{"id":2168,"date":"2011-11-07T08:33:43","date_gmt":"2011-11-07T07:33:43","guid":{"rendered":"http:\/\/culturevisuelle.org\/icones\/?p=2168"},"modified":"2011-11-07T08:33:43","modified_gmt":"2011-11-07T07:33:43","slug":"apocalypse-ou-la-trouille-de-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/2168\/","title":{"rendered":"Apocalypse ou la trouille de l&#039;histoire"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/programmes.france2.fr\/apocalypse-hitler\/Home\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-2169\" title=\"Apocalypse, Hitler, Clarke\/Costelle, 2011.\" src=\"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/apocalypse_hitler.jpg\" alt=\"\" width=\"695\" height=\"344\" srcset=\"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/apocalypse_hitler.jpg 695w, http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/apocalypse_hitler-300x148.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 695px) 100vw, 695px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Face \u00e0 la diffusion d&rsquo;<em>Apocalypse, Hitler<\/em>, second volet de l&rsquo;histoire coloris\u00e9e du XXe si\u00e8cle de Daniel Costelle et Isabelle Clarke, le 25 octobre dernier sur France 2, le scrupule para\u00eet d\u00e9risoire. Ne doit-on pas se r\u00e9jouir qu&rsquo;un documentaire soit propos\u00e9 \u00e0 une heure de grande \u00e9coute et atteigne une audience de 6 millions de t\u00e9l\u00e9spectateurs, d\u00e9passant <em>Les Experts<\/em> sur TF1 et <em>Desperate Housewives<\/em> sur M6? Les historiens connaissent bien cette alternative, pas \u00e9loign\u00e9e de celle que l&rsquo;on prodigue au peuple grec: vaut-il mieux quelque chose plut\u00f4t que rien?<\/p>\n<p>Nous l&rsquo;apprenons aujourd&rsquo;hui \u00e0 grands coups sur la t\u00eate: comme la pauvret\u00e9 \u00e9conomique pousse \u00e0 accepter des conditions de vie indignes, la pauvret\u00e9 culturelle ne donne d&rsquo;autre choix que de se r\u00e9jouir du moins pire. Dans une t\u00e9l\u00e9vision fran\u00e7aise d\u00e9sert\u00e9e par l&rsquo;histoire, y consacrer du temps et de l&rsquo;argent est d\u00e9j\u00e0 si exceptionnel qu&rsquo;on ne va pas chercher la petite b\u00eate.<\/p>\n<p><!--more-->Les r\u00e9jouis d&rsquo;une histoire ainsi rabaiss\u00e9e ne font que souligner le pi\u00e8tre \u00e9tat de la production hexagonale, et r\u00e9v\u00e8lent \u00e0 quel point l&rsquo;histoire, autrefois discipline reine de la culture \u00e0 la fran\u00e7aise, est pass\u00e9e au rang de connaissance superflue, de hobby de g\u00e9n\u00e9alogiste ou d&rsquo;amateur de reconstitutions en costume.<\/p>\n<p>L&rsquo;anhistoricit\u00e9 d&rsquo;<em>Apocalypse<\/em> est pourtant aussi visible que le nez au milieu de la figure. \u00abTout est vrai, tout est absolument v\u00e9rifi\u00e9 et authentique, explique na\u00efvement Isabelle Clarke sur France 2, on s&rsquo;est interdit absolument le conditionnel.\u00bb<\/p>\n<p>Devrait-on faire passer un DEUG d&rsquo;histoire aux documentaristes? Il est accablant d&rsquo;entendre exprimer une telle conception d&rsquo;une histoire de carton-p\u00e2te, si \u00e9loign\u00e9e de l&rsquo;\u00e9tat actuel des connaissances. L&rsquo;histoire, ch\u00e8re Isabelle Clarke, ce n&rsquo;est <em>que<\/em> du conditionnel. Un travail rigoureux de construction d&rsquo;hypoth\u00e8ses \u00e0 partir de l&rsquo;archive, mais en tout \u00e9tat de cause une \u0153uvre d&rsquo;interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pourquoi il importe de choisir avec pr\u00e9caution les experts \u00e0 qui l&rsquo;on demandera conseil. Deux sp\u00e9cialistes peuvent parfaitement <a href=\"http:\/\/www.laviedesidees.fr\/Comprendre-les-origines-de-la.html\" target=\"_blank\">\u00eatre d&rsquo;avis contraire<\/a>. La v\u00e9rit\u00e9 historique ne se d\u00e9bite pas au comptoir, avec label de garantie de la Sorbonne, et s&rsquo;adresser \u00e0 un historien de l&rsquo;Europe centrale qui n&rsquo;a jamais consacr\u00e9 un livre au IIIe Reich ne conduira pas aux m\u00eames conclusions que si l&rsquo;on avait choisi un sp\u00e9cialiste du nazisme \u2013 oh surprise! il y en a!<\/p>\n<p>Comme le confirme l&rsquo;absence en plateau de tout expert susceptible de contredire leur version, les options historiographiques de Costelle et Clarke consistent en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 se tenir soigneusement \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de la science historique. Position qu&rsquo;illustre tout particuli\u00e8rement le choix d&rsquo;un portrait biographique de Hitler, la dissimulation des options narratives derri\u00e8re l&rsquo;autorit\u00e9 du document, ou encore la manipulation de l&rsquo;archive.<\/p>\n<p>Si la biographie historique n&rsquo;est plus un genre pris\u00e9 par les chercheurs, c&rsquo;est que le r\u00f4le des grands personnages, qui ponctuaient autrefois l&rsquo;histoire comme autant de d\u00e9miurges, a \u00e9t\u00e9 s\u00e9rieusement revu \u00e0 la baisse, au profit d&rsquo;une plus grande attention pour les m\u00e9canismes \u00e9conomiques et sociaux ou pour d&rsquo;autres conjonctions de facteurs. Dans cette approche, un personnage aussi caricatur\u00e9 qu&rsquo;Hitler a toutes les chances de constituer un pi\u00e8ge dont aucun projet narratif ne peut se sortir.<\/p>\n<p>Montrer Hitler ne suffit pas \u00e0 faire comprendre. Ou plut\u00f4t: montrer Hitler, c&rsquo;est \u00eatre s\u00fbr de ne pas donner les moyens de comprendre. Un lyc\u00e9en d&rsquo;aujourd&rsquo;hui peut-il percevoir autrement que comme la manifestation d&rsquo;une pathologie mentale ses discours exalt\u00e9s prononc\u00e9s d&rsquo;une voix tonitruante? Pourtant, un court extrait d&rsquo;un discours d&rsquo;un opposant socialiste, Otto Wels, montre que ce style vocal est tout simplement la signature d&rsquo;une \u00e9poque, \u00e0 un moment o\u00f9, faute de micro, il fallait que les responsables politiques donnent de la voix pour se faire entendre. L&rsquo;archive conserv\u00e9e des discours de Hitler, qui comprend de nombreux enregistrements int\u00e9graux, montre \u00e9galement une mont\u00e9e en r\u00e9gime au cours de l&rsquo;intervention, qui commence toujours <em>mezzo voce<\/em>. Mais comment pourrait-on passer outre le clich\u00e9 de la vocif\u00e9ration hitl\u00e9rienne, que tant d&rsquo;\u0153uvres de la p\u00e9riode, comme <a href=\"http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=VVCSz70dAIo\" target=\"_blank\">le <em>Dictateur<\/em> de Chaplin<\/a>, utilisent d\u00e9j\u00e0 comme un poncif? Un film sur Hitler peut-il faire autre chose que renforcer l&rsquo;id\u00e9e re\u00e7ue?<\/p>\n<p>Quel a \u00e9t\u00e9 le r\u00f4le du chef du parti nazi dans la catastrophe allemande? Les spectateurs d&rsquo;<em>Apocalypse<\/em> seraient surpris de d\u00e9couvrir que cette question repr\u00e9sente un point focal du d\u00e9bat historiographique, et qu&rsquo;elle suscite des interpr\u00e9tations diverses et contradictoires. Le r\u00f4le d\u00e9clencheur de la crise de 1929 dans la mont\u00e9e du nazisme est toutefois g\u00e9n\u00e9ralement admis. Dans les deux heures du film de Costelle et Clarke, ce facteur externe d\u00e9cisif est exp\u00e9di\u00e9 en moins de 40 secondes, au d\u00e9but du 2<sup>e<\/sup> \u00e9pisode, appuy\u00e9 sur quelques images dont on se demande bien en quoi elles expliquent le lien causal entre mis\u00e8re et fascisme (<em>voir ci-dessous<\/em>).<\/p>\n<figure id=\"attachment_2170\" aria-describedby=\"caption-attachment-2170\" style=\"width: 695px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/www.flickr.com\/photos\/gunthert\/6324730199\/in\/photostream#\/photos\/gunthert\/6324730157\/in\/photostream\/lightbox\/\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-2170\" src=\"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/crise29.jpg\" alt=\"\" width=\"695\" height=\"393\" srcset=\"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/crise29.jpg 695w, http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/crise29-300x170.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 695px) 100vw, 695px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2170\" class=\"wp-caption-text\">Iconographie des effets de la crise de 1929, Apocalypse, Hitler.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Il y bien des mani\u00e8res de composer un documentaire. Plut\u00f4t que de manifester l&rsquo;existence d&rsquo;un travail interpr\u00e9tatif ou de faire entendre des voix contradictoires en donnant la parole \u00e0 des sp\u00e9cialistes, Costelle et Clarke abritent une narration univoque derri\u00e8re le mat\u00e9riau documentaire, mobilis\u00e9 \u00e0 la fois comme illustration et comme garantie du r\u00e9cit.<\/p>\n<p>Cette m\u00e9thode apparemment inattaquable n&rsquo;est qu&rsquo;une illusion au carr\u00e9, typique de l&rsquo;histoire officielle. D&rsquo;une part parce que le document visuel n&rsquo;a rien d&rsquo;une archive neutre, mais r\u00e9sulte des filtres et des options de la production originale, qui ne sont pas diff\u00e9rents de ceux qui s&rsquo;appliquent aux films contemporains. Ensuite parce que le mat\u00e9riau documentaire se trouve s\u00e9rieusement malmen\u00e9 par sa r\u00e9utilisation: coup\u00e9, remont\u00e9, d\u00e9contextualis\u00e9, comment\u00e9, recadr\u00e9, colori\u00e9, sonoris\u00e9, etc\u2026, il n&rsquo;est plus qu&rsquo;un lointain reflet de l&rsquo;archive dont il a \u00e9t\u00e9 extrait.<\/p>\n<p>Faire mine de s&rsquo;abriter derri\u00e8re l&rsquo;autorit\u00e9 du document pour l\u00e9gitimer et naturaliser les choix de r\u00e9cit est le contraire du travail de l&rsquo;histoire. L&rsquo;application que mettent Costelle et Clarke \u00e0 brouiller les pistes est peut-\u00eatre l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment le plus regrettable de leur projet. On peut d\u00e9fendre la colorisation de l&rsquo;archive au nom de la lisibilit\u00e9 pour le jeune public. Mais la d\u00e9crire comme une \u00ab\u00a0restitution\u00a0\u00bb de l&rsquo;ambiance originale, \u00e0 partir de l&rsquo;argument que ce que voyaient les op\u00e9rateurs \u00e9tait en couleurs, est une escroquerie pure et simple.<\/p>\n<p>Durant le premier conflit mondial, mis \u00e0 part le cas de l&rsquo;autochrome, il n&rsquo;existe pas d&rsquo;images d&rsquo;enregistrement en couleur: toutes les sources ou presque sont en noir et blanc. En revanche, dans les ann\u00e9es 1930-1940, des proc\u00e9d\u00e9s couleurs existent, ce qui modifie les param\u00e8tres. Mettre en couleur de fa\u00e7on indiff\u00e9renci\u00e9e l&rsquo;ensemble du mat\u00e9riel documentaire emp\u00eache le t\u00e9l\u00e9spectateur d&rsquo;y rep\u00e9rer une archive comme <a href=\"http:\/\/www.dailymotion.com\/video\/xhpagf_le-berghof-les-rares-images-en-couleurs-de-la-residence_webcam\">les prises de vues en couleur du F\u00fchrer au Berghof<\/a> (<em>Apocalypse, La 2<sup>e<\/sup> Guerre mondiale<\/em>, 6\/6; <em>voir ci-dessous<\/em>). Or, la couleur est une information: elle indique que ces images, qui ne pouvaient \u00eatre reproduites \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du r\u00e9seau cin\u00e9matographique allemand, n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, et n&rsquo;ont pas le m\u00eame statut que les actualit\u00e9s film\u00e9es.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2171\" aria-describedby=\"caption-attachment-2171\" style=\"width: 695px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/www.flickr.com\/photos\/gunthert\/6324730199\/in\/photostream#\/photos\/gunthert\/6324730199\/in\/photostream\/lightbox\/\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-2171\" src=\"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/berghof.jpg\" alt=\"\" width=\"695\" height=\"224\" srcset=\"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/berghof.jpg 695w, http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/berghof-300x97.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 695px) 100vw, 695px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2171\" class=\"wp-caption-text\">Film amateur au Berghof, 1938. A gauche: reproduit in War in Colour, 1999; \u00e0 droite, version recadr\u00e9e et coloris\u00e9e, Apocalypse, La 2e Guerre mondiale, 2009.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Mais le traitement ne s&rsquo;arr\u00eate pas aux documents noir et blanc. Les films couleurs eux-m\u00eames doivent \u00eatre corrig\u00e9s pour coller avec la couleur de carte postale appliqu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;archive (<em>voir ci-dessus<\/em>). Suivant de pr\u00e8s <a href=\"http:\/\/www.arhv.lhivic.org\/index.php\/2008\/06\/21\/749-andre-zucca-a-disneyland\" target=\"_blank\">le syndrome de l&rsquo;exposition Zucca<\/a>, dont les corrections avaient pour effet d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9iser le mat\u00e9riel source, plus aucune couleur, plus aucune nuance n&rsquo;est ni vraie ni fausse.<\/p>\n<p><em>Apocalypse<\/em> n&rsquo;est pas un t\u00e9moignage du respect pour l&rsquo;histoire, mais le sympt\u00f4me d&rsquo;une vraie trouille de l&rsquo;histoire. Le mat\u00e9riel l\u00e9gu\u00e9 par une \u00e9poque est un donn\u00e9. Le g\u00e9nie du p\u00e9dagogue est de savoir int\u00e9resser son public \u00e0 ce mat\u00e9riau, de lui faire d\u00e9couvrir ses propri\u00e9t\u00e9s et sa signification, pas de le manipuler, de le dissimuler ou de le transformer parce qu&rsquo;on le croit incapable de susciter l&rsquo;attention.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me de la couleur n&rsquo;est pas un probl\u00e8me de l&rsquo;archive, mais un probl\u00e8me de la t\u00e9l\u00e9vision. Cela fait belle lurette que les responsables des programmes ont fait le constat que les audiences pour les rediffusions d&rsquo;\u00e9missions en noir et blanc baissaient inexorablement. La colorisation a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9e pour pouvoir r\u00e9utiliser le stock des anciens programmes. Avec un succ\u00e8s mitig\u00e9. Un film coloris\u00e9 est un film qui perd les contrastes du noir et blanc, sans \u00eatre tout \u00e0 fait en couleurs. L&rsquo;application automatique de jus color\u00e9s sous forme d&rsquo;aplats \u00e0 des zones pr\u00e9d\u00e9finies donne des r\u00e9sultats au r\u00e9alisme peu convaincant, cr\u00e9ant plut\u00f4t une chromie autonome, sans inscription temporelle (<em>voir ci-dessous<\/em>). La colorisation n&rsquo;a pas sauv\u00e9 les vieux films. Car leur p\u00e9ch\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait pas d&rsquo;\u00eatre en noir et blanc, mais d&rsquo;\u00eatre des programmes anciens, forc\u00e9ment moins attractifs que des propositions plus r\u00e9centes.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2172\" aria-describedby=\"caption-attachment-2172\" style=\"width: 695px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/www.flickr.com\/photos\/gunthert\/6324730199\/in\/photostream#\/photos\/gunthert\/6325483372\/in\/photostream\/lightbox\/\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-2172\" src=\"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/hitler_saluant.jpg\" alt=\"\" width=\"695\" height=\"237\" srcset=\"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/hitler_saluant.jpg 695w, http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/hitler_saluant-300x102.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 695px) 100vw, 695px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2172\" class=\"wp-caption-text\">Arriv\u00e9es de Hitler. A gauche: film en couleur, War in Colour, 1999; \u00e0 droite, film coloris\u00e9, Apocalypse, Hitler, 2011.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Cette le\u00e7on n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 correctement per\u00e7ue, et la peur du noir et blanc a continu\u00e9 \u00e0 s\u00e9vir, notamment chez les documentaristes les plus perm\u00e9ables \u00e0 l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 des producteurs. On a vu se multiplier les projets de \u00ab\u00a0guerre en couleur\u00a0\u00bb (<em>War in Colour<\/em>, Martin Smith, Alastair Waddington, Stewart Binns, TWI\/Carlton Co, 1999) et la promotion d&rsquo;archives in\u00e9dites \u2013 nonobstant le fait que celles-ci, issues de prises de vues d&rsquo;amateur, n&rsquo;apportaient pas forc\u00e9ment une documentation d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat majeur.<\/p>\n<p><em>Apocalypse<\/em> restera comme le produit typique d&rsquo;une \u00e9poque qui craint les apparences du pass\u00e9, confondant les destin\u00e9es de l&rsquo;archive historique et de la production commerciale, mais ne sait pas reconna\u00eetre l&rsquo;archa\u00efsme d&rsquo;une approche d\u00e9pass\u00e9e de l&rsquo;histoire. C&rsquo;est moins Costelle et Clarke qu&rsquo;il faut tenir pour responsables de cet \u00e9tat de fait que France 2, qui n&rsquo;oserait pas promouvoir un documentaire historique sans le pr\u00e9senter comme un d\u00e9fi technologique, et qui empile les superlatifs pour s&rsquo;autoconvaincre de diffuser en <em>prime time<\/em> une vision d\u00e9su\u00e8te et terriblement <em>old school<\/em> de l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p><strong>Lire \u00e9galement:<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li> Georges Didi-Huberman, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/medias\/0101592227-en-mettre-plein-les-yeux-et-rendre-apocalypse-irregardable\">En mettre plein les yeux et rendre <em>Apocalypse<\/em> irregardable<\/a>\u00ab\u00a0, <em>Lib\u00e9ration<\/em>, 21\/09\/2009.<\/li>\n<li> Isabelle Hanne, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/medias\/01012367617-du-bruit-autour-du-fuhrer\" target=\"_blank\">Du bruit autour du F\u00fchrer<\/a>\u00ab\u00a0, <em>Lib\u00e9ration<\/em>, 25\/10\/2011.<\/li>\n<li>Fran\u00e7ois Ekchajzer, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/television.telerama.fr\/television\/apocalypse-hitler-rien-de-nouveau,74042.php\" target=\"_blank\"><em>Apocalypse Hitler<\/em>, une impression de d\u00e9j\u00e0-vu<\/a>\u00ab\u00a0, <em>Telerama<\/em>, 31\/10\/2011.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Face \u00e0 la diffusion d&rsquo;Apocalypse, Hitler, second volet de l&rsquo;histoire coloris\u00e9e du XXe si\u00e8cle de Daniel Costelle et Isabelle Clarke, le 25 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[28],"tags":[36,54,72],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p80eNK-yY","jetpack-related-posts":[{"id":1227,"url":"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/1227\/","url_meta":{"origin":2168,"position":0},"title":"Le Petit R\u00e9cit visuel (live)","date":"12 novembre 2010","format":false,"excerpt":"Diffusion live de la journ\u00e9e d'\u00e9tudes \"Le petit r\u00e9cit visuel\", vendredi 12 novembre, de 9h30 \u00e0 18h, \u00e0 l\u2019INHA en salle Vasari, 2 rue Vivienne, 75002, Paris (copie d'\u00e9cran). 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