{"id":1824,"date":"2011-06-23T09:50:43","date_gmt":"2011-06-23T07:50:43","guid":{"rendered":"http:\/\/culturevisuelle.org\/icones\/?p=1824"},"modified":"2011-06-23T09:50:43","modified_gmt":"2011-06-23T07:50:43","slug":"culture-et-adolescents-une-possible-rencontre","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/1824\/","title":{"rendered":"Culture et adolescents: une possible rencontre?"},"content":{"rendered":"<div class=\"footnotes_validation_error\"><p>WARNING: unbalanced footnote start tag short code found.<\/p><p>If this warning is irrelevant, please disable the syntax validation feature in the dashboard under General settings &gt; Footnote start and end short codes &gt; Check for balanced shortcodes.<\/p><p>Unbalanced start tag short code found before:<\/p><p>\u201cCf. Hall, S., &amp; Jefferson, T. (1993). Resistance through rituals. London: Routledge).\nLa grande diff\u00e9rence qui s&rsquo;op\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque actuelle est la d\u00e9mocratisation d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 ces codes. Toute personne dot\u00e9e d&rsquo;un ordinateur peut ainsi tisser des liens r\u00e9els ou virtu\u2026\u201d<\/p><\/div><p>Le 12 f\u00e9vrier 2011, l\u2019association Itin\u00e9raires bis organisait un colloque intitul\u00e9 Culture et adolescents: une possible rencontre? et invitait son public \u00e0 r\u00e9pondre aux questions suivantes: \u00abLes jeunes d\u2019aujourd\u2019hui sont-ils brouill\u00e9s avec la culture? Les adolescents ont-ils de nouvelles fa\u00e7ons de se cultiver? Comment faire na\u00eetre le d\u00e9sir de culture et de d\u00e9couverte artistique chez les adolescents? Comment les amener \u00e0 croiser la mati\u00e8re culturelle? Y-a-t-il des \u0153uvres sp\u00e9cifiques pour les adolescents?\u00bb<\/p>\n<p>Cette association n&rsquo;est pas la seule institution culturelle \u00e0 s&rsquo;interroger \u00e0 ce sujet, en atteste l&rsquo;organisation d&rsquo;une journ\u00e9e de r\u00e9flexion au titre presque similaire \u00abAdolescents et culture: est-ce possible?\u00bb par le Th\u00e9\u00e2tre de Sartrouville en janvier 2009. Ces interrogations semblent sugg\u00e9rer que les adolescents de 2011 sont coup\u00e9s du monde culturel, c&rsquo;est-\u00e0-dire des \u00e9quipements l\u00e9gitimes: th\u00e9\u00e2tre, mus\u00e9es&#8230; Ce constat est partag\u00e9 par une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e en 2009 par la Jeunesse Ouvri\u00e8re Catholique (<a href=\"http:\/\/www.joc.asso.fr\/stockage\/presse\/Resultats%20complets-%20enquete%20culture%20loisirs.pdf\" target=\"_blank\">pdf<\/a>), aupr\u00e8s de 8000 jeunes, dans laquelle on nous annonce que 63% des jeunes disent ne jamais aller au th\u00e9\u00e2tre, 92% disent ne jamais aller \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra et 4 sur 10 sont en d\u00e9saccord avec l&rsquo;affirmation \u00aballer au mus\u00e9e, au th\u00e9\u00e2tre ou \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra m&rsquo;int\u00e9resserait\u00bb.<\/p>\n<p><!--more-->Ces constats alarmants et alarmistes sont pourtant loin de dresser un tableau fid\u00e8le \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 et ne font que d\u00e9montrer l&rsquo;inad\u00e9quation des structures culturelles fran\u00e7aises face aux mutations de la demande et des publics. En effet, la culture \u00e9voqu\u00e9e dans ces lignes est la m\u00eame que celle \u00e9voqu\u00e9e un demi-si\u00e8cle plus t\u00f4t par Malraux lorsqu&rsquo;il d\u00e9cr\u00e9tait la mission du Minist\u00e8re de la Culture de \u00abrendre accessibles les \u0153uvres capitales de l\u2019humanit\u00e9, et d\u2019abord de la France, au plus grand nombre possible de Fran\u00e7ais; d\u2019assurer la plus vaste audience \u00e0 notre patrimoine culturel, et de favoriser la cr\u00e9ation des \u0153uvres de l\u2019art et de l\u2019esprit qui l\u2019enrichissent\u00bb (d\u00e9cret du minist\u00e8re de la Culture, 24 juillet 1959). Cette culture, que l&rsquo;on pourrait qualifier de culture savante ou de culture de la classe dominante est celle l\u00e9gitim\u00e9e par les institutions: la musique de Schoenberg ch\u00e8re \u00e0 Adorno, les romans de Balzac ou le th\u00e9\u00e2tre de Moli\u00e8re, etc. L&rsquo;\u00c9tat culturel fran\u00e7ais s&rsquo;est construit autour de cet id\u00e9al paternaliste d&rsquo;\u00e9ducation des masses \u00e0 la haute culture des classes dominantes et les institutions culturelles perp\u00e9tuent cette tradition (( Cf. Fumaroli, M. (1991).\u00a0<em>L&rsquo;Etat culturel: Une religion moderne<\/em>. Paris: Editions de Fallois)).<\/p>\n<p>Ce sch\u00e9ma de transmission verticale du savoir est pourtant d\u00e9pass\u00e9, notamment chez les plus jeunes, comme l&rsquo;avance Olivier Galland: \u00abdans les jeunes g\u00e9n\u00e9rations au moins, la relation entre un haut niveau d\u2019\u00e9ducation et les pratiques cultiv\u00e9es tend \u00e0 se distendre\u00bb (( Olivier Galland \u00ab <a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/les-publics-de-la-culture-politiques-publiques--9782724609212-page-87.htm\" target=\"_blank\">Individualisation des m\u0153urs et choix culturels<\/a> \u00bb, in\u00a0<em>Le(s) public(s) de la culture<\/em>, Presses de SciencesPo, 2003, p.\u00a087-100.)). Et ce constat s&rsquo;affranchit des barri\u00e8res sociales, sauf dans le cas exceptionnel des \u00absous-niches du haut\u00bb, ces jeunes privil\u00e9gi\u00e9s, dont les parents sur-encadrent les pratiques culturelles pour assurer la reproduction du sch\u00e9ma familial. Aujourd&rsquo;hui, dans la majorit\u00e9 des cas, le mod\u00e8le de <em>La Distinction<\/em> semble d\u00e9pass\u00e9. La t\u00e9l\u00e9vision et la radio familiales ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s par de nouveaux modes de diffusion et de transmission culturelle. On assiste \u00e0 une \u00e9rosion de la transmission familiale, qui s&rsquo;explique par plusieurs facteurs.<\/p>\n<p>En effet, la culture aujourd&rsquo;hui se construit autour de tribus, pour reprendre l&rsquo;expression de Michel Maffesoli: des groupes d&rsquo;initi\u00e9s se rassemblent autour d\u2019images qui agissent comme des vecteurs d\u2019une communaut\u00e9. Cette \u00e9vocation rappelle la d\u00e9finition anthropologique de la culture comme un ensemble des repr\u00e9sentations propres \u00e0 un groupe quel qu\u2019il soit. La culture fonctionne comme ciment social, et la musique qu&rsquo;on \u00e9coute d\u00e9finit une fa\u00e7on de s&rsquo;habiller, de se coiffer. Les coll\u00e9giens et lyc\u00e9ens de France se transmettent entre eux leur culture et se r\u00e9unissent autour de styles musicaux communs ou d&rsquo;int\u00e9r\u00eats pour un genre cin\u00e9matographique particulier. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es ont vu l&rsquo;essor des <em>geeks<\/em>, des <em>emokids<\/em> ou des <em>lolitas<\/em>, pour ne citer que quelques exemples. Autour d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat commun se construit un univers graphique, sonore et vestimentaire. Pour faire partie de la tribu, on doit en comprendre les codes et r\u00e9f\u00e9rences. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne n&rsquo;est bien sur pas nouveau et pour s&rsquo;en convaincre il suffit de se rem\u00e9morer les mods et punks anglais, cas d&rsquo;\u00e9tudes chers aux pionniers des \u00e9tudes culturelles (( Cf. Hall, S., &amp; Jefferson, T. (1993). <em>Resistance through rituals<\/em>. London: Routledge).<\/p>\n<p>La grande diff\u00e9rence qui s&rsquo;op\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque actuelle est la d\u00e9mocratisation d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 ces codes. Toute personne dot\u00e9e d&rsquo;un ordinateur peut ainsi tisser des liens r\u00e9els ou virtuels avec une communaut\u00e9 d&rsquo;initi\u00e9s partageant des go\u00fbts similaires. Alors qu&rsquo;il y a encore 20 ans il fallait envoyer des lettres \u00e0 des magazines de r\u00e9f\u00e9rence pour trouver des pairs culturels, aujourd&rsquo;hui il suffit d&rsquo;afficher son go\u00fbt pour tel ou tel artiste sur Facebook ou Myspace. Comme le confirme la derni\u00e8re \u00e9tude des <em>Pratiques culturelles des Fran\u00e7ais<\/em>, l&rsquo;essor d&rsquo;internet dans les foyers fran\u00e7ais y est pour beaucoup (( cf. Donnat, O. (2009). <em>Les pratiques culturelles des Franc<\/em><em>\u0327<\/em><em>ais a\u0300 l&rsquo;e\u0300re nume\u0301rique: Enque<\/em><em>\u0302<\/em><em>te 2008<\/em>. Paris: La De\u0301couverte.)).<\/p>\n<p>Massivement connect\u00e9s, les adolescents d&rsquo;aujourd&rsquo;hui \u00e9coutent de la musique sur leur baladeur Mp3 ou sur des blogs musicaux et ne sont plus d\u00e9pendants de la t\u00e9l\u00e9vision familiale. Ainsi, leur chambre devient leur lieu de consommation culturelle, dans laquelle ils peuvent construire leur univers propre, \u00e9loign\u00e9 de la culture parentale. L&rsquo;essor des blogs musicaux n&rsquo;est qu&rsquo;un exemple parmi d&rsquo;autres d&rsquo;un nouveau mode de partage, au sein duquel les prescripteurs pass\u00e9s (m\u00e9diateurs culturels, parents, professeurs) sont remplac\u00e9s par des pairs, amateurs \u00e9clair\u00e9s d&rsquo;un genre particulier. En effet, Internet et particuli\u00e8rement le web 2.0, a contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;essor d&rsquo;un nouveau genre de sp\u00e9cialistes, qui ne d\u00e9tiennent pas de dipl\u00f4mes particuliers, mais qui sont dot\u00e9s d&rsquo;une connaissance du quotidien (( Pour une \u00e9tude plus d\u00e9taill\u00e9e de ce nouveau ph\u00e9nom\u00e8ne, l\u2019\u00e9tude de Flichy, P. (2010). <em>Le Sacre de l\u2019amateur\u00a0: Sociologie des passions ordinaires \u00e0 l\u2019\u00e8re num\u00e9rique<\/em>. Paris\u00a0: Seuil.)).<\/p>\n<p>Le marketing s&rsquo;est bien s\u00fbr empar\u00e9 de ce nouveau mode d&rsquo;identification et le marketing tribal est devenu commun: on d\u00e9veloppe un produit pour telle ou telle niche de la population. On recherche l&rsquo;\u00e2me s\u0153ur sur pointcommuns.fr en listant ses films pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s et ses lectures. Aujourd&rsquo;hui notre culture nous d\u00e9finit plus que jamais. La culture aujourd&rsquo;hui s&rsquo;approprie, elle d\u00e9finit une identit\u00e9. Nous sommes ce que nous \u00e9coutons, et ce que nous lisons. Et chez les plus jeunes, cette identit\u00e9 se construit autour de la culture populaire, plut\u00f4t que la culture de leurs parents comme l&rsquo;explique Dominique Pasquier: \u00abChez les lyc\u00e9ens, la culture dominante n&rsquo;est pas la culture de la classe dominante, mais la culture populaire ((Pasquier, D. (2005). <em>Cultures lyce\u0301ennes: La tyrannie de la majorite\u0301<\/em>. Paris: Autrement. 162.)).\u00bb<\/p>\n<p>Si l&rsquo;on regarde les int\u00e9r\u00eats affich\u00e9s sur Facebook, on constate que le rappeur Lil\u2019 Wayne r\u00e9colte 24.007.952 <em>like,<\/em> Metallica enregistre 16.795.959 fans, tandis que Mozart n\u2019est appr\u00e9ci\u00e9 que par 793.657 utilisateurs de Facebook et que seuls 286.884 utilisateurs listent Van Gogh dans leurs int\u00e9r\u00eats. Cela ne veut pas dire que seuls 286.884 utilisateurs aiment Van Gogh, mais ceux-ci se sont sentis assez investis dans leur int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;afficher sur Facebook. Que cet int\u00e9r\u00eat soit r\u00e9el ou invent\u00e9 importe peu: en disant \u00abj&rsquo;aime Van Gogh\u00bb, l&rsquo;utilisateur passe un message au reste de ses amis et au reste des amateurs de Van Gogh sur son identit\u00e9. Bien que ces chiffres ne fassent pas office de preuve, ils sont malgr\u00e9 tout symptomatiques d\u2019un bouleversement des attitudes \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la culture ainsi que d\u2019une red\u00e9finition du sens m\u00eame de culture au sein de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Bien que la jeunesse fran\u00e7aise affiche un d\u00e9dain marqu\u00e9 pour les chefs d&rsquo;\u0153uvres de l&rsquo;humanit\u00e9, ceux-ci leur sont malgr\u00e9 tout familiers. En effet, cette culture, devenue culture g\u00e9n\u00e9rale est \u00e9tudi\u00e9e d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge \u00e0 travers des repr\u00e9sentations du <em>M\u00e9decin malgr\u00e9 lui<\/em> en classe de 4e, de visites au Louvre, de peintures r\u00e9alis\u00e9es en classes d&rsquo;arts plastiques \u00ab\u00e0 la mani\u00e8re de\u00bb.<\/p>\n<p>Le mus\u00e9e imaginaire collectif, pour revenir \u00e0 Malraux, s&rsquo;est \u00e9galement hyper-d\u00e9velopp\u00e9 avec la multiplication des moyens de diffusion. Les citations et appropriations de chef d&rsquo;\u0153uvres sont omnipr\u00e9sentes sur Internet. Bien s\u00fbr on pourra nous r\u00e9torquer qu\u2019\u00e9couter Kanye West n\u2019\u00e9quivaut en rien \u00e0 l\u2019\u00e9motion que peut provoquer le <em>Concerto d\u2019Aranjuez <\/em>de Miles Davis. Pourtant, West comme tant d\u2019autres rappeurs incorpore dans ses morceaux des r\u00e9f\u00e9rences et des influences issues de l\u2019avant-garde africaine-am\u00e9ricaine (avec notamment des <em>samples<\/em> de Gil Scott-Heron, h\u00e9ros musical et r\u00e9volutionnaire contemporain). De plus comme l\u2019explique Chantal Mouff\u00e9 \u00ab<em>any form of critique is automatically recuperated and neutralized by capitalism<\/em>\u00bb et cette observation s\u2019applique \u00e9galement \u00e0 l\u2019art pr\u00e9sent dans les formes d\u2019<em>entertainment<\/em> populaire (( Mouff\u00e9, C (2008) \u201cArt and Democracy: Art as an Agonistic Intervention in Public Space,\u201d<em> Art as a Public Issue<\/em> 14.)).<\/p>\n<p>On peut citer les Simpsons, construits autour de r\u00e9f\u00e9rences et clins d&rsquo;\u0153il \u00e0 la litt\u00e9rature, au cin\u00e9ma, \u00e0 l&rsquo;histoire ou encore aux m\u00e9dias. Dans l&rsquo;\u00e9pisode 16 de la saison 22 des Simpsons, actuellement diffus\u00e9e aux \u00c9tats-Unis, les dessinateurs font un clin d&rsquo;\u0153il \u00e0 l&rsquo;affiche iconique de l&rsquo;artiste Chicano Xavier Viramontes, <em>Boycott Grapes<\/em>. Cette affiche, r\u00e9alis\u00e9e en 1976 pour la Galer\u00eda de la Raza de San Francisco rendait hommage \u00e0 la gr\u00e8ve des raisins lanc\u00e9e par C\u00e9sar Chavez, qui avait permis de lancer le mouvement Chicano sur la C\u00f4te Ouest am\u00e9ricaine (<em>voir ci-dessous<\/em>). Cette affiche est rarement repr\u00e9sent\u00e9e dans les livres d&rsquo;histoire de l&rsquo;art et pour la voir il faut ouvrir des catalogues d&rsquo;expositions sp\u00e9cialis\u00e9es sur l&rsquo;art de l&rsquo;affiche Chicano (( On peut citer comme exemple l&rsquo;exposition majeure <em>Just Another Poster ? Chicano Graphic Arts in California<\/em> organis\u00e9e par l&rsquo;Universit\u00e9 de Californie \u00e0 Santa Barbara en 2000.)). Ici, les Simpsons, programme tr\u00e8s populaire chez les adolescents, se r\u00e9approprie une \u0153uvre r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-1825\" title=\"simpsons_boycott\" src=\"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/simpsons_boycott.jpg\" alt=\"\" width=\"695\" height=\"272\" srcset=\"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/simpsons_boycott.jpg 695w, http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/simpsons_boycott-300x117.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 695px) 100vw, 695px\" \/><\/p>\n<p>On peut \u00e9galement citer Gilmore Girls, la s\u00e9rie pour adolescents c\u00e9l\u00e8bre pour ses <em>gilmorisms<\/em> \u2013 des r\u00e9f\u00e9rences subtiles faites \u00e0 la culture savante (Charles Dickens ou Noam Chomsky) et populaire (<em>I Love Lucy<\/em>,  Carson Daly) \u2013 qui ont fait l&rsquo;objet de nombreux blogs \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la  diffusion. Ces nouveaux modes de citation et d&rsquo;appropriation de la  culture, si symptomatiques de la soci\u00e9t\u00e9 postmoderne, sont pr\u00e9sents de  fa\u00e7on diffuse dans l&rsquo;environnement culturel. Les enfants d&rsquo;aujourd&rsquo;hui  capables de chatter et d&rsquo;\u00e9couter de la musique en faisant leurs devoirs  ma\u00eetrisent ces r\u00e9f\u00e9rences.<\/p>\n<p>La g\u00e9n\u00e9ration des moins de 30 ans, comme nous l&rsquo;explique Olivier Donnat \u00aba grandi au milieu des t\u00e9l\u00e9viseurs, ordinateurs, consoles de jeux et autres \u00e9crans dans un contexte marqu\u00e9 par la d\u00e9mat\u00e9rialisation des contenus et la g\u00e9n\u00e9ralisation de l\u2019internet \u00e0 haut d\u00e9bit: elle est la g\u00e9n\u00e9ration d\u2019un troisi\u00e8me \u00e2ge m\u00e9diatique encore en devenir (( Donnat, O. \u00ab <a href=\"http:\/\/www.cairn.info\/revue-culture-etudes-2009-5-page-1.htm\" target=\"_blank\">Les pratiques culturelles des Fran\u00e7ais \u00e0 l&rsquo;\u00e8re num\u00e9rique<\/a> \u00bb,\u00a0<em>Culture Etudes<\/em> 5\/2009 (n\u00b05), p.\u00a01-12.)).\u00bb Cette g\u00e9n\u00e9ration est difficile \u00e0 appr\u00e9hender pour le sociologue de la culture, habitu\u00e9 \u00e0 \u00e9valuer l&rsquo;utilisation des supports. En effet, pour \u00e9valuer la lecture, <em>Les Pratiques culturelles des Fran\u00e7ais <\/em>d\u00e9cortique la lecture des journaux et des livres, et ce mod\u00e8le est d\u00e9pass\u00e9. Avec la d\u00e9mat\u00e9rialisation des contenus, les supports ne sont plus une source fiable pour \u00e9valuer la consommation culturelle.<\/p>\n<p>Les <em>digital natives<\/em> se cultivent diff\u00e9remment, et d\u00e9veloppent de nouveaux univers culturels qui leur sont propres. Ils ont leurs propres go\u00fbts, d\u00e9finis par leurs camarades de classe et amis. C&rsquo;est \u00e0 cause de ces diff\u00e9rentes mutations qu\u2019Itin\u00e9raire bis s&rsquo;interroge sur les jeunes et la culture. Pourtant les organisateurs de ce colloque semblent ne pas r\u00e9aliser que le paternalisme et l&rsquo;\u00e9vang\u00e9lisation des esprits, chers aux politiques culturelles fran\u00e7aises ne permettront pas de recr\u00e9er le lien entre les acteurs institutionnels et la jeunesse fran\u00e7aise. La culture change et elle ne se limite plus \u00e0 ce qu\u2019une certaine \u00e9lite l\u00e9gitime. Si les institutions fran\u00e7aises veulent r\u00e9cr\u00e9er des liens avec les jeunes, elles se doivent de prendre la mesure de la complexit\u00e9 du champ \u00e9largi de la culture. Elles se doivent \u00e9galement d\u2019\u00e9changer avec le public pr\u00e9-adolescent et adolescent, au lieu de tenter de leur apprendre la culture.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 12 f\u00e9vrier 2011, l\u2019association Itin\u00e9raires bis organisait un colloque intitul\u00e9 Culture et adolescents: une possible rencontre? et invitait son public \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[25,26,27,28],"tags":[45],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p80eNK-tq","jetpack-related-posts":[{"id":2134,"url":"http:\/\/histoirevisuelle.fr\/cv\/icones\/2134\/","url_meta":{"origin":1824,"position":0},"title":"La fabrique du d\u00e9sir. 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