{"id":56,"date":"2009-11-08T12:18:00","date_gmt":"2009-11-08T10:18:00","guid":{"rendered":"http:\/\/culturevisuelle.org\/icones\/?p=56"},"modified":"2009-11-08T12:18:00","modified_gmt":"2009-11-08T10:18:00","slug":"la-boite-noire-du-developpement-automatique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/56\/","title":{"rendered":"La bo\u00eete noire du d\u00e9veloppement automatique"},"content":{"rendered":"<figure style=\"width: 240px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.flickr.com\/photos\/gunthert\/3447869753\/\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/farm4.static.flickr.com\/3649\/3447869753_23d823ff3c_m.jpg\" alt=\"Denis Bernard, intervention du 16 avril 2009, INHA, s\u00e9minaire Recherches en histoire visuelle\" width=\"240\" height=\"174\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-caption-text\">Denis Bernard, intervention du 16 avril 2009, INHA, s\u00e9minaire &quot;Recherches en histoire visuelle&quot;<\/figcaption><\/figure>\n<p>Premier rendez-vous visuel avec l&rsquo;image photographique, le d\u00e9veloppement par immersion d\u2019un clich\u00e9 n\u00e9gatif dans des produits dits r\u00e9v\u00e9lateurs caract\u00e9rise \u00e0 la fois une technique et un imaginaire. Nomm\u00e9e latente, l\u2019image qui n\u2019est pas encore visible est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e chimiquement. Plus qu\u2019une r\u00e9elle r\u00e9v\u00e9lation, il s\u2019agit d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration et d&rsquo;amplification de la transformation engag\u00e9e par la lumi\u00e8re au c\u0153ur de la mati\u00e8re.<\/p>\n<p>Chaque support argentique, plaque, film ou papier, humide ou sec, est caract\u00e9ris\u00e9 par sa pr\u00e9paration chimique. \u00c0 chaque nouveau support correspond son panel de substances acc\u00e9l\u00e9ratrices. Une histoire id\u00e9ale de la chimie photographique aborde l\u2019\u00e9tude des transformations formelles des images &#8211; ses m\u00e9tamorphoses &#8211; et la construction du regard qui s&rsquo;y structure. Densit\u00e9s, textures, d\u00e9tails, intensit\u00e9s, nettet\u00e9 y prennent corps. \u00c0 chaque nouveau support son vocabulaire visuel et son registre de grammaire formelle qui en accompagne la lecture.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><strong>Un nouveau r\u00e9v\u00e9lateur rapide, puissant et automatique<\/strong><\/p>\n<p>Avant 1900, le d\u00e9veloppement &#8211; le terme et la pratique &#8211; d\u00e9crit \u00e0 la fois le mode d&rsquo;apparition du clich\u00e9 n\u00e9gatif et celui de l&rsquo;\u00e9preuve positive. En France, entre la fin d\u00e9cembre 1887 et janvier 1888, la pr\u00e9sentation de la formule d\u2019un nouveau produit r\u00e9v\u00e9lateur devant l&rsquo;assembl\u00e9e de la Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise de photographie fait pol\u00e9mique. Les publications qui s\u2019en suivent dans les colonnes des p\u00e9riodiques sp\u00e9cialis\u00e9s alimentent les d\u00e9bats.<\/p>\n<p>L\u2019essai de la formule pr\u00e9sent\u00e9e par Georges Balagny est soutenu bient\u00f4t par les fr\u00e8res Lumi\u00e8re, mais est vivement critiqu\u00e9 par des praticiens avertis comme Albert Londe. Ce dernier publie l&rsquo;ann\u00e9e suivante un <em>Trait\u00e9 pratique du D\u00e9veloppement<\/em> r\u00e9\u00e9dit\u00e9 quatre fois jusqu&rsquo;\u00e0 1904. Il y d\u00e9fend une conception du d\u00e9veloppement issu des pratiques du collodion sec et humide: le d\u00e9veloppement \u00e0 vue. Le genre d\u2019\u00e9crits sp\u00e9cialis\u00e9s qui d\u00e9crivent les manipulations de laboratoires, les tours de mains et les essais de formules se g\u00e9n\u00e9ralise et conna\u00eet un succ\u00e8s \u00e9ditorial.<\/p>\n<p>La formule controvers\u00e9e de Balagny est bas\u00e9e sur une mol\u00e9cule de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, issue de la suite aromatique: l&rsquo;hydroquinone. Encore mal connue, elle est d\u00e9j\u00e0 pourtant utilis\u00e9e et test\u00e9e en Allemagne, en Angleterre et aux \u00c9tats-Unis (Eder, 1880; Abney, 1881). Les qualit\u00e9s annonc\u00e9es des m\u00e9langes ouvrent une nouvelle voie dans la pratique et la pens\u00e9e du d\u00e9veloppement. Associ\u00e9e \u00e0 d\u2019autres composants du r\u00e9v\u00e9lateur, la puissance de la mol\u00e9cule d\u2019hydroquinone est telle que m\u00eame les images manquant de pose se voilent compl\u00e8tement. Une image trop expos\u00e9e noircit presque instantan\u00e9ment. La fulgurance de l\u2019action du bain, \u00e0 d\u00e9faut de faire appara\u00eetre l\u2019image, la fait dispara\u00eetre. Une nouvelle m\u00e9thode s&rsquo;impose, qui supplante, au moins dans ses effets d&rsquo;annonce, les anciens proc\u00e9d\u00e9s. La vision de l\u2019image dans le bain r\u00e9v\u00e9lateur devient un moment critique de la s\u00e9quence chimique.<\/p>\n<figure style=\"width: 240px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.flickr.com\/photos\/gunthert\/4085720836\/\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/farm3.static.flickr.com\/2747\/4085720836_bd1a9bc8b1_m.jpg\" alt=\"Cabinet noir du photographe, \u00e9clair\u00e9 par des carreaux jaunes.\" width=\"240\" height=\"240\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-caption-text\">Cabinet noir du photographe, \u00e9clair\u00e9 par des carreaux jaunes.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Cette puissance d\u2019une part et ce nouveau mode de d\u00e9veloppement d\u2019autre part ont une cons\u00e9quence inattendue. La lumi\u00e8re color\u00e9e qui plonge le laboratoire dans une ambiance rouge-orang\u00e9e ou jaune-verte est incrimin\u00e9e dans cette perte de l\u2019image. Aussi faible soit-elle, la lumi\u00e8re du laboratoire, le temps de regarder l\u2019image appara\u00eetre, menacerait son existence m\u00eame. En deux d\u00e9cennies, le laboratoire s\u2019assombrit progressivement et le contr\u00f4le visuel du d\u00e9veloppement est remis en question.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le prix de revient li\u00e9 au co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 de fabrication et du mode d&rsquo;extraction de la mol\u00e9cule, la chimie industrielle et photographique entre de plain-pied dans une nouvelle phase (de la Baume-Pluvinel, L-P. Clerc, Bensaude-Vincent, Anne Cartier-Bresson).<\/p>\n<p>La querelle s\u2019installe parmi les partisans du syst\u00e8me g\u00e9latino-argentique, proc\u00e9d\u00e9 dont la promesse est de fournir de nouvelles images instantan\u00e9es. Le gain de rapidit\u00e9 du temps de pose produit une sous-exposition caract\u00e9ristique qui doit \u00eatre compens\u00e9e. Deux possibilit\u00e9s s\u2019offrent alors. L\u2019une est li\u00e9e \u00e0 l\u2019action des produits r\u00e9v\u00e9lateurs toujours plus puissants. L\u2019autre fait appel \u00e0 un arsenal de proc\u00e9dures permettant de \u00abfouiller\u00bb l\u2019image jusqu\u2019\u00e0 obtenir son degr\u00e9 de visibilit\u00e9 suffisant, \u00e0 la seule condition de suivre l\u2019avanc\u00e9e des transformations \u00e0 vue, de suivre pr\u00e9cis\u00e9ment pas \u00e0 pas l\u2019image dans le cours m\u00eame de son apparition. La puissance active des bains compromet le contr\u00f4le \u00e0 vue. Le d\u00e9veloppement \u00e0 vue est en sursis. La perspective d\u2019une menace de cette vision directe du moment d\u2019apparition \u2013 lourde de cons\u00e9quences \u2013 est justifi\u00e9e par la modernit\u00e9 des nouveaux modes de proc\u00e9dures annonc\u00e9s. L\u2019id\u00e9e d\u2019un d\u00e9veloppement automatique, au sens d\u2019une garantie de r\u00e9sultat est envisag\u00e9e. Le d\u00e9veloppement est programm\u00e9 aveugle et doit donc \u00eatre chronom\u00e9tr\u00e9. Comment cette disparition du \u00abregard juge\u00bb au cours du d\u00e9veloppement a-t-elle r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019imposer?<\/p>\n<p>Entre 1881 et 1896 une vingtaine de mol\u00e9cules sont mises en \u00e9vidence et utilis\u00e9es dans des formules de r\u00e9v\u00e9lateurs toujours plus performants. La formule vant\u00e9e par Georges Balagny fait franchir un grand pas technique en introduisant l\u2019usage de produits m\u00e9lang\u00e9s pr\u00eats \u00e0 l\u2019emploi. La diff\u00e9rence est essentielle. Car le suivi \u00ab\u00e0 vue\u00bb ne s\u2019op\u00e8re plus dans les m\u00eames conditions qu\u2019avec l\u2019usage ant\u00e9rieur des produits s\u00e9par\u00e9s. Les propri\u00e9t\u00e9s de l\u2019image n\u2019apparaissent plus au m\u00eame moment ni de la m\u00eame mani\u00e8re. L\u2019incorporation d\u2019un produit mod\u00e9rateur comme le bromure de potassium dans les bains joue le r\u00f4le d\u2019anti-voile et de mod\u00e9rateur de la r\u00e9action. Il aura fallu trouver des produits ralentissant l\u2019action puissante des nouvelles mol\u00e9cules. La dur\u00e9e du d\u00e9veloppement change, elle aussi, comme change le moment de la venue des d\u00e9tails et des densit\u00e9s de l\u2019image. Le regard s\u2019est non seulement transform\u00e9 mais s\u2019est \u00e9galement d\u00e9plac\u00e9. L\u2019image d\u00e9crite en train d\u2019appara\u00eetre appartient maintenant \u00e0 la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e et n\u2019est plus la seule mani\u00e8re de penser la production des clich\u00e9s.<\/p>\n<figure style=\"width: 500px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.flickr.com\/photos\/gunthert\/4085721814\/\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/farm4.static.flickr.com\/3533\/4085721814_b647f71140.jpg\" alt=\"Variations \u00e0 apporter au d\u00e9veloppement suivant la nature de lobjet \u00e0 reproduire.\" width=\"500\" height=\"354\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-caption-text\">Variations \u00e0 apporter au d\u00e9veloppement suivant la nature de l&#39;objet \u00e0 reproduire.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Quel est le bon moment pour arr\u00eater le d\u00e9veloppement lorsque ce dernier ne se fait plus \u00e0 vue? Et comment r\u00e9cup\u00e9rer apr\u00e8s-coup des manques ou des exc\u00e8s survenus dans ce temps aveugle du d\u00e9veloppement? Ce sera le r\u00f4le des produits affaiblisseurs ou renfor\u00e7ateurs qui seront m\u00e9thodiquement \u00e9tudi\u00e9s et conna\u00eetront un r\u00e9el essor (Farmer, 1884).<\/p>\n<p>Les photographes menac\u00e9s dans cet espace de visibilit\u00e9 paradoxale inventent des parades proc\u00e9durales pour neutraliser ces retards \u00e0 la vision directe. La lecture des r\u00e9cits minutieux et des descriptions d\u00e9taill\u00e9es d&rsquo;images qui se r\u00e9v\u00e8lent traduit en retour un regard qui s&rsquo;adapte et s\u2019observe \u00abt\u00e9moin voyant\u00bb des qualit\u00e9s subtiles de l\u2019image au cours de sa m\u00e9tamorphose chimique. Les limites du regard seraient-elles atteintes dans cet exercice? Une nouvelle image serait-elle garantie meilleure par la condition de ne plus vue dans la temporalit\u00e9 de son apparition?<\/p>\n<p><strong>Voiles, halos, solarisations. D\u00e9sensibilisons.<\/strong><\/p>\n<p>Les descriptions des moments du d\u00e9veloppement nous donnent l&rsquo;occasion d&rsquo;accompagner les photographes dans ce qui fait le myst\u00e8re et l&rsquo;\u00e9trange atmosph\u00e8re qui affecte les laboratoires. La description du moment du d\u00e9veloppement va tenter de \u00ab\u00a0ralentir\u00a0\u00bb l&rsquo;aveuglement du photographe et la venue fulgurante de l&rsquo;image, lorsqu\u2019elle est encore appr\u00e9ciable.<\/p>\n<p>La pol\u00e9mique engag\u00e9e vers 1888 \u00e0 propos des r\u00e9v\u00e9lateurs \u00e0 l&rsquo;hydroquinone, est li\u00e9e d\u2019une part \u00e0 la r\u00e9action chimique des m\u00e9langes \u00e0 la lumi\u00e8re du jour et d\u2019autre part \u00e0 la lumi\u00e8re du laboratoire qui est au centre des d\u00e9bats. Il s&rsquo;agit de r\u00e9utiliser les bains jusqu\u2019\u00e0 un \u00e9puisement contr\u00f4l\u00e9 mesurable, l\u00e0 o\u00f9 une proc\u00e9dure d\u2019emploi de bains \u00e0 usage unique \u00e9tait r\u00e9pandue. Leur \u00e9puisement par usages successifs colore le bain. C\u2019est un ph\u00e9nom\u00e8ne qui est d\u00e9terminant dans le choix de la lumi\u00e8re d\u2019\u00e9clairage du laboratoire et de la dur\u00e9e de l\u2019observation du clich\u00e9 et donc du suivi \u00e0 vue de la r\u00e9v\u00e9lation.<\/p>\n<p>En effet, la couleur du bain peut compromettre cette r\u00e9v\u00e9lation en agissant sur le clich\u00e9, quand la lumi\u00e8re du laboratoire vient se combiner et prolonger \u00e0 la lumi\u00e8re de la prise de vue (Colson, 1896). Un bain avec un m\u00e9lange d&rsquo;hydroquinone ou l&rsquo;un de ses d\u00e9riv\u00e9s tr\u00e8s puissants oblige \u00e0 en \u00e9tudier la couleur, mais aussi l&rsquo;intensit\u00e9 et la nature de la source de lumi\u00e8re qui \u00e9claire le laboratoire. Lire l\u2019image en rouge ou en jaune? Au bec Auer ou \u00e0 l&rsquo;ampoule \u00e9lectrique, \u00e0 la lumi\u00e8re oxhydrique ou la flamme? L&rsquo;usage des filtres teint\u00e9s doit th\u00e9oriquement rendre possible le suivi de la venue de l&rsquo;image sans la compromettre. Ce que l\u2019\u00e9clairage color\u00e9 du laboratoire impose \u00e0 l\u2019image est un contraste sp\u00e9cifique. Et malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9paisseur des filtres color\u00e9s, malgr\u00e9 la teinture du verre lui-m\u00eame, certains rayons parviennent \u00e0 traverser et \u00e0 voiler l&rsquo;image. D\u2019o\u00f9 la pr\u00e9conisation de commencer le d\u00e9veloppement dans le bain r\u00e9v\u00e9lateur recouvert et prot\u00e9g\u00e9 d\u2019un carton et de ne regarder que par intermittence la venue du clich\u00e9. L\u2019ancienne pratique qui consistait \u00e0 regarder la plaque par transparence devant la lumi\u00e8re color\u00e9e du laboratoire \u00e0 mesure de sa r\u00e9v\u00e9lation est bient\u00f4t abandonn\u00e9e. De ces transformations de pratiques sont issues l\u2019interpr\u00e9tation des halos, qui en d\u2019autres circonstances sont per\u00e7us comme la pr\u00e9sence d\u2019une lumi\u00e8re invisible, offrant \u00e0 la photographie, avant l\u2019\u00e9tude des rayons X, l\u2019enregistrement d\u2019un monde supranormal (Didi-Huberman, <em>Iconographie de l\u2019aura<\/em>, 1983; Ch\u00e9roux, 2000).<\/p>\n<p>Diverses typologies de voiles sont \u00e9tudi\u00e9es. Une densit\u00e9 photographique contient toujours une part de voile. La m\u00e9thode sensitom\u00e9trique de Hurter et Drieffield d\u00e9termine ce seuil de voile minima. Leur recherche a pour objet l\u2019id\u00e9e de la sensibilit\u00e9 compar\u00e9e des supports et la possibilit\u00e9 de d\u00e9terminer le seuil minima d\u2019\u00e9clairement pour obtenir une image dont les densit\u00e9s sont pr\u00e9visibles, au sortir du r\u00e9v\u00e9lateur.<\/p>\n<p>Le voile ayant une origine et une mise \u00e0 jour chimique, toute photographie tente d\u2019\u00e9merger de sa part de voile. Pouss\u00e9e \u00e0 l\u2019exc\u00e8s, la combinaison d\u2019un exc\u00e8s de pose avec une puissance r\u00e9v\u00e9latrice donne le ph\u00e9nom\u00e8ne de solarisation (Janssen, 1880; Balagny, Londe, Lumi\u00e8re, 1893; Colson 1896)<\/p>\n<p>Dans cet ordre de r\u00e9flexions, une photographie serait toujours situ\u00e9e entre deux voiles. L\u2019un minima en de\u00e7\u00e0 duquel l\u2019image n\u2019est pas visible, distinctement. L\u2019autre, extr\u00eame, de la solarisation. Paradoxalement, certaines densit\u00e9s peuvent prolonger leur noircissement et inverser les valeurs de l\u2019image. Une id\u00e9e de renversement des valeurs est \u00e9voqu\u00e9e. Des tentatives d\u2019obtenir des images directement positives sont exp\u00e9riment\u00e9es. Mais l\u2019\u00e9cueil reste le m\u00eame: tout recours \u00e0 l\u2019\u0153il nu pour appr\u00e9cier une densit\u00e9 est invalide. Ces effets, d\u2019abord \u00e9tudi\u00e9s en vue d\u2019\u00eatre ma\u00eetris\u00e9s, sont r\u00e9investis dans les exp\u00e9riences fameuses de Man Ray dans les ann\u00e9es 1930.<\/p>\n<p><strong>La transparence des noirs<\/strong><\/p>\n<p>Souvent mal d\u00e9finies, les notions complexes de noir et de blanc, de densit\u00e9s et de monochromie, parasitent et retardent l&rsquo;\u00e9vidence d&rsquo;une lecture attentive des textes et des descriptions. Au moins depuis Davanne et Barreswil (1858), l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une \u00e9tonnante et contradictoire \u00abtransparence des noirs\u00bb de l&rsquo;image se rattache, non pas \u00e0 une id\u00e9e de densit\u00e9, mais \u00e0 une id\u00e9e de coloration. La densit\u00e9 color\u00e9e est d\u2019abord appr\u00e9ci\u00e9e elle aussi \u00e0 vue, indissociable du proc\u00e9d\u00e9 d&rsquo;impression choisi pour les \u00e9preuves positives. L\u00e0 encore, le regard est malmen\u00e9, lorsqu\u2019il s\u2019agit de distinguer l\u2019\u00e9tendue des tonalit\u00e9s d\u2019une image et d\u2019anticiper leur conversion en \u00ab\u00e9preuve\u00bb sur papier dans la travers\u00e9e du clich\u00e9 par la lumi\u00e8re.<\/p>\n<figure style=\"width: 240px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.flickr.com\/photos\/gunthert\/105719147\/\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/farm1.static.flickr.com\/42\/105719147_003502b7fe_m.jpg\" alt=\"Robert Demachy, &quot;Femme \u00e0 l\u2019or\u00e9e d\u2019un bois&quot;, v. 1900, n\u00e9gatif sur verre au g\u00e9latino-bromure d\u2019argent, coll. SFP.\" width=\"240\" height=\"182\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-caption-text\">Robert Demachy, &quot;Femme \u00e0 l\u2019or\u00e9e d\u2019un bois&quot;, v. 1900, n\u00e9gatif sur verre au g\u00e9latino-bromure d\u2019argent, coll. SFP.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le passage de l&rsquo;image extraite du r\u00e9v\u00e9lateur, sur verre ou sur film, est difficile \u00e0 appr\u00e9cier \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu et la mise en place des principes de la sensitom\u00e9trie \u00e9labor\u00e9s par Hurter et Drieffield vers 1890 va introduire l&rsquo;analyse m\u00e9thodique des effets de la lumi\u00e8re et l\u2019invention de l\u2019id\u00e9e de densit\u00e9 \u00e9talon. La part de la chimie dans cette aventure sera d\u00e9terminante. Le choix d&rsquo;un r\u00e9v\u00e9lateur plut\u00f4t qu\u2019un autre va permettre de stabiliser l&rsquo;analyse des densit\u00e9s du n\u00e9gatif. La m\u00e9thode sensitom\u00e9trique qui s\u2019invente est essentielle: elle garantit un r\u00e9sultat d\u2019une phase d\u2019apr\u00e8s coup du d\u00e9veloppement, la pr\u00e9paration optimis\u00e9e du tirage. Elle favorise la combinaison de l\u2019appr\u00e9ciation du temps de pose avec celui du d\u00e9veloppement. Le regard qui atteint ses limites est suppl\u00e9\u00e9 par une proc\u00e9dure instrumentalis\u00e9e. Actinom\u00e8tres et sentitom\u00e8tres s\u2019associent pour faire du d\u00e9veloppement une op\u00e9ration purement m\u00e9canique, structur\u00e9e par une normalisation \u00e0 vocation pens\u00e9e internationale.<\/p>\n<p>L\u2019histoire se densifie avec le d\u00e9placement des protocoles de d\u00e9veloppement vers les papiers g\u00e9latino-argentiques. Il s&rsquo;agit de comprendre l\u2019incidence de ces s\u00e9quences techniques \u2013 nouveaux r\u00e9v\u00e9lateurs, laboratoire obscur, vision directe retard\u00e9e \u2013 sur le transfert de technologie des plaques et films vers celle des papiers. Jusque-l\u00e0, caract\u00e9ris\u00e9s par leur qualit\u00e9 de noircissement direct (<em>Printing Out Papers<\/em>) les papiers recevaient la lumi\u00e8re \u00e0 travers la plaque ou le film. Mais ils produisaient une image dite apparente, c\u2019est-\u00e0-dire visible, et n\u2019\u00e9taient li\u00e9s qu\u2019\u00e0 la s\u00e9quence chimique de stabilisation, abusivement nomm\u00e9e fixage.<\/p>\n<p>Comment s\u2019est effectu\u00e9 le d\u00e9placement du d\u00e9veloppement \u00e0 vue des clich\u00e9s n\u00e9gatifs vers celui des papiers? Est-ce parce que le temps d\u2019un tirage au soleil est al\u00e9atoire et prolong\u00e9 au gr\u00e9 des conditions atmosph\u00e9riques que le d\u00e9veloppement des papiers est envisag\u00e9? Est-ce parce la frustration du d\u00e9veloppement \u00e0 vue est transf\u00e9r\u00e9e des plaques n\u00e9gatives vers les tirages sur papier? Est-ce parce que le d\u00e9veloppement avec de nouvelles mol\u00e9cules ouvre la voie \u00e0 un d\u00e9veloppement simultan\u00e9 de plusieurs supports, dont la r\u00e9ussite et la qualit\u00e9 sont garanties?<\/p>\n<figure style=\"width: 160px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.flickr.com\/photos\/gunthert\/4084953225\/\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/farm3.static.flickr.com\/2501\/4084953225_862a1209c4_m.jpg\" alt=\"Agrandisseur, mus\u00e9e suisse de lappareil photographique, Vevey.\" width=\"160\" height=\"240\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-caption-text\">Agrandisseur, mus\u00e9e suisse de l&#39;appareil photographique, Vevey.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Bient\u00f4t, les m\u00eames m\u00e9langes chimiques r\u00e9v\u00e8lent les clich\u00e9s n\u00e9gatifs et les \u00e9preuves positives. Une nouvelle \u00e9tape est franchie. Les plaques de verre deviennent des films: la r\u00e9serve d\u2019image appara\u00eet, avec la r\u00e9duction des formats. L\u2019agrandissement qui accompagne ce processus oblige \u00e0 une acc\u00e9l\u00e9ration chimique puissante pour rem\u00e9dier \u00e0 la dispersion lumineuse et \u00e0 l\u2019affaiblissement de l\u2019action de la projection sur les papiers. Baptis\u00e9s d\u2019abord amplificateurs, les agrandisseurs sont construits \u00e0 partir de 1895. Les valeurs de gris color\u00e9s rivalisent avec les couleurs brunes, ambres ou ocres des anciens supports. Et les photographes disposent bient\u00f4t de toutes les combinaisons possibles pour d\u00e9multiplier les nuances et les tonalit\u00e9s des \u00e9preuves papiers \u00e0 partir de ces nouveaux produits.<\/p>\n<p>Le laboratoire o\u00f9 s&rsquo;op\u00e8rent ces m\u00e9tamorphoses participe \u00e0 la construction d&rsquo;un nouveau regard. L\u2019univers du tirage positif devient l\u2019objet de recherches sur les couleurs possibles \u00e0 partir des densit\u00e9s grises des films et de nouveaux m\u00e9langes chimiques. Ce sont les techniques dites de \u00abvirage\u00bb qui tentent de transformer la mati\u00e8re argentique dans une vis\u00e9e de stabilit\u00e9 en la couplant \u00e0 des m\u00e9taux pr\u00e9cieux (or, platine) mais aussi en d\u00e9couvrant les r\u00e9sultats color\u00e9s de ces transmutations.<\/p>\n<p>Quelques d\u00e9cennies plus tard, la question de la sensibilit\u00e9 ma\u00eetris\u00e9e des supports red\u00e9finit le probl\u00e8me. Une nouvelle chambre noire, au sens propre du terme, vient d&rsquo;\u00eatre invent\u00e9e. La chimie r\u00e9utilisable a fait son apparition. Le d\u00e9veloppement du clich\u00e9 et du film impose une image difficile \u00e0 modifier. Les incidences de ces protocoles modernes ont un caract\u00e8re d\u2019irr\u00e9versibilit\u00e9. L\u2019image peut aussi \u00eatre d\u00e9finitivement perdue au sortir du d\u00e9veloppement \u2013 c\u2019est \u00e0 dire trop tard. C\u2019est alors au tirage qu\u2019est demand\u00e9 la r\u00e9harmonisation de l\u2019ensemble des informations et des valeurs. Si le clich\u00e9 manque de densit\u00e9, il est toujours possible de le \u00abrenforcer\u00bb. Dans le cas contraire, on peut envisager un \u00abaffaiblissement\u00bb est envisag\u00e9. Dans les deux cas, l\u2019intervention tente de pallier ce qui a disparu ou \u00e9chapp\u00e9 lors du contr\u00f4le visuel du d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Une description de certains protocoles donne l\u2019id\u00e9e d\u2019un d\u00e9veloppement d\u00e9tach\u00e9 de toute contrainte de temps. L\u2019image peut \u00eatre suspendue chimiquement, sans danger, puis reprise \u00e0 loisir. Le but est de sortir des bains chimiques le clich\u00e9 qui s\u2019y cache, attendu lui aussi th\u00e9oriquement parfait. Obtenir le r\u00e9sultat pens\u00e9 ou fantasm\u00e9 serait alors d\u00e9pendant exclusivement du savoir technique de son op\u00e9rateur.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9v\u00e9ler voir<\/strong><\/p>\n<p>Le programme initi\u00e9 par Georges Balagny d\u2019un automatisme du d\u00e9veloppement aura provoqu\u00e9 plus d\u2019une r\u00e9sistance. Les efforts d\u2019un Albert Londe pour opposer \u00e0 cette pens\u00e9e m\u00e9canique du d\u00e9veloppement une autre \u00abphilosophie\u00bb du contr\u00f4le \u00e0 vue est \u00e9loquente. La position de chacun des deux protagonistes repr\u00e9sente le clivage qui s\u2019op\u00e8re au-del\u00e0 de la pratique et ses savoir-faire techniques et chimiques. Dans le d\u00e9tail, c\u2019est la description du degr\u00e9 de lecture de l&rsquo;image et les limites de cet exercice de vision qui sont en jeu. Un vocabulaire descriptif des qualit\u00e9s subtiles de l\u2019image et de ses modes de lecture appara\u00eet dans la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019annonce d\u2019un d\u00e9veloppement possible en plein jour est alors envisag\u00e9e (Coustet) et rivalise avec l\u2019id\u00e9e d\u2019un n\u00e9gatif parfait (Glover). L&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;action lente de lumi\u00e8res faibles \u00e0 une certaine distance ouvre, sinon dans les faits, du moins dans la th\u00e9orie r\u00eav\u00e9e, la possibilit\u00e9 d\u2019observer une image non plus isol\u00e9e dans un lieu d\u00e9di\u00e9 et faiblement \u00e9clair\u00e9, mais dans la p\u00e9nombre du soleil une fois couch\u00e9, dans les rayons de l&rsquo;aube ou du cr\u00e9puscule.<\/p>\n<p>Les laboratoires vont bient\u00f4t se r\u00e9duire \u00e0 une boite herm\u00e9tique, \u00e9tanche \u00e0 la lumi\u00e8re. Modifications du lieu et de la pratique qui entrainent un d\u00e9placement fondamental du regard. Quelques ann\u00e9es plus tard, l\u2019\u00e9tude des moyens chimiques aptes \u00e0 d\u00e9sensibiliser les n\u00e9gatifs signale la menace d\u2019aveuglement complet de la chambre noire. L\u2019exp\u00e9rience de la photographie des couleurs accentue ce processus. La r\u00e9action \u00e0 l\u2019annonce d\u2019une perte totale du contr\u00f4le visuel de l\u2019image dans sa r\u00e9v\u00e9lation m\u00eame se traduit par des explorations exp\u00e9rimentales r\u00e9alis\u00e9es dans le laboratoire par des Man Ray, des Moholy Nagy, qui proposent une vision du laboratoire pens\u00e9 comme chambre non plus compl\u00e8tement noire, mais comme un lieu qui initie de nouvelles images. Le territoire des mati\u00e8res n\u00e9gatives et positives peut se cr\u00e9er sans cloisonnement. Des images hybrides peuvent \u00eatre envisag\u00e9es, \u00e0 la fois n\u00e9gatives et positives, localement, l\u00e0 o\u00f9 le photographe le pense, le voit et le r\u00e9alise. Les chimigrammes (Cordier, 1970) sont une exp\u00e9rimentation de cette voie.<\/p>\n<p>La recherche ici pr\u00e9sent\u00e9e rencontre dans l\u2019actualit\u00e9 des techniques num\u00e9rique une perspective particuli\u00e8re. La pratique du laboratoire argentique se marginalise. Le moment de premi\u00e8re vision de l\u2019image se d\u00e9place. D\u00e9velopper aujourd&rsquo;hui un film argentique permettrait-il comprendre ce qu&rsquo;\u00e9tait le d\u00e9veloppement d&rsquo;une plaque s\u00e8che en 1890? L\u2019illusion install\u00e9e par une permanence des termes techniques et chimiques r\u00e9siste. O\u00f9, \u00e0 quel moment, dans quelles conditions lire ou voir l\u2019image? Si la chimie donne aux plaques une extr\u00eame sensibilit\u00e9 et en m\u00eame temps une fulgurance d&rsquo;apparition, que reste-t-il comme part de jugement \u00e0 la vue? Le d\u00e9veloppement aveugle ferait-il voir plus que le d\u00e9veloppement \u00e0 vue? Pour voir plus, il faut accepter de voir moins, avant d&rsquo;\u00eatre contraint de ne plus rien voir du tout. C\u2019est ce que la technologie Polaro\u00efd r\u00e9alise; c\u2019est ce que la vision directe sur l&rsquo;\u00e9cran des appareils photographiques num\u00e9riques ou celui de l\u2019ordinateur propose aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Pour produire des images qui ne sont plus visibles qu&rsquo;au moment de leur d\u00e9veloppement, il a fallu comprendre son processus et le penser dans les limites de sa visibilit\u00e9 m\u00eame. La photographie moderne introduit cette notion de redistribution de l\u2019espace de vision. Pour voir l\u2019image au final, il faut accepter ou ignorer d\u2019abord son invisibilit\u00e9 native, structurelle. Ce que la d\u00e9finition de latence travaille doublement.<\/p>\n<p>La mutation du regard photographique qui a lieu entre 1880 et 1910 est pour partie initi\u00e9e par la chimie industrielle naissante. Un d\u00e9veloppement, pratiqu\u00e9 en aveugle, chronom\u00e9tr\u00e9, avec des produits m\u00e9lang\u00e9s et pr\u00eats \u00e0 l&#8217;emploi, tente de se substituer \u00e0 un d\u00e9veloppement \u00e0 vue, r\u00e9alis\u00e9 avec des composants s\u00e9par\u00e9s, dans une pratique revendiqu\u00e9e de manipulations aux effets r\u00e9versibles. L\u2019espace de vision se d\u00e9place dans la pratique du tirage des \u00e9preuves. D\u2019abord en contact sur noircissement direct, le papier est d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 son tour selon le m\u00eame protocole et avec les m\u00eames produits, puisqu\u2019un papier est fait de la m\u00eame mati\u00e8re photosensible, couch\u00e9e sur un support qui n\u2019est plus transparent. Un retard de vision a chang\u00e9 la lecture de l\u2019image. La r\u00e9duction des formats qui promet des instantan\u00e9s encore plus brefs et l\u2019agrandissement qui en garantit la lecture finira par distribuer d\u00e9finitivement le lieu et le moment du premier rendez-vous visuel avec l\u2019image r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, dans un laboratoire qui aura entre-temps invent\u00e9 un nouvel espace de vision.<\/p>\n<blockquote><p>Intervention du 16 avril 2009, s\u00e9minaire \u00ab\u00a0Recherches en histoire visuelle\u00a0\u00bb, INHA.<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Premier rendez-vous visuel avec l&rsquo;image photographique, le d\u00e9veloppement par immersion d\u2019un clich\u00e9 n\u00e9gatif dans des produits dits r\u00e9v\u00e9lateurs caract\u00e9rise \u00e0 la fois [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[25,26,28],"tags":[54,62],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p80eNK-U","jetpack-related-posts":[{"id":2371,"url":"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/2371\/","url_meta":{"origin":56,"position":0},"title":"&quot;Quand la photographie illustre l\u2019actualit\u00e9. 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