{"id":2333,"date":"2012-03-08T11:21:43","date_gmt":"2012-03-08T10:21:43","guid":{"rendered":"http:\/\/culturevisuelle.org\/icones\/?p=2333"},"modified":"2012-03-08T11:21:43","modified_gmt":"2012-03-08T10:21:43","slug":"une-conversation-avec-andre-gunthert","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/2333\/","title":{"rendered":"Une conversation avec Andr\u00e9 Gunthert"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.flickr.com\/photos\/gunthert\/6247311332\/\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/farm7.staticflickr.com\/6234\/6247311332_ebbe6289e6_m.jpg\" alt=\"\" width=\"240\" height=\"240\" \/><\/a><em>Propos recueillis par R\u00e9mi Coignet<\/em>, <a href=\"http:\/\/deslivresetdesphotos.blog.lemonde.fr\/2012\/03\/08\/une-conversation-avec-andre-gunthert\/\">Des livres et des photos<\/a>\u2026<\/p>\n<p><em>Historien de la photographie, Andr\u00e9 Gunthert est ma\u00eetre de conf\u00e9rences \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole des hautes \u00e9tudes en sciences sociales (EHESS). Sp\u00e9cialiste \u00e0 l&rsquo;origine du XIXe si\u00e8cle, il a fond\u00e9 en 2005 le Laboratoire d\u2019histoire visuelle contemporaine (Lhivic), premi\u00e8re \u00e9quipe de recherche fran\u00e7aise consacr\u00e9e aux visual studies. Ses travaux portent d\u00e9sormais sur les usages sociaux des images. Andr\u00e9 Gunthert a particip\u00e9 \u00e0 la relance de la plus que centenaire Soci\u00e9t\u00e9 Fran\u00e7aise de Photographie o\u00f9 il a cr\u00e9\u00e9, en 1996, la revue <\/em>\u00c9tudes Photographiques<em>. Blogueur de longue date, il est \u00e0 l&rsquo;origine de la plateforme de blogs scientifiques <\/em>Culture Visuelle<em>. Rencontre, dans son bureau de l&rsquo;Institut national d&rsquo;histoire de l&rsquo;art, avec un historien pleinement impliqu\u00e9 dans le pr\u00e9sent de l&rsquo;image.<\/em><!--more--><br \/>\n<strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong>Peux-tu d\u00e9finir en quelques mots ce que recouvre l\u2019expression de \u00ab\u00a0visual studies\u00a0\u00bb?<\/strong><\/p>\n<p>Dans un sens global, c\u2019est l\u2019\u00e9tude de toutes les formes visuelles. L\u2019int\u00e9r\u00eat de ce terme est de permettre de se d\u00e9tacher de l\u2019ensemble constitu\u00e9 par l\u2019histoire de l\u2019art, qui, historiquement est la sp\u00e9cialit\u00e9 qui traite des images. Cette discipline est un bon point de d\u00e9part car elle apporte une vraie expertise \u00e0 ce sujet. Mais, comme son nom l\u2019indique, elle ne s\u2019int\u00e9resse qu\u2019aux \u0153uvres d\u2019art. Les <em>visual studies<\/em> permettent donc d\u2019identifier le champ tr\u00e8s large de toutes les images : pas uniquement les \u0153uvres, mais aussi toutes les formes populaires ou vernaculaires.<\/p>\n<p>De fa\u00e7on plus sp\u00e9cifique, au Lhivic, nous ne cherchons pas \u00e0 \u00e9tudier toutes les sortes d\u2019images, mais, plut\u00f4t les usages sociaux des images, en nous concentrant sur un type particulier : les images publiques ou les images publi\u00e9es. Nous nous sommes donn\u00e9 cette aire \u00e0 partir d\u2019un constat: les images m\u00e9diatiques au sens large (une pochette de disque est une image publi\u00e9e, tout comme un cendrier illustr\u00e9) rel\u00e8vent d\u2019une m\u00e9canique \u00e9ditoriale. Autrement dit, pour chacune, il y a un dispositif d\u2019\u00e9dition, de diffusion en grande s\u00e9rie. Il y a un choix \u00e9ditorial : quelqu\u2019un a d\u00e9cid\u00e9 de telle image en fonction d\u2019un contexte, d\u2019un public et de ce qu\u2019il veut faire dire \u00e0 l\u2019image. On peut donc v\u00e9ritablement mettre sur un m\u00eame plan un calendrier illustr\u00e9, une \u0153uvre journalistique et un film de fiction. Ce sont trois types d\u2019objets tr\u00e8s diff\u00e9rents, bien s\u00fbr, mais qui rel\u00e8vent de probl\u00e9matiques et de dynamiques communes en particulier dans leur mode de production.<\/p>\n<p>Ces objets l\u00e0 sont assez mal observ\u00e9s. L\u2019histoire de l\u2019art ne s\u2019y int\u00e9resse pas. Et ceux qui pourraient se les approprier, les \u00e9tudes de communication ou des sciences de l\u2019information sont visiblement mal \u00e0 l\u2019aise avec les images et regardent plut\u00f4t du c\u00f4t\u00e9 du texte\u2026<strong><\/strong><\/p>\n<p><strong>Parce qu\u2019ils n\u2019ont pas les outils de l\u2019histoire de l\u2019art?<\/strong><\/p>\n<p>Parce que, en effet, il y a un probl\u00e8me de formation des sp\u00e9cialistes et que, en France, les comp\u00e9tences sur l\u2019image restent tr\u00e8s sectoris\u00e9es. Les images sont des m\u00e9caniques sacr\u00e9ment compliqu\u00e9es. Elles posent d\u2019\u00e9normes questions th\u00e9oriques : qu\u2019est-ce que le sens ? Qu\u2019est-ce que la fiction ?\u00a0 Qu\u2019est-ce que la r\u00e9ception ? Comment interpr\u00e9tons-nous un message linguistique ? Toutes ces questions, l\u2019image nous oblige \u00e0 les articuler. Il faut donc pr\u00e9ciser un ensemble assez important de notions th\u00e9oriques.<\/p>\n<p>Le constat premier est donc celui d\u2019une sorte de manque de recherche sur ces images m\u00e9diatiques au sens large. Pas suffisamment trait\u00e9es par les sciences de l\u2019information, elles n\u2019\u00e9taient pas non plus vraiment prises au s\u00e9rieux par les formes r\u00e9centes des \u00e9tudes visuelles am\u00e9ricaines qui s\u2019int\u00e9ressent souvent davantage \u00e0 des questions m\u00e9tath\u00e9oriques. Bref, une forme de philosophie qui a tout \u00e0 fait son int\u00e9r\u00eat mais dont l\u2019application \u00e0 des objets concrets pose probl\u00e8me. Au Lhivic, nous voulons partir des objets, de l\u2019observation, du terrain. Le point de d\u00e9part est donc la constitution de corpus, de collections d\u2019observations, d\u2019objets. Mais en fait, ce sont plus les interactions qui nous int\u00e9ressent.<\/p>\n<p>Et l\u00e0, on arrive directement \u00e0 Culture Visuelle. En effet, le Web et les nouveaux outils num\u00e9riques nous ont offert la capacit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er des collections de cas. Sur nombre des blogs de Culture visuelle, nous faisons des collections d\u2019observations qui sont \u00e0 chaque fois des n\u0153uds de r\u00e9seaux : des \u00e9v\u00e9nements d\u2019images. Il se passe quelque chose, il y a une interaction, une r\u00e9ception. C\u2019est tout cela qui est int\u00e9ressant \u00e0 analyser simultan\u00e9ment.<\/p>\n<p>Lorsque l\u2019on a plusieurs cas, on peut commencer \u00e0 les mettre en s\u00e9rie et \u00e0 voir appara\u00eetre des choses, des dynamiques g\u00e9n\u00e9rales. Nous nous servons beaucoup du Web et d\u2019une observation tr\u00e8s contemporaine, en particulier de ph\u00e9nom\u00e8nes en ligne, sur les r\u00e9seaux sociaux ou sur les sites de presse. Sachant \u00e9videmment, que ces m\u00e9canismes l\u00e0 ont des caract\u00e8res sp\u00e9cifiques mais sont aussi repr\u00e9sentatifs de m\u00e9canismes plus globaux en particulier en ce qui concerne l\u2019\u00e9dition, la critique et la r\u00e9ception.<\/p>\n<p><strong>Culture Visuelle pourrait n\u2019\u00eatre qu\u2019un rendez-vous de chercheurs, mais c\u2019est en fait, un lieu de d\u00e9bats entre chercheurs et acteurs de l\u2019image. Par exemple, quand tu \u00e9cris \u00e0 propos de Lib\u00e9ration, il arrive que Sylvain Bourmeau [Directeur-adjoint de la r\u00e9daction de Lib\u00e9ration] r\u00e9ponde\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Oui, nous sommes \u00e9videmment tr\u00e8s contents d\u2019avoir ce type de dialogue. C\u2019est l\u2019autre aspect formidable que nous offrent les outils num\u00e9riques : pouvoir mettre sur la place publique ces discussions qui, sans ces instruments, resteraient tr\u00e8s confin\u00e9es \u00e0 l\u2019univers acad\u00e9mique. Et l\u00e0, on peut les exposer, non par recherche de publicit\u00e9, mais v\u00e9ritablement pour les partager, pour les offrir \u00e0 la discussion, d\u2019abord \u00e0 d\u2019autres sp\u00e9cialistes, mais aussi aux professionnels. Effectivement, je sais que beaucoup de photographes, mais aussi d\u2019\u00e9diteurs, d\u2019iconographes, de professionnels de l\u2019image sont pr\u00e9sents sur Culture Visuelle et interviennent dans les discussions en fonction des sujets.<\/p>\n<p>C\u2019est un apport consid\u00e9rable. Le sociologue Sylvain Maresca a travaill\u00e9 l\u00e0-dessus. Il a lanc\u00e9 un blog comme une sorte d\u2019exp\u00e9rimentation et tr\u00e8s vite s\u2019est servi du dialogue qu\u2019il avait avec les praticiens pour cr\u00e9er un espace de sociologie en acte, de formulation et de v\u00e9rification d\u2019hypoth\u00e8ses. On parvient ainsi \u00e0 des visions beaucoup plus document\u00e9es, incroyablement plus fines et plus complexes que ce dont nous disposions jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. L\u2019outil Web a donc une fonction d\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur tant pour nos discussions internes, que pour ce qu\u2019il permet ce dialogue tr\u00e8s riche avec l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p><strong>On va passer \u00e0 un autre sujet. J\u2019ai l\u2019impression que tu t\u2019appuies pas mal sur Barthes dans ta r\u00e9flexion. En quoi est-il toujours pertinent dans la compr\u00e9hension des images?<\/strong><\/p>\n<p>Roland Barthes a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des rares, avec quelqu\u2019un comme Edgar Morin, \u00e0 comprendre une chose tr\u00e8s importante qui, effectivement, me sert de guide d\u2019une fa\u00e7on tr\u00e8s d\u00e9terminante. Dans le c\u00e9l\u00e8bre ouvrage <em>Mythologies<\/em>, il d\u00e9veloppe l\u2019id\u00e9e que toutes nos productions m\u00e9diatiques, quelle qu\u2019elles soient, indiff\u00e9remment, peuvent \u00eatre \u00e9tudi\u00e9es comme les contes et l\u00e9gendes des soci\u00e9t\u00e9s primitives. Autrement dit : des fabrications de r\u00e9cits qui sont les histoires dont nous avons besoin dans notre soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Dans <em>Mythologies<\/em>, Barthes observe et d\u00e9crypte de la m\u00eame fa\u00e7on un article de journal, une publicit\u00e9 ou un film de fiction. Des types de r\u00e9cits qui d\u2019habitude ne sont jamais plac\u00e9s sous un m\u00eame microscope. Normalement, les r\u00e9cits de fiction \u2013la litt\u00e9rature ou le cin\u00e9ma\u2013 sont \u00e9tudi\u00e9s par des sp\u00e9cialistes de la fiction et de la narratologie. Et g\u00e9n\u00e9ralement une fronti\u00e8re infranchissable est pos\u00e9e avec ce que l\u2019on appelle les r\u00e9cits factuels, dont le journalisme, la science ou les usages documentaires de la photographie. Mythologies fait exploser cette barri\u00e8re en appelant tout cela des mythes. Pour moi, cela correspond vraiment \u00e0 l\u2019observation que j\u2019ai pu faire des usages sociaux des images. Si je devais r\u00e9sumer d\u2019un mot l\u2019axe principal de ma recherche, je dirais que ce que je vois, ce que j\u2019observe ce sont des images comme fictions. Et non pas comme outils de preuve, fa\u00e7on habituelle de penser en particulier la photographie, le domaine d\u2019o\u00f9 je viens.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9couverte tr\u00e8s surprenante, je l\u2019ai faite sur le terrain. Elle n\u2019est pas venue d\u2019une lecture th\u00e9orique mais vraiment de la collection du r\u00e9sultat de mes observations. Et, \u00e0 chaque fois, je me dis \u00ab\u00a0bon, comme le notait Barthes nous sommes face \u00e0 la production d\u2019une mythologie\u00a0\u00bb. Attention, qu\u2019il n\u2019y ait pas de malentendu : fiction n\u2019est pas le contraire de r\u00e9alit\u00e9. Fiction est un terme compliqu\u00e9 mais qui signifie un rapport avec le r\u00e9el. Une fiction, tr\u00e8s souvent est une fa\u00e7on de raconter le r\u00e9el\u2026<\/p>\n<p><strong>C\u2019est une construction?<\/strong><\/p>\n<p>Voil\u00e0, sa caract\u00e9ristique est d\u2019\u00eatre une construction artificielle, disons, mais elle a un r\u00f4le social ou anthropologique qui est de nous aider \u00e0 comprendre quelque chose du r\u00e9el\u2026<\/p>\n<p><strong>Dans ce sens l\u00e0, un journal est une fiction?<\/strong><\/p>\n<p>Un journal est une collection de fictions. Une collections de r\u00e9cits construits par des auteurs qui, en \u00e9crivant, font des choix narratifs. Et \u00e9videmment, tous ces r\u00e9cits nous aident \u00e0 comprendre le monde. Ils sont pour nous des fa\u00e7ons d\u2019attraper le r\u00e9el sous diff\u00e9rents angles. Un film comme par exemple Il faut sauver le soldat Ryan est un r\u00e9cit de fiction qui nous dit \u00e9norm\u00e9ment de choses sur la guerre, sur ce type de r\u00e9alit\u00e9s tr\u00e8s dures, que, peut-\u00eatre, nous ne pouvons appr\u00e9hender que par le d\u00e9tour de la fiction.<\/p>\n<p>La question fondamentale que je me suis pos\u00e9 au d\u00e9but de ma recherche \u00e9tait : \u00ab\u00a0\u00e0 quoi servent les images dans un contexte d\u2019utilisation sociale ?\u00a0\u00bb Et finalement, ma conclusion est qu\u2019elles servent de support \u00e0 des r\u00e9cits. Elles servent d\u2019\u00e9cho \u00e0 des fictions. L\u2019approche de Barthes reste pour moi d\u2019une pertinence totale. Il voulait faire sa th\u00e8se sur ce sujet mais cette th\u00e8se a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e par l\u2019Universit\u00e9 fran\u00e7aise. On peut le regretter. [rires]<\/p>\n<p><strong>Encore autre chose. Il y a un d\u00e9bat qui commence \u00e0 d\u00e9border du champ universitaire sur le th\u00e8me \u00ab\u00a0Comment \u00e9crire l\u2019histoire de la photographie aujourd\u2019hui ?\u00a0\u00bb Il y a eu r\u00e9cemment une conf\u00e9rence \u00e0 ce sujet \u00e0 la Fondation Henri Cartier-Bresson. Il semble d\u00e9sormais impossible de se contenter de d\u00e9finir des \u00e9coles esth\u00e9tiques, d\u2019\u00e9crire 10 lignes sur Walker Evans, 5 sur Diane Arbus. Tu as codirig\u00e9 avec Michel Poivert L\u2019art de la photographie (Citadelles &amp; Mazenod, 2007) et dans ce livre vous lanciez des pistes pour sortir de ce catalogage historico-esth\u00e9tique que ce soit dans l\u2019introduction ou dans le d\u00e9coupage du livre. Quelles sont, selon toi, les directions \u00e0 explorer pour renouveler le genre ?<\/strong><\/p>\n<p>Je ne sais pas si je vais pouvoir r\u00e9pondre concr\u00e8tement \u00e0 ta question. Mais je peux esquisser quelques pistes. L\u2019Art de la Photographie est une forme de synth\u00e8se qui correspond pour nous au dernier \u00e9tat d\u2019une discipline que nous avons choisi de renommer \u00ab\u00a0une histoire de l\u2019art photographique\u00a0\u00bb. Ce qui est contenu dans L\u2019Art de la Photographie s\u2019est jusque l\u00e0 appel\u00e9 \u00ab\u00a0histoire de la photographie\u00a0\u00bb. Et de fait, l\u2019histoire de la photographie est essentiellement une histoire de l\u2019art photographique. Donc autant nommer clairement les choses et reconnaitre que ce que nous avons fait n\u2019est qu\u2019une partie d\u2019une histoire beaucoup plus large.<\/p>\n<p><em>L\u2019Art de la Photographie<\/em> ne traite pas de la photo num\u00e9rique, tr\u00e8s simplement parce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u avant que ce ph\u00e9nom\u00e8ne ne soit perceptible. La conception du livre remonte au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000. Mais c\u2019est bien ainsi. C\u2019est une sorte de cl\u00f4ture d\u2019un processus et d\u2019une tradition.<\/p>\n<p>Les outils num\u00e9riques et le Web \u2013et l\u00e0 je parle \u00e0 titre individuel\u2013 m\u2019ont vraiment ouvert \u00e0 une nouvelle compr\u00e9hension des usages des images. Dans le registre m\u00e9diatique mais aussi dans le registre priv\u00e9 : c\u2019est la d\u00e9couverte de Flickr, et une esp\u00e8ce\u00a0 de sid\u00e9ration face \u00e0 ce corpus incroyable. J\u2019avais recherch\u00e9 des images d\u2019amateurs du XIXe si\u00e8cle, p\u00e9riode sur laquelle je travaillais. Et c\u2019\u00e9tait diablement compliqu\u00e9. Je ne rentre pas dans le d\u00e9tail, mais disons qu\u2019on a des \u00e9chantillons extr\u00eamement pauvres et st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s d\u2019une pratique dont, au fond, on ignore l\u2019essentiel.<\/p>\n<p>Donc d\u2019un coup, en ayant acc\u00e8s, dans cette quantit\u00e9 et dans cette proportion, \u00e0 la production amateur, je percevais des choses que je n\u2019avais jamais vues. Par exemple, aujourd\u2019hui cela me para\u00eet \u00e9vident, mais la premi\u00e8re chose que j\u2019ai vue sur Flickr, ce sont des chats et des chiens. Que font les gens avec la photo ? Ils se repr\u00e9sentent eux, leur maman, leurs enfants et puis leurs animaux de compagnie. Voil\u00e0 un truc auquel je n\u2019avais jamais fait attention auparavant. Bien s\u00fbr, il y a quelques chats et chiens dans les albums de photo du XIXe si\u00e8cle mais pas beaucoup parce que c\u2019est compliqu\u00e9 \u00e0 photographier, il faut l\u2019instantan\u00e9\u2026 Et l\u00e0 d\u2019un coup il y en avait plein. Tu comprends ? Cela voulait forc\u00e9ment dire quelque chose.<\/p>\n<p>Je me suis rouvert \u00e0 des questions que j\u2019avais totalement perdues de vue. Des choses tr\u00e8s simples et tr\u00e8s \u00e9l\u00e9mentaires mais qui sont des fonctions fondamentales de la photographie. Par exemple, faire une photo de son chat, j\u2019ai appel\u00e9 \u00e7a \u00ab\u00a0mettre de l\u2019amour en boite\u00a0\u00bb [petits rires]. L\u00e0, la photo est un v\u00e9hicule de circulation de l\u2019affection et de conservation de l\u2019amour. Photographier un animal est compl\u00e8tement d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9. Si je fais une photo de toi, tu peux ne pas \u00eatre content, on peut interpr\u00e9ter \u00e0 l\u2019infini. Mais la photo de ton chat, tu la fais pour toi et elle ne raconte que cela : l\u2019amour que tu portes \u00e0 cet animal\u2026<\/p>\n<p><strong>Et comment cela peut-il s\u2019int\u00e9grer \u00e0 l\u2019histoire\u2026<\/strong><\/p>\n<p>\u00c7a rouvre compl\u00e8tement l\u2019histoire de la photographie amateur. Cette donn\u00e9e l\u00e0, moi je ne l\u2019avais pas int\u00e9gr\u00e9e. Cela revient \u00e0 dire que la photo n\u2019est pas seulement un outil de m\u00e9moire, de conservation, de preuve. Toute cette th\u00e9matique assez lourde, cette vision polici\u00e8re de la photographie, comme le dit Walter Benjamin \u00e0 propos d&rsquo;Atget, est tr\u00e8s partielle et tr\u00e8s incompl\u00e8te.<\/p>\n<p>Il y aurait \u00e9norm\u00e9ment de dimensions \u00e0 ajouter. Celle de l\u2019humour par exemple. Cela aussi \u00e9tait absent de mes probl\u00e9matiques et l\u2019observation des pratiques amateurs, telles que nous avons pu y acc\u00e9der par le web, a compl\u00e8tement chang\u00e9 ma fa\u00e7on de voir les images. Le Web met en visibilit\u00e9 des tas de choses qui existaient mais auxquelles on n\u2019avait pas fait attention. C\u2019est un fil que l\u2019on peut tirer et qui permet de remonter jusqu\u2019au XIXe si\u00e8cle. Et donc, l\u2019une des questions les plus importantes pour moi, aujourd\u2019hui, concernant l\u2019usage des images en g\u00e9n\u00e9ral et de la photo en particulier est celle des effets de r\u00e9ception. Autrement dit, que fait-on, non pas quand on prend les images, mais apr\u00e8s ? Que font les gens avec les images ? Comment en parlent-ils ? Sur Internet, ce que l\u2019on voit, ce n\u2019est pas tant les images que les usages des images. Ce sont les conversations \u00e0 partir des images : les r\u00e9actions, les interactions, la circulation, le buzz\u2026 La fa\u00e7on dont une image se d\u00e9place dans le r\u00e9seau, comment elle va \u00eatre recopi\u00e9e, diffus\u00e9e.<\/p>\n<p>Toutes ces questions passionnantes modifient la vision que j\u2019avais du corpus photographique en tant qu\u2019objet produit. Par exemple, les \u0153uvres d\u2019art sont con\u00e7ues par quelqu\u2019un puis expos\u00e9es et point final. Maintenant, pour moi, les images ont une vie beaucoup plus longue qui est celle de leurs usages (au pluriel parce qu\u2019une m\u00eame image peut \u00eatre utilis\u00e9e dans des contextes tr\u00e8s diff\u00e9rents). Et ce sont ces usages qui vont constituer son histoire. C\u2019est une le\u00e7on du Web.<\/p>\n<p><strong>J\u2019aimerais qu\u2019on parle aussi de livres de photographie. Il y a quelques mois, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 en re-parcourant l\u2019Histoire de Michel Frizot de constater qu\u2019il n\u2019y a pas une ligne sur les livres de photographie. Sans doute qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque, en 1995, le sujet ne semblait pas encore significatif. Mais depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9e les livres sur les livres se sont multipli\u00e9s Pour l\u2019essentiel, et c\u2019est d\u00e9j\u00e0 pas mal, ils se sont consacr\u00e9s \u00e0 d\u00e9finir les chefs-d\u2019\u0153uvre du genre. Au pire chronologiquement au mieux en d\u00e9finissant, des th\u00e9matiques, des mouvements, esth\u00e9tiques, r\u00e9gionaux, etc. Donc, on reste dans une histoire de l\u2019art classique. Le livre de photographie te semble-t\u2019il un sujet int\u00e9ressant d\u2019un point de vue scientifique et quels pourraient-\u00eatre selon toi les axes pertinents pour en traiter?<\/strong><\/p>\n<p>Bien s\u00fbr. La capacit\u00e9 du livre de photo \u2013ou du livre illustr\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral\u2013 est pour moi tr\u00e8s proche du type de d\u00e9monstration que peut produire une exposition. Ce sont des d\u00e9monstrations essentiellement visuelles. Elles sont \u00e9videmment diff\u00e9rentes de celles que peut produire un texte. Le texte peut poser une d\u00e9monstration logique, mais la mise relation d\u2019images va cr\u00e9er d\u2019autres rapports et produire une d\u00e9monstration qui peut, dans le meilleur des cas, \u00eatre une d\u00e9monstration visuelle autonome. Le livre de photographie conserve aujourd\u2019hui absolument cette fonction essentielle, qui se trouve finalement \u00e9tendue sur le Web.<\/p>\n<p>Mais au fond, pour moi, il n\u2019y a plus vraiment de fronti\u00e8res : ce sont des espaces de publication. Je suis assez d\u2019accord avec Fran\u00e7ois Bon, qui dit: \u00ab\u00a0voil\u00e0, tout cela est maintenant un seul espace\u00a0\u00bb. Le papier ne va pas dispara\u00eetre, il garde ses sp\u00e9cificit\u00e9s. L\u2019id\u00e9e du codex est tr\u00e8s importante. Le livre permet d\u2019avoir quelque chose de synth\u00e9tique, de tr\u00e8s pratique et, en parall\u00e8le, on peut avoir des extensions en ligne sous la forme d\u2019archives, de tout le mat\u00e9riel \u00ab\u00a0gris\u00a0\u00bb comme on dit en science : les actes de colloque par exemple. Toutes ces productions destin\u00e9es \u00e0 un lectorat pas forc\u00e9ment tr\u00e8s \u00e9tendu dont il serait difficile de faire un livre pour des questions de co\u00fbt. Tout cela, pour moi, communique tr\u00e8s bien. Mais l\u2019espace de publication est ce lieu o\u00f9 l\u2019on peut jouer avec les images. Et, \u00e0 notre modeste mesure, sur Culture Visuelle, c\u2019est bien ce que nous faisons. Mettre ensemble plusieurs images et commencer \u00e0 les faire dialoguer entre elles est bien \u00e9videmment une dimension essentielle que l\u2019on trouve dans le livre.<\/p>\n<p><strong>Justement, il y a quelques temps, le photographe Daniel Blaufuks me disait qu\u2019il y a plein de livres de photo que l\u2019on peut regarder sur un iPad et qu\u2019\u00e0 l\u2019avenir, seuls ceux dont la forme nous plait en tant qu\u2019objets-papiers auront une raison d\u2019\u00eatre \u00e9dit\u00e9 classiquement.<\/strong><\/p>\n<p>\u00c7a je ne sais pas. Ce qui est s\u00fbr est que l\u2019iPad est aussi une forme r\u00e9volutionnaire, un outil tellement bien pens\u00e9, tellement pratique et inventif dans ce que l\u2019on peut en faire. L\u2019iPad, ce n\u2019est pas juste tourner des pages, il permet de fabriquer de l\u2019interaction. Un peu comme les CD-ROM \u00e0 une certaine \u00e9poque, qui \u00e9taient des projets \u00e9ditoriaux que l\u2019on a un peu d\u00e9laiss\u00e9 au profit d\u2019un retour \u00e0 des formes plus classiques. Mais je suis content que l\u2019on revienne \u00e0 des formes plus innovantes qui permettent des circulations qui ne sont pas possibles sur papier ou sur l\u2019\u00e9cran d\u2019ordinateur. Des espaces interm\u00e9diaires sont encore \u00e0 explorer.<\/p>\n<p>Mais ce qui me frappe, c&rsquo;est que nous continuons \u00e0 utiliser tous ces outils en m\u00eame temps. Je n\u2019ai jamais achet\u00e9 autant de bouquins que depuis 10 ans, depuis la r\u00e9volution num\u00e9rique donc. Et \u00e9videmment mes disques durs explosent aussi ! En r\u00e9alit\u00e9, nous consommons infiniment plus d\u2019information qu\u2019auparavant, mais nous pouvons mieux la g\u00e9rer. Je ne crois pas du tout aux th\u00e9ories de l\u2019overdose d\u2019information. Je pense que l\u2019information que l\u2019on absorbe est celle que l\u2019on peut g\u00e9rer. Nous avons de nouveaux outils de gestion de l\u2019information que sont les ordinateurs, les smartphones, etc.<\/p>\n<p>Donc le livre ne dispara\u00eet pas et c\u2019est merveilleux. Mais, il faut bien comprendre ce que tout cela signifie : nous avons besoin de tous ces outils \u00e0 la fois. Je ne crois absolument pas qu\u2019un outil va faire dispara\u00eetre les autres. De la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019il existe toujours du th\u00e9\u00e2tre, de l\u2019op\u00e9ra, que la t\u00e9l\u00e9 n\u2019a pas tu\u00e9 le cin\u00e9ma. On continue \u00e0 aller au cin\u00e9ma, \u00e0 payer sa place. C\u2019est un plaisir et un \u00e9v\u00e9nement auquel on accorde beaucoup d\u2019importance. Je crois que le livre va rester parce qu\u2019il est cher \u2013en particulier les livres de photographie\u2013 un lieu un peu \u00e9litiste o\u00f9 va se manifester une production plus aboutie, plus s\u00e9lective\u2026<\/p>\n<p><strong>Oui, il ne s\u2019est jamais publi\u00e9 autant de livres de photographie que maintenant. Il y a le ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019auto-\u00e9dition tr\u00e8s li\u00e9 aux possibilit\u00e9s num\u00e9riques, des festivals, des expositions comme celle sur les livres latino-am\u00e9ricains en ce moment au Bal. Alors c\u2019est, en effet, peut-\u00eatre un peu \u00e9litiste\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Oui, je crois que le livre est une forme tr\u00e8s moderne finalement. Je relisais r\u00e9cemment des textes d\u2019historiens sur l\u2019essor de l\u2019imprimerie. La proximit\u00e9 est incroyable entre ce qui s\u2019est pass\u00e9 au moment de l\u2019invention de l\u2019imprimerie au XVe si\u00e8cle et aujourd\u2019hui, Internet et les outils num\u00e9riques. Cette histoire de d\u00e9mocratisation des moyens de diffusion de l\u2019information est tellement proche ! L\u2019imprimerie va permettre aux langues vernaculaires de se d\u00e9velopper contre le latin. Et ainsi, le livre va servir de canal politique pour d\u00e9fendre, par exemple, le protestantisme et la R\u00e9forme. Les fameuses th\u00e8ses de Luther vont trouver dans l\u2019imprimerie un moyen de diffusion tr\u00e8s important. On retrouve exactement les m\u00eames ph\u00e9nom\u00e8nes aujourd\u2019hui. Internet est un lieu de revendication pour une nouvelle culture de l\u2019appropriation. Cela pose, par ailleurs, \u00e9norm\u00e9ment de probl\u00e8mes relatifs au droit d\u2019auteur. Mais il s\u2019agit d\u2019une fa\u00e7on de reconfigurer l\u2019espace symbolique.<br \/>\nCette proximit\u00e9 entre deux technologies d\u2019\u00e9poques diff\u00e9rentes, mais qui fondamentalement, portent une m\u00eame signification sociale, celle de la d\u00e9mocratisation et de la diffusion du savoir et de l\u2019information, je crois que c\u2019est quelque chose qui sera impossible \u00e0 d\u00e9faire. Selon moi, les deux vont rester pr\u00e9sents en m\u00eame temps.<\/p>\n<p><strong>Pour finir, et il me semble que \u00e7a rejoint peut-\u00eatre les <em>visual studies<\/em>, il y a toute une tendance chez les artistes, dans la lign\u00e9e de Joachim Schmid, \u00e0 concevoir des livres o\u00f9 ils r\u00e9utilisent des photos trouv\u00e9es sur Flickr, ou maintenant sur Google Street View qui devient un genre \u00e9ditorial \u00e0 part enti\u00e8re [rires d\u2019Andr\u00e9]. Avec en plus, pas toujours mais souvent, l\u2019\u00e9dition via Blurb. L\u2019usage de la photo trouv\u00e9e n\u2019est pas neuf, mais que t\u2019inspirent ces pratiques qui m\u00ealent nouvelles technologies, appropriation de photos amateurs et livres ?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019y vois exactement l\u2019application, ou le sympt\u00f4me, de l\u2019\u00e9mergence de cette nouvelle culture de l\u2019appropriation. Il faut bien comprendre que ce qu\u2019elle d\u00e9place est fondamental. Car dans \u00ab\u00a0appropriation\u00a0\u00bb, il y a bien entendu \u00ab\u00a0propri\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb et c\u2019est donc notre relation \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 qui est transform\u00e9e. Toutes nos soci\u00e9t\u00e9s reposent sur le dogme de la propri\u00e9t\u00e9. Cela a \u00e9t\u00e9 \u00e9norm\u00e9ment d\u00e9battu au XIXe si\u00e8cle avec Marx, Proudhon\u2026 Ce qui se passe est de la m\u00eame ampleur. Donc derri\u00e8re ces pratiques, il y a une vision de la soci\u00e9t\u00e9. On le voit dans l\u2019affaire MegaUpload qui n\u2019est qu\u2019une petite histoire de contrefa\u00e7on. Et d\u2019un coup, voila une op\u00e9ration militaire \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale avec le FBI qui intervient comme dans Mission Impossible. On voit des gens descendre d\u2019un h\u00e9licopt\u00e8re comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019assassiner Ben Laden. La disproportion entre le motif et les moyens mis en \u0153uvre illustre, pour moi, le fait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une guerre culturelle. C\u2019est un conflit tr\u00e8s puissant de repr\u00e9sentations sociales. Deux mondes se rencontrent et s\u2019affrontent\u2026<\/p>\n<p><strong>Et donc les artistes participent\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Les artistes participent de la mise en visibilit\u00e9 de cette nouvelle culture r\u00e9volutionnaire de l\u2019appropriation. Elle porte en m\u00eame temps le pire et le meilleur : de nombreux dangers et simultan\u00e9ment de tr\u00e8s nombreuses possibilit\u00e9s de reconfigurations de l\u2019espace social. C\u2019est \u00e0 nous tous maintenant de cr\u00e9er l&rsquo;espace qui nous convient avec ces outils.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Propos recueillis par R\u00e9mi Coignet, Des livres et des photos\u2026 Historien de la photographie, Andr\u00e9 Gunthert est ma\u00eetre de conf\u00e9rences \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[26,11],"tags":[30,54,62],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p80eNK-BD","jetpack-related-posts":[{"id":1774,"url":"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/1774\/","url_meta":{"origin":2333,"position":0},"title":"Journ\u00e9e d&#039;\u00e9tudes &quot;L&#039;histoire de la photographie en perspective&quot;","date":"9 juin 2011","format":false,"excerpt":"Journ\u00e9e d'\u00e9tudes propos\u00e9e par l'universit\u00e9 Paris 1 Panth\u00e9on-Sorbonne et l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, sous la responsabilit\u00e9 scientifique de Michel Poivert et Andr\u00e9 Gunthert. 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