00e9monstration de notre incapacit\u00e9 \u00e0 faire \u00e9voluer la recherche.<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Academic blogging, between art and science<\/strong><\/p>\n<p>Micro-publishing is a new research tool. And like all new tools, it is disturbing the existing landscape. To face this new situation, we can adopt three attitudes: either ignore it and continue doing as before, either try to minimize these disturbing aspects to integrate it more smoothly. Or we can also try to understand how these new uses are questioning existing practices and how they highlight the limitations of the latter.<\/p>\n<p><strong>The dynamics of the conversation<\/strong><\/p>\n<p>I would like to examine two major characteristics of micro-publishing tools (in this category I include blogs, wikis and\/or social networks as well). The first is the conversation dynamic. Unlike traditional tools of publication, aimed at the diffusion of results, micro-publishing is intended for conversation. Like a research seminar or a conference, it offers a place for discussion of assumptions or partial results exchange, that are waiting to be completed by a more public examination.<\/p>\n<p>This system has existed since ancient times, and was used by theology or philosophy to develop concepts more robustly than those produced by isolated individuals. Moreover, since the practice of science depends to a large extent on a knowledge of conversation (that what we now call with a more modern name: the sociology of controversies), it seems that experience has shown that this system produces better results.<\/p>\n<p>Micro-publishing is not intended to compete with the publication of results produced by peer-reviewed journals. Most of those who use these tools search for conversation, precisely because the material is still under a development stage. Micro-publishing should not be confused with publication, it is therefore rather its preliminary stage.<\/p>\n<p>But if the micro-publishing is a preliminary stage, it does reveal a strong need for collective working out. A need that academic space seems somehow to have taken into account: we have created collective tools like research seminars or conferences.<\/p>\n<p>But what the practice of blogging reveals is that regarding this matter, we are still far short of needs, and we could do much better. Scholar bloggers publish because they search for conversation. However, the general rule is that the actual conversation is often less than what they expected it to be. In my personal case, I intend to primarily publish for my graduate students. But these are probably the ones who react the less to my publications and I get more easily reactions of participants who are farther from the academic world.<\/p>\n<p>There is of course a \u00ab\u00a0silent conversation\u00a0\u00bb dimension that I do not intend to forget. Nevertheless, I overall think our culture of participation is far below what it could be, and these expectations are reflected by the use of micro-publishing. We know that blog readers behave more likely as consumers than as participants.<\/p>\n<p>Nothing surprising. Social sciences, especially, promote solitary learning rather than teamwork. The PhD is the cornerstone of a system where collective work is not valued.<\/p>\n<p>The thesis, in the form in which it is usually performed in the social sciences nowadays, is an exercise that rather belongs to another century. On several occasions I have had the opportunity to see students that I had trained in micro-publishing return, at the time of writing their PhD, to former bad habits, abandoning the benefits of conversation, going back to solitary reflection \u2013 and to the use of Microsoft Word -, in order to meet the institutionnal requirements. I think that micro-publishing, which provides faster results, can be equally interesting. It can also allow us to think deeply about educational alternatives that could improve scientific production.<\/p>\n<p><strong>The benefits of exposition<\/strong><\/p>\n<p>A question often asked is: what is the relevance of this type of preliminary publication? Only the vision of an infallible and omnipotent science could lead to reject this preliminary publication possibility. Some less theological vision conclude on the contrary to the usefulness of pre-academic forms, all of which are educational tools as well.<\/p>\n<p>I&rsquo;ll take a simple example. It happens to colleagues or friends of mine to praise the clarity of my style. It&rsquo;s a very big compliment. As we all know, this precious quality is merely the result of long efforts. In my case, these efforts are greatly facilitated by the regular practice of blogging.<\/p>\n<p>The public exposition of hypothesis or intuitions, even at a preliminary stage, requires a formalization effort that gives the blog a more elaborate character than any other notation tool. All those who practice it know how the first beneficiary of this effort is the publisher himself.<\/p>\n<p>But public exposition also confronts us with a more diverse sphere than only what the academic audience is. Like in a class where the teacher adapts to his\/her audience, this digital presence invites to an additional effort. We know that a clear expression is not only a matter of style but is more deeply the translation of a good\/clear intellectual structuration.<\/p>\n<p>I had been sometimes asked if I could separate, on my blog, between my scholar activity and other types of interventions. In reality, the question does not arise for me in those terms. Micro-publishing has taught me about alterity. Whether by some comments, or by choosing a topic closer to hard news, it is my own online exposition that has taught me how to deal with factors that I had not figured to take into account.<\/p>\n<p>Very often these external factors have brought me new material, unexpected questions or lead me to significant reformulations. On a scientific blog, everything becomes the material of the analysis. On one hand alterity is a fuel &#8211; as it should be in social science -, and on the other hand, your audience sees how a current topic is transformed into a scholarly question.<\/p>\n<p>This observation matches more generally the benefits of Open access. We can say that the public exposition operates as an injunction towards formalization, but also towards iteration and experimentation.<\/p>\n<p>In other words, this exercise, which by definition can only be applied to preliminary work, is a remarkable training machine. This is not only because it focuses on brief case studies or hypotheses that can be replicated and debated more often than in a final article, but also because it gives more opportunities to exercise and train to concept formalization.<\/p>\n<p>One can particularly think here on young scholars, for whom this capacity could be a very valuable support \u2013 had it been better integrated in our usual research practices. But I would, too, insist on the fact that we all need to improve our expression and intellectual tools; we all need more opportunities for experimentation. Despite of that, the culture of published results still nowadays reigns the academic world and even produces strictly adverse effects.<\/p>\n<p>I could extend this list of contradictions, but I hope you get my point: micro-publishing is not just an interesting research tool, it is one which qualities reveal the limits of our habitual\/daily\/everyday practices, and shows that there are several needs that exist and to which we are not yet responding correctly.<\/p>\n<p>Non-blogging users often ask on the legitimacy of micro-publishing. By asking this, they self stand as holders of legitimacy, without even questioning the legitimacy of their own practices. But the use of the blog reveals that our canonical forms and practices can be improved and shows that there may be other tools to produce knowledge. It also changes the relation to the question of authority, by showing that the real risk is to give more value to the production of authority than to the production of knowledge itself.<\/p>\n<p>However, and this is perhaps the most frustrating contradiction, it is now clear that the efforts to institutionalize micro-publishing, through systematic training for instance, is either embryonic or absent. Blogging stays essentially a practice of self-trained amateur users, which has no impact on their academic careers.<\/p>\n<p>This still largely experimental situation is inconsistent with the principles of systematization that makes the very strength of the academic world. And we know that in the absence of institutionalization of these tools, they will remain to preserve a small elite of scholars: those who are among the most productive ones.<\/p>\n<p>To change this situation, it seems to me that we should not only think about the tools themselves, but we should more fundamentally question the principles and methods of doing research. Do we want to adapt the forms of research to the its new conditions and practices? Do we want to develop a more transparent, efficient and collective research? In this case, there are tools that can help us, which functions have been extensively tested. Not including them in our practices would demonstrate our inability to improve scholar research.<\/p>\n<p><em>Versions fran\u00e7aise et anglaise de mon intervention au panel \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.wssf2013.org\/panel-comit\u00e9\/minor-forms-academic-communication-revamping-relationship-between-science-and-society\" target=\"_blank\">Minor forms of academic communication: revamping the relationship between science and society?<\/a>\u00ab\u00a0, dirig\u00e9 par <a href=\"http:\/\/blog.homo-numericus.net\/article11261.html\" target=\"_blank\">Marin Dacos<\/a>, avec <a href=\"http:\/\/freakonometrics.hypotheses.org\/\" target=\"_blank\">Arthur Charpentier<\/a> et <a href=\"http:\/\/politicsofreligion.hypotheses.org\/\" target=\"_blank\">Lo\u00efc Le Pape<\/a>, Forum mondial des sciences sociales, Montr\u00e9al, 14 octobre 2013 (<a href=\"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2013\/10\/academicblogging.pdf\">pdf<\/a>).<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(English version below) La micro-publication est un nouvel outil de la recherche. 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